L'usine de Rouffach qui emploie 860 salariés risque de devoir refabriquer plus de 40 000 échangeurs électriques pour Audi A4 jugés défectueux et dangereux par le constructeur. Une difficulté supplémentaire pour l'équipementier Mahle Behr.
Selon nos confrères des DNA, l'équipementier Mahle Behr à Rouffach devrait refabriquer des milliers d'échangeurs électriques. Plus de 40 000 pièces jugées défectueuses et dangereuses par le constructeur Audi. Elles pourraient provoquer un incendie au sein du véhicule. Le préjudice pour Mahle Behr dépasseraient plusieurs millions d'euros. Un coup dur d'autant que le site qui compte 860 salariés connait déjà des difficultés. Baisse des commandes et un accord de compétitivité (voir encadré) qui n'a pas fait ses preuves.
Depuis quatre ans, le site n'a pratiquement pas décroché de nouveaux marchés, car son coût de production demeure trop élevé par rapport à d'autres usines Mahle-Behr en Europe de l'Est, selon l'argument régulièrement avancé par la direction du groupe.
La situation fait craindre aux syndicats la fermeture de Rouffach. Certains salariés veulent tout de même relativiser en arguant que la pièce défectueuse évoquée par la presse est fabriquée par un sous-traitant.
La direction refuse pour l'heure de commenter ces informations.
En ce début de semaine, nous sommes allés à la rencontre des salariés recueillir leurs réactions après les informations parues durant le week-end :
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Pionnier des accords de compétitivité, Mahle Behr demande la remise à plat du dispositif
Pionnière des accords de compétitivité en France, l'usine française du groupe allemand Mahle-Behr à Rouffach est menacée de fermetureet un de ses syndicats a demandé au chef de l'Etat une remise à plat de ce dispositif phare du quinquennat de François Hollande.
La section de l'Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) a demandé dans un courrier adressé à Emmanuel Macron dont l'AFP a obtenu copie mercredi "d'engager en urgence une mission d'évaluation" de ce type d'accord et de faire instaurer
"de nouvelles dispositions législatives qui puissent tirer les leçons de la mauvaise expérience" chez Mahle-Behr France, où "le résultat est
très négatif pour ne pas dire catastrophique".
Chez Mahle Behr, l'accord avait gelé les salaires pendant deux ans et augmenté le temps de travail en échange de l'absence de plan social et de la promesse de rentrer de nouvelles commandes afin de redresser la situation économique de l'usine.
Il avait été suivi en 2016 d'un accord "de compétitivité", avec "modération" salariale, signé hors du cadre de la loi de 2013.
Le syndicat a invité Emmanuel Macron à se rendre sur place dans ce courrier daté du 4 septembre resté sans réponse mercredi, a indiqué à Denis Pieczynski, délégué Unsa.