CARTE - Cinécool démarre le 22 août, une vitrine pour les cinémas alsaciens victimes collatérales du coronavirus

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Les cinémas alsaciens ont été fragilisés par la crise du coronavirus (Covid-19). L'opération Cinécool a lieu comme chaque année en août, du samedi 22 au 29 pour 2020. Elle pourrait permettre aux patronnes et patrons des salles obscures de relever un peu la tête.

Avec la crise du coronavirus, les cinémas alsaciens sont dans la tourmente. L'opération annuelle Ciné Cool, avec son ticket à 4.50 euros le film, a lieu du samedi 22 au 29 août 2020 (voir la carte des cinémas participant en bas d'article). Elle pourrait apporter une petite bouffée d'oxygène au secteur. 

Mais tout se jouera à la rentrée. Stéphane Libs est le gérant des cinémas Star de Strasbourg (Bas-Rhin) et co-président  du Syndicat des cinémas d'art, de répertoire et d'essai (Scare). Il dresse le bilan, assez sombre, des deux mois qui ont suivi la réouverture des cinémas, le 22 juin. 

"Ici, comme partout, ça ne va pas bien. Cet été, on n'a ni blockbusters américains porteurs, ni gros films familiaux. C'est le problème de dépendre du marché mondial. Aux États-Unis, seulement 17% des cinémas étaient ouverts, ce qui a donc fait plonger le marché français."
 

On n'a ni blockbusters américains porteurs, ni gros films familiaux.

Stéphane Libs, gérant des cinémas Star de Strasbourg


Et les fortes chaleurs ne semblent pas avoir amené plus de monde dans les salles obscures. Stéphane Libs a une explication : "Il y a une crainte de s'assembler en lieu clos, ou bien les gens ne veulent pas porter leur masque... même si on peut l'enlever pendant le film. Après le confinement, les gens préfèrent aller dehors. Le flux cinéma a été coupé : on n'en entend plus parler, il n'y a plus d'affiches, de bandes-annonces. Ça suscite moins d'intérêt."

Le marché s'est contracté. Le patron du Star évoque une chute vertigineuse. "Les salles indépendantes font -50% par rapport à l'année passée. Pour les multiplex, c'est -70%. Et les premières doivent maintenant partager avec les seconds leur programmation art et essai. Au Star, on doit le faire avec l'UGC, qui remplit ainsi ses salles. Ce marché est petit, et en plus on se le partage... Ces films se vendent à 70 copies en France, là on est à 120 copies."
 

Il n'y a plus d'affiches, de bandes-annonces. Ça suscite moins d'intérêt.

Stéphane Libs, gérant des cinémas Star de Strasbourg

La situation est moins difficile pour les grandes chaînes de cinémas (qui perdent plus, mais sont soutenues par leur groupe), ou ceux dépendant des communes. "Par contre, pour nous, c'est très difficile. On perd de l'argent chaque jour, c'est de plus en plus catastrophique. On fonctionne en flux tendus : avant, j'avais des résultats honorables qui me permettaient de tenir."

"Le 26 août va être une date-clé, c'est la sortie de Tenet, ainsi qu'une série de films de bonne qualité. Mais si ça ne reprend pas... ce sera le grand vide. Si je ne peux pas payer mes charges fixes, je ne pourrai plus tenir que trois à quatre mois. On a besoin d'un plan d'aide de reprise, que Bercy abonde le CNC [Centre national du cinéma et de l'image animée; ndlr] qui n'a plus d'argent."
 

On perd de l'argent chaque jour, c'est de plus en plus catastrophique.

Stéphane Libs, gérant des cinémas Star de Strasbourg

Outre la rentrée, il y a Ciné Cool. "C'est un rituel, ça donne de la visibilité. C'est important aussi. C'est comme si on était des marchands de fruits et légumes mettant en avant ce qu'on vend. Cette année, forcément, on l'engage moins sereinement. Ce n'est pas évident, cette idée de moment festif en ce moment : est-ce que le public aura envie ?"

Il s'interroge notamment sur la venue des cinéphiles à ses neuf avant-premières, dont six se feront en compagnie d'acteurs et actrices. Mais ce public, c'est une source d'espoir pour ce patron de cinéma indépendant. "On dépend moins du marché mondial. Notre public ne vient pas que pour le film, mais pour nous. On dépense de l'argent et on utilise des moyens humains pour faire des programmes de 50 pages, organiser des événements... Ça se paye."
 

Je souhaite participer à Ciné Cool, je vais où ?


Dans le Bas-Rhin :
Dans le Haut-Rhin :Ce sont donc 23 cinémas qui participent à l'opération.