Crise des urgences : manifestation nationale à Paris “ les urgences sont toujours malades” dit un syndicaliste

Six mois de grève aux urgences de Nancy / © Sophie Gueffier, France 3 Lorraine
Six mois de grève aux urgences de Nancy / © Sophie Gueffier, France 3 Lorraine

 Le plan d'action présenté lundi par Agnès Buzyn reste insuffisant pour le collectif Inter-Urgences. 
Une manifestation à l’appel de la CGT est prévue mercredi 11 septembre. Tôt ce matin, dans le bus en route vers Paris, Mathieu Piotrkowski, (CGT 57 Santé) répond à nos questions.   

Par Yves Quemener

Visiblement le personnel soignant de lorraine est très déçu après les annonces d'Agnès Buzyn, la ministre de la Santé. Le collectif Inter-Urgences a décidé de poursuivre le mouvement.
Et ce matin, mercredi 11 septembre 2019, très tôt, c’est dans le bus en direction de Paris que Mathieu Piotrkowski, secrétaire général, CGT 57 Santé et action sociale répond à nos questions. 
Car les propositions d’Agnès Buzin ne répondent pas aux attentes de la CGT santé.

Rien sur les effectifs

"Il n’y a rien sur les engagements que l’on porte depuis six mois", regrette Mathieu Piotrkowski, secrétaire général, CGT 57 Santé et action sociale.
"Les annonces d’Agnès Buzin ne nous satisfont pas du tout. La crise des urgences est toujours là, mais c’est également la crise de l’hôpital en général" ajoute le syndicaliste.

Ouvrir un lit, cela veut dire embaucher 
-Mathieu Piotrkowski, CGT santé Moselle

 Car il insiste bien sur ce qu'il considère comme le problème principal de l'hôpital en général. Pour lui il s'agit avant tout d'un manque d’effectif.
"En fait il y a deux problèmes : l'austérité et la rémunération. Une aide-soignante aujourd’hui après quinze ans à l'hôpital, gagne à peine 1500 € brut par mois. Ce n'est pas assez !".
 

C’est de la poudre aux yeux


Les déclarations de la ministre ont reçu un accueil très mesuré chez les syndicats d'urgentistes.
"De toute façon il y a un manque de personnel et je ne sais pas comment on va faire", constate le syndicaliste. 
"Aux urgences si on arrive en début de matinée, on est à peine pris en charge par l’équipe de nuit. Il y a  trop d’attente. C'est en fait la conséquence des politiques d'austérité, et des budgets insuffisants, votés pour les hôpitaux, depuis une dizaine d’années, qui restent les raisons des difficultés aujourd'hui".
 

Selon le collectif Inter-Urgences, 249 sites étaient en grève, tout en continuant d'assurer les soins. Les syndicats ont d'ores et déjà prévus le principe de plusieurs "rassemblements locaux" le jeudi 26 septembre.
En attendant de fixer prochainement une date de mobilisation nationale.
 
Pour aller plus loin : https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/urgences-greve-agnes-b...
https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/09/10/urgences-un-plan-a-march...

 

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