Schiltigheim : succès de l'opération collège mort contre la réforme des retraites (mais pas que...)

Pour protester contre la réforme des retraites et "la disparition des REP", des parents d’élèves de l’école et du collège Leclerc de Schiltigheim ont décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l’école ce mardi 14 janvier. Seuls six collégiens sur plus de 500 étaient présents ce mardi.
 

Ce mardi matin, devant le rectorat de Strasbourg.
Ce mardi matin, devant le rectorat de Strasbourg. © Catherine Munsch. France Télévisions
Des parents d’élèves de l’école maternelle, de l’école primaire et du collège Leclerc à Schiltigheim (Bas-Rhin) font la grève des cours ce mardi 14 janvier 2020 pour soutenir les enseignants. Ils tiennent ainsi à protester contre la réforme des retraites, mais aussi "la disparition des REP [réseau d'éducation propriétaires, ndlr]". L'opération est un succès puisque, selon les organisateurs seuls 6 élèves sur plus de 500 étaient présents ce mardi matin au collège. A l'école primaire et en maternelle, il manquait "en moyenne 6 élèves par classes".

Yasmina Masson est mère de quatre enfants qui sont tous scolarisés dans les trois établissements, ce mardi, cette agente territoriale de 38 ans n’a pas envoyé ses enfants à l’école, elle est en congés et elle va les garder chez elle, elle a distribué quelques 500 tracts aux autres parents à l’entrée du collège : "Nous organisons une journée école morte pour soutenir les professeurs, j’ai été l’une des initiatrice de la journée. Beaucoup de parents nous soutiennent, mais d’autres sont réfractaires, ils se demandent pourquoi ils soutiendraient les professeurs."


"Les gens ont vu que les enseignants continuent de se battre et cela les a encouragés"

Célile Sénégas est à la fois mère de deux collégiens et professeur des écoles à la maternelle Leclerc. Elle n’est pas syndiquée mais elle est concernée par la réforme car elle est née après 1975 et elle se sent concernée par : "Le collège mort et l'école morte, c’est rare comme initiative. Dans une zone défavorisée comme ici, les foyers sont modestes. Il y a beaucoup de précarité, de familles monoparentales. Le niveau socioculturel n’est pas très élevé. Les inégalités sont vécues au quotidien. Les gens ont vu que les enseignants continuent de se battre et cela les a encouragé à vouloir offrir un avenir plus sûr, plus juste et plus solidaire pour leurs enfants."
 
Devant le rectorat de Strasbourg ce mardi matin.
Devant le rectorat de Strasbourg ce mardi matin. © Catherine Munsch. France Télévisions

Cette journée de grève intervient au lendemain de l’annonce par le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer d'une enveloppe de 500 millions d'euros consacrée à l'augmentation des salaires des enseignants en 2021.


"Ce sont les parents qui ont décidé de s’impliquer dans le mouvement"

Julien Hélary est professeur d’histoire-géographie au collège Leclerc et membre de la CGT, il compte sur les deux tiers de la soixantaine d’enseignants pour appuyer cette action, le collège pourrait tout de même fonctionner en partie. Il précise : "Ce n’est pas une grève des enseignants, il vont faire acte de présence et ils seront payés. Ce sont les parents qui ont décidé de s’impliquer dans le mouvement. Enfants, parents, enseignants nous sommes pratiquement tous concernés par la réforme à points."

De plus, les trois établissements font partie du réseau d’éducation prioritaire (REP) qu’un rapport de l’éducation nationale préconise de supprimer. Le professeur s’inquiète : "Avec la disparition du REP on perd la limitation à 24 élèves par classe. Les ateliers, les clubs vont disparaître et le problème c’est que si les établissements ne proposent plus d’activités, beaucoup d’élèves ne font plus rien du tout, faute de moyens."  Il y a deux ans, une journée collège mort avait été organisée pour défendre l’avenir du réseau REP Leclerc.

Les trois dernières grèves en novembre 2019, décembre et janvier 2020 contre la réforme des retraites avaient été suivies à près de 60% par les enseignants du REP Leclerc.
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