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VIDEO - Comment le skieur alsacien Thibaut Favrot se fait une place sur le circuit mondial

Première saison complète en coupe du monde pour l'Alsacien Thibaut Favrot. / © VASSIL DONEV/MaxPPP
Première saison complète en coupe du monde pour l'Alsacien Thibaut Favrot. / © VASSIL DONEV/MaxPPP

A 24 ans, Thibaut Favrot, l'enfant de Duppigheim, au profil atypique pour le ski alpin, dispute ce samedi 16 mars l'épreuve finale de la Coupe du monde de slalom géant, à Soldeu, en Andorre. Une course réservée aux 30 meilleurs skieurs de la saison. 

Par Karine Gélébart

Sur le casque de Thibaut Favrot s'affiche fièrement la station du Champ du Feu. Sur ceux de ses coéquipiers en équipe de France, Courchevel ou Val-d'Isère sonnent bien moins insolites. Le petit monde du circuit mondial de Coupe du monde tourne quasi exclusivement autour des Alpes, françaises, suisses, autrichiennes ou allemandes.

Je suis suivi et soutenu par des passionnés de ski en Alsace, c'est une fierté
Thibaut Favrot


Alors, oui, le profil du skieur bas-rhinois interpelle. "Je ne suis pas né les skis aux pieds, avec des parents moniteurs, concède l'Alsacien. On n'a peut-être pas autant la culture du ski dans notre petit massif des Vosges, mais elle existe. Et moi, j'ai grandi, et je continue à être suivi par de vrais passionnés du ski, comme on en voit rarement. Je me nourris de cela depuis tout petit, et je continue de m'en nourrir. C'est une fierté et un plaisir de me battre pour ces gens-là."


Les débuts avec Alsace Ski Compétition

Petit, c'est sur les pistes du Champ du Feu donc, mais aussi du Lac Blanc, du Markstein, du Schnepfenried, que Thibaut Favrot fait ses gammes. Entraînements et compétitions dans les Vosges, sous la bannière bas-rhinoise du team Alsace Ski Compétition, emmené par Dany Iselin, son premier coach. Doué, le gamin franchit une première étape en rejoignant le lycée de Sainte-Marie-aux-Mines et sa section sport études qui lui permet de bénéficier de quelques horaires aménagés. Une structure où le petit prodige de la glisse se sent vite trop à l'étroit. "J'ai raté tellement d'heures de cours que ce n'était plus possible. J'ai donc rejoint le lycée d'Albertville."
 

Moi, je reste Bas-Rhinois!
Thibaut Favrot


Tout en restant licencié aux Skieurs de Strasbourg, son club de toujours, et il y tient. "Il y a d'autres skieurs des Vosges qui sont partis encore plus tôt dans les Alpes, comme Victor Schuller, et plus récemment Clément Noël. Mais eux, ils sont devenus de vrais Alpins, sourit-il. Moi, je reste Bas-Rhinois!"
 
Thibaut Favrot en pleine concentration, lors de la reconnaissance du géant de Kranjska Gora, en Slovénie. / © KG/France 3 Alsace
Thibaut Favrot en pleine concentration, lors de la reconnaissance du géant de Kranjska Gora, en Slovénie. / © KG/France 3 Alsace
 

Un Alsacien en Coupe du monde, il faut remonter aux années 1990 pour en trouver, à l'époque où Armand Schielé et Didier Schmidt se faisaient leur place au sein de l'équipe de France. Thibaut Favrot n'a pas connu cette période, lui qui est né en 1994... il était temps de leur trouver un successeur!


Premier podium à Alta Badia

 A Alberville, il retrouve les espoirs du ski français, et il n'a rien à leur envier. Spécialiste de slalom géant, il s'impose vite comme l'un de ceux avec lesquels il faudra compter et intègre l'équipe de France B, la réserve de l'élite. En 2015, à 21 ans, il dispute sa première épreuve de Coupe du monde, à Soelden, en Autriche. Un circuit mondial qu'il arpentera plus franchement lors de la saison 2017-2018, et de bout en bout pour cet exercice 2018-2019 : huit départs en Coupe du monde qui l'ont mené à se qualifier pour les épreuves finales de Soldeu, en Andorre, et un podium, son premier, à Alta Badia, en Italie. Une deuxième place obtenue en géant parallèle, nouvelle discipline d'avenir, où les skieurs s'affrontent directement, dans deux parcours parallèles. Il ne s'était incliné qu'en finale, face à l'ogre du ski mondial Marcel Hirscher. "C'était une vraie surprise, même pour moi... Une grande joie, et une performance dont j'essaye de m'inspirer chaque jour."
 
