Emmanuel Rist, le profanateur meurtrier

Crimes à l'Est revient sur l'affaire d'Emmanuel Rist. En 2004, il profane 12 tombes au cimetière juif d'Herrlisheim-près-Colmar et va par la suite commettre crimes et attentats racistes.

Par Aline Fontoin


Le 30 avril 2004, des croix gammées et des symboles SS sont retrouvés sur 127 tombes le jour anniversaire de la mort d'Adolphe Hitler. La profanation du cimetière juif d'Herrlisheim-près-Colmar provoque un émoi national.

"Tiwaz 2882"

Le gouvernement créé une cellule spéciale afin de retrouver les coupables, 15 gendarmes enquêtent en permanence sur ce qu'ils pensent être un groupe de néonazi organisé, son nom de code "Tiwaz 2882".

Emmanuel Rist est interpellé 1 an et demi après la profanation, dans une autre affaire: l'explosion d'un cabanon à Rouffach qui blesse grièvement un retraité marocain. Les gendarmes font le lien entre la profanation et l'attentat grâce à la signature "Tiwaz 2882" retrouvé au domicile du cerveau du groupuscule.

L'arrestation

C'est le début d'un long parcours judiciaire : condamné à 10 ans de réclusion criminelle pour l'attentat raciste de Rouffach, il est à nouveau jugé en 2011, cette fois pour avoir tiré à bout portant sur un marchand de tapis marocain en pleine rue. 

"Il ne présentait aucun remord, il avait même tendance à se vanter du crime, présenté comme une exécution" ont déclaré ses deux complices de la profanation du cimetière juif d'Herrlisheim-près-Colmar. 
 
Dénoncé par ses compagnons néonazis, Emmanuel Rist est jugé 10 ans après son premier crime, le plus grave. A son procès, il se repent et exprime des regrets, qui lui évite pour une seconde fois la perpétuité. 

Jugé une dernière fois en 2013 pour le vol de 17 tableaux au Musée Unterliden de Colmar, il étudie les beaux-arts par correspondance à la Sorbonne depuis la maison centrale d'Ensisheim où il purge sa peine jusqu'en 2029.

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