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Vidéo polémique de l'interpellation : pas de comparution immédiate du jeune militant anti-GCO

Images de l'arrestation d'Anatole diffusée par les militants sur les réseaux sociaux. / © DR
Images de l'arrestation d'Anatole diffusée par les militants sur les réseaux sociaux. / © DR

Placé en garde à vue mercredi suite à une interpellation musclée, le militant anti-GCO Anatole devait comparaître ce jeudi à 14h. La vidéo de son arrestation avait rapidement fait beaucoup de bruit et a semble-t-il poussé le procureur à retarder les poursuites. 

Par Daniel Gerner

Anatole a été relâché ce jeudi matin après une nuit en garde à vue et une entrevue avec le procureur. D'après ses soutiens, le militant anti-GCO a signalé qu'il existait une vidéo de son interpellation musclée. Le procureur aurait choisi de se donner le temps de visionner l'intégralité des documents avant d'éventuelles poursuites. La comparution immédiate programmée à 14 heures ce jeudi a donc été annulée. De même que le rassemblement de soutien auquel les militants avaient appelé.

Mercredi, 9h, quelque part entre Griesheim et Dingsheim

C'est devenu un classique entre militants et forces de l'ordre. Une sorte de jeu du chat et de la souris. Quasi-quotidiennement des militants anti-GCO viennent pacifiquement faire obstacle aux engins de chantiers. Les gendarmes les persuadent de quitter les lieux, souvent en usant de patience et de diplomatie. Là aussi le manège est bien rôdé. "Selon les jours, les gendarmes viennent souvent aux nouvelles avant d'entamer l'évacuation, raconte Michaël Kugler, l'un des fondateurs de la ZAD de Kolbsheim. Mercredi à Griesheim, ils y sont allés directement."

Comprendre: ils n'ont pas joué les préliminaires. Sur les vingt-quatre militants présents ce jour-là, quatre seulement sont "embarqués" dans les fourgonnettes, et un seul se retrouve en garde à vue. Anatole, visiblement délibérément pris pour cible par les forces de l'ordre. "Ça aussi c'est un classique: ils [les gendarmes, NDLR] ciblent des personnes qu'ils ont repérées, qui ont potentiellement des petits ennuis avec la justice ou qui simplement se sont déjà retrouvées sur leur chemin lors d'une autre opération."

Boue, arrestation et vidéo

Anatole est donc seul en garde à vue. Mais la vidéo de son interpellation fait rapidement le tour des réseaux sociaux, déclenchant une vague de colère contre les "violences policières". On y voit des gendarmes travaillant péniblement les militants au corps, dans la boue, tentant de les désolidariser les uns des autres. Lorsque les choses dérapent, un gendarme se fait écarter par ses collègues. Un genoux sur le thorax, une main écrasée. On croit entendre une insulte à l'égard des forces de l'ordre au milieu des autres commentaires de militants. Mais effectivement Anatole semble recevoir un traitement de faveur. 

Ce qui est également certain, c'est que le militant lui-même a signalé l'existence de cette vidéo au procureur qui l'entendait ce jeudi matin. Et que le procureur a en conséquence décidé d'annuler la demande de comparution immédiate d'Anatole, afin probablement de se laisser le temps d'analyser les documents à sa disposition. Ce qui n'empêche en aucun cas d'éventuelles poursuites ultérieures.
 
Pas de censure

Reste que l'existence même de cette vidéo continue à déchaîner les passions. Alsace Nature, l'une des premières organisations à l'avoir relayée, l'a depuis retirée de sa page Facebook. La vidéo intégrale a été filmée et publiée  par la Feuille de Chou, une revue "radicale au capital illimité d'indignation", comme elle se définit elle-même. "Nous avons publié une version montée, plus courte, sur notre page Facebook, et étant donné notre audience respectable, nous nous sommes retrouvés submergés par une vague de commentaires, souvent orduriers," explique Stéphane Giraud, directeur d'Alsace Nature. "Nous avons tenté de modérer les propos, mais il y a eu très rapidement des choses inacceptables, de la part des deux camps d'ailleurs." Il prend alors la décision de retirer la vidéo, subissant immédiatement les foudres des militants anti-GCO. "Il n'y a eu aucune pression ou censure de la part de Facebook ou d'une autre instance," martèle Stéphane Giraud. "Nous estimons que les appels à la haine n'ont rien à faire sur notre page et desservent la lutte contre le GCO." 

Alsace Nature et les autres organisations écologistes espèrent toujours un moratoire sur les travaux préparatoires, dans l'attente d'un verdict définitif sur la validité des travaux du Grand contournement Ouest de Strasbourg. Le tribunal administratif doit rendre sa décision le 28 novembre prochain. Les travaux de déboisement se poursuivent pendant ce temps. Et le jeu du chat et de la souris aussi.
 

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