Haut-Rhin : un collège basé sur les pédagogies alternatives ouvrira dans une yourte à Kembs à la rentrée 2021

Un collège basé sur les pédagogies de Maria Montessori et Célestion Freinet ouvrira à Kembs à la rentrée. Cela vient renforcer l'offre de l'école alternative hors contrat qui accueille déjà 25 enfants. 

Les enfants travaillent en petits ateliers, selon les pédagogies de Maria Montessori et Célestin Freinet
Les enfants travaillent en petits ateliers, selon les pédagogies de Maria Montessori et Célestin Freinet © Stéphane Gaudry / France Télévisions

Tzama signifie ensemble en alsacien (z’samma). Plus qu’un mot, une valeur cardinale pour l’école privée ouverte à la rentrée 2020/2021. Le concept : une école créée à Barthenheim-la Chaussée et basée sur les pédagogies Montessori et Freinet, trilingue et verte où les enfants passent 50% de leur temps en extérieur. Tout ce petit monde va déménager à la rentrée à six kilomètres de là, à Kembs, pour des locaux plus grands…dans des yourtes actuellement en construction.

Trois yourtes pour trois niveaux

Dès la rentrée scolaire 2021/2022, les 55 élèves de l'école Tzama, de la maternelle au collège travailleront dans trois yourtes.
Dès la rentrée scolaire 2021/2022, les 55 élèves de l'école Tzama, de la maternelle au collège travailleront dans trois yourtes. © Stéphane Gaudry / France Télévisions

Trois yourtes de 100 m2 chacune, pour les maternelles, les primaires et le nouveau collège. A la rentrée 2021 le nombre d’enfants va plus que doubler avec près de 55 élèves dont une dizaine de collégiens. De quoi laisser des souvenirs inoubliables aux jeunes sur leurs années d’apprentissage. De quoi leur permettre aussi d’apprendre autrement, selon le concept de pédagogie ouverte. L’idée, c’est d’axer les méthodes sur le sensoriel et la découverte, afin que l’enfant apprenne par lui-même en fonction de ses aspirations et de ses préférences. Des pédagogues comme le Dr Maria Montessori et Célestin Freinet ont défendu cette pédagogie par opposition à celle de la transmission. C’est ce que Freinet a nomme la mise en place du tâtonnement expérimental.

Huit personnes encadrent les enfants, une directrice, des éducateurs et des assistantes volontaires européennes. La directrice et enseignante de l’école Tzama, Anne Gachot, a travaillé vingt ans pour l’Education Nationale et précise sa façon de fonctionner : « On est là pour les aider à faire seul. On est plus un guide que quelqu’un qui doit déverser le savoir. Petit à petit on s’efface pour que les enfants trouvent les clés pour faire par eux-même. Tout l’apprentissage c’est ça, les aider petit à petit à faire par eux-même. »

Carole Ecoffet, chercheuse en physico-chimie à Mulhouse se met en disponibilité du CNRS pour prendre le poste de directrice du collège : « Moi ce qui m’intéresse c’est de faire un maximum de choses pratiques. Au lieu d’être dans une classe, on peut faire ses exercices de géométrie à l’extérieur. Et en plus ce que j’aime beaucoup c’est de bouger dans l’espace pour appréhender les formes que l’on est en train de manipuler. On peut le faire ensuite sur des feuilles. Et puis faire le lien entre les deux. Cela me semble important pour ancrer les savoirs. »

Suivre le programme autrement

La moitié du temps, les élèves sont en extérieur, en forêt ou dans un jardin pédagogique, en relation avec la vie en permanence. Carole Ecoffet est convaincue du bienfait de cette pratique pour les élèves, enfants comme adolescents : « Il y a différents types de pédagogues sur le travail en vrai, la contribution du groupe. Comment peut-on apprendre à vivre en étant toujours assis devant une table ? Cela me semble un peu bloquant dans la capacité des jeunes. »

Les élèves passeront la moitié du temps scolaire dans les yourtes, et la moitié à l'extérieur
Les élèves passeront la moitié du temps scolaire dans les yourtes, et la moitié à l'extérieur © Stéphane Gaudry / France Télévisions

Futurs collégiens, préparez-vous. A la rentrée, il va falloir meubler… et oui, meubler la yourte. Carole Ecoffet dévoile le programme en filigrane : « Les collégiens vont devoir créer leur environnement. Se fournir dans une ressourcerie, ou chercher des branches pour apprendre à fabriquer des petits meubles. Au niveau d’une construction on peut faire des maths. On va rentrer les savoirs sur un socle commun au sein de leurs projets et non pas faire l’inverse. » Et que les jeunes se rassurent, ils ne sont pas en totale autonomie, les enseignants veillent au grain. "On ne les laisse pas simplement faire ce qu’ils veulent, on va les guider, pour les pousser à aller au bout de ce qu’ils ont promis de faire. Il y a comme un contrat. »

on va les guider, pour les pousser à aller au bout de ce qu’ils ont promis de faire

Carole Ecoffet, directrice du collège Tzama

Pour les intéressés, sachez qu’il reste des places pour la rentrée 2021-2022, pour les enfants nés en 2013, 2012 et 2011 (équivalent CE2, CM1, CM2).

L’école Tzama propose également des activités extrascolaires le mercredi matin sous forme d’ateliers linguistiques en anglais ou d’ateliers nature. Des camps de vacances sont également organisés pendant les vacances scolaires.

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