Haut-Rhin : l’usine de Mars Wrigley à Biesheim va supprimer 280 emplois sur 350

Dans un communiqué de presse daté de ce lundi 13 septembre, l’usine de Mars Wrigley de Biesheim dans le Haut-Rhin, annonce la suppression de 280 postes sur 350 sur son site.
Fin de la fabrication annoncée des chewing-gum Wrigley, à l'usine de Biesheim dans le Haut-Rhin.
Fin de la fabrication annoncée des chewing-gum Wrigley, à l'usine de Biesheim dans le Haut-Rhin. © Jens Kalaene / Max PPP

L’usine Mars Wrigley de Biesheim dans le Haut-Rhin, annonce ce lundi 13 septembre par communiqué de presse, "un projet concernant l’avenir de son site de production de chewing-gum". L'entreprise y précise qu'elle "a informé ses partenaires sociaux et ses salariés d'un projet de restructuration du site." Pour les employés c'est un choc, même s'ils "s'y attendaient depuis un certain temps, car la production avait déjà été délocalisée en Pologne et en Espagne." selon Emmanuel Maillol, membre du syndical FO 68 et conseiller des salariés, en cas de litige avec l'employeur.

"Nous étions un pôle d'excellence auparavant, mais à partir du moment ou le groupe Mars nous a rachetés en 2007, la délocalisation en Espagne et en Pologne a commencé. Tout s'est arrêté, on est devenus les enfants pauvres du marché, c'est à dire que nous n'avons plus fabriqué que les sticks et les tabs." Selon le syndicaliste, les salariés doivent d'abord accuser le choc : le premier groupe de  salariés a appris la nouvelle à 11 heures et le groupe qui travaillait d'après-midi et de nuit a appris "le projet de plan de sauvegarde de l'emploi" à 13 heures. 

"Si on s'attendait à une diminution des effectifs, on pensait que ça se ferait progressivement" explique Emmanuel Maillol. Selon lui, les employés sont aussi abasourdis d'avoir dû quitter leur poste à 16heures, "la direction voulant éviter tout risque de débordement suite à l'annonce de licenciements massifs.

 

"Les années de travail fournies pour être dans l'excellence n'ont pas payé, les employés se sentent abandonnés par la direction, le groupe,"la famille". 

-Emmanuel Maillol, FO68

 

Maigre consolation pour le conseiller des salariés, "la direction a affirmé aux syndicats et aux employés que les premiers licenciements seront effectifs à partir de septembre 2022, ce qui doit laisser à tous le temps de mettre en place les cellules de crise et de reclassement." La seule unité qui resterait à Biesheim, serait la production de la matière première, la gomme base, qui fournit les usines soeurs en Europe, en Afrique et en Russie.

 

Pour expliquer la suppression de 280 postes sur 350 sur son site, la direction évoque dans son communiqué : "La baisse drastique et continue de la demande de chewing-gums aux formats « Stick & Tabs » (tablettes) sur les marchés européens. Avec une baisse de -37 % des ventes des produits aux formats tablettes en Europe entre 2016 et 2019, et une forte baisse en 2020 en raison de la crise du Covid, les formats Sticks & Tabs sont littéralement en train de disparaître du marché européen."

 

De son côté le député de Colmar, Yves Hemedinger (Les Républicains), membre de la commission des affaires économiques, réagit en ces termes : "C'est plus qu’une mauvaise nouvelle pour cette entreprise historique qui a vu plusieurs générations de salariés du secteur s’y succéder. Wrigley est une entreprise emblématique et nous y sommes tous très attachés. » et de compléter : "Ces nouvelles suppressions d’emplois viennent s’ajouter à celles liées à la fermeture de la Centrale de Fessenheim, et viennent un peu plus fragiliser ce territoire pourtant ô combien essentiel à notre région."

L'entreprise a été implantée en Alsace il y a 54 ans, par la famille américaine Wrigley et le premier paquet de chewing-gum est sorti de l'usine de Biesheim dans le Haut-Rhin, en juillet 1967.

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