 

Intégrer le top 30, première étape

Sans pour l'instant avoir les résultats espérés. Son objectif numéro de la saison : intégrer le top 30 mondial à chaque course. Les skieurs arrivés dans les 30 premiers en première manche peuvent disputer les deuxièmes et grapiller de précieux points au classement mondial. Ils peuvent ainsi obtenir un meilleur dossard pour les courses suivants, et donc de meilleures conditions pour pouvoir exprimer pleinement son potentiel. Il n'y est parvenu qu'une seule fois cette saison, à Alta Badia.
 
Bienvenue à Kranjska Gora! Petite station à la frontière entre la Slovénie, l'Italie et l'Autriche, qui accueillait le 9 mars une étape de coupe du monde dans des conditions de neige printanières. / © KG/France 3 Alsace
Bienvenue à Kranjska Gora! Petite station à la frontière entre la Slovénie, l'Italie et l'Autriche, qui accueillait le 9 mars une étape de coupe du monde dans des conditions de neige printanières. / © KG/France 3 Alsace

Ce jour de mars, en Slovénie, lors de l'épreuve de Kranjska Gora, il échoue à 19 petits centièmes de la 30e place... 33e, et frustré. "Ça ne passe vraiment pas loin, c'est comme tout au long de la saison... Il ne manque que des petites choses, à régler encore." Parti avec le dossard 50, l'Alsacien a été pénalisé par une neige de printemps qui s'est réchauffée et dégradée au fur et à mesure du passage des coureurs. "C'est sûr qu'avec quelques places de mieux au départ, ça serait passé."
 
"Thibaut est un très bon skieur, renchérit l'un des ses coachs, Frédéric Perrin. Il faut juste qu'il se libère un peu mentalement. Il est très sensible, réfléchit beaucoup, veut tout contrôler... mais à un moment donné, il faut juste se dire qu'il faut aller le plus vite possible en-bas de la piste..."
 
 
Le public slovène a été gâté : le soleil était là pour voir s'affronter les meilleurs skieurs du monde, ici l'Autrichien Marcel Hirscher et le Français Alexis Pinturault, le leader et son dauphin au classement général de la coupe du monde. / © KG/France 3 Alsace
Le public slovène a été gâté : le soleil était là pour voir s'affronter les meilleurs skieurs du monde, ici l'Autrichien Marcel Hirscher et le Français Alexis Pinturault, le leader et son dauphin au classement général de la coupe du monde. / © KG/France 3 Alsace


Alexis Pinturault, le leader de l'équipe de France, champion du monde de combiné et membre du top 3 mondial, en appelle à la patience de son cadet. "Moi, quand j'ai commencé, j'allais vite, mais je n'arrivais jamais en-bas... Mes 12 premières Coupes du mondes, je suis sorti! Il faut que Thibaut soit patient, et il y arrivera..."
 

 

Un podium aux championnats de France?

Pour continuer d'apprendre et de progresser, le Strasbourgeois a cumulé les épreuves de Coupes du monde en 2018-2019 et des compétitions sur des circuits secondaires, coupes d'Europe et FIS. Des kilomètres parcourus d'une station à l'autre, dans toute l'Europe. Une longue saison à gérer. Mais une récompense : sa qualification pour les épreuves finales organisées en Espagne, à Soldeu. Elles sont réservées aux trente meilleurs skieurs de chaque discipline, lui prendra donc le départ du slalom géant samedi 16 mars. Son ambition : marquer des points pour préparer au mieux la saison prochaine.

Elle commencera à se dessiner dès le mois d'avril 2019 : après les championnats de France, organisés à Châtel du 20 au 28 mars, débutera une période d'un mois de travail sur le matériel. Thibaut aura ensuite droit à des vacances, enfin, et un retour en Alsace qu'il attend avec impatience. 

 



 

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