Coronavirus : pourquoi l'hôpital militaire installé à Mulhouse est passé de 30 à 20 lits

10 des 30 lits de réanimation de l'hôpital militaire de Mulhouse ont été désinstallés. / © Ministère des Armées / État-major des armées
10 des 30 lits de réanimation de l'hôpital militaire de Mulhouse ont été désinstallés. / © Ministère des Armées / État-major des armées

Ce lundi 20 avril, signe que la tension qui a pesé sur les services de santé du Haut-Rhin, en particulier sur l'hôpital mulhousien Emile Muller, s'est un peu relâchée, un tiers des capacités d'accueil de l'élément militaire de réanimation, installé le 23 mars à Mulhouse, a été entièrement démonté.

Par Karine Gélébart, Anne-Laure Marie, avec AFP

"Nous avons déséquipé la travée 1, qui correspond à un module de 10 lits de réanimation et de 10 respirateurs de l'Equipement Militaire de Réanimation (EMR) du Service de santé des armées, le démontage est encore en cours", a indiqué à l'AFP le lieutenant Lucie samedi 18 avril. L'ensemble de ce matériel devait quitter le Haut-Rhin ce lundi 20 avril en début d'après-midi.

L'armée avait monté à proximité de l'hôpital Emile Muller de Mulhouse un hôpital de campagne quand l'établissement de santé haut-rhinois était arrivé à saturation. Le premier patient avait pu y être pris en charge le 24 mars. 


"Il ne s'agit pas de démanteler l'EMR mais de l'adapter aux besoins, en bonne intelligence avec les autorités sanitaires", a insisté une source au ministère des Armées, soulignant que 13 lits de l'EMR restaient occupés, sur les 20 qui restent "pleinement opérationnels".
 

Démantèlement hôpital militaire de Mulhouse : un tiers de lits en moins


46 patients soignés

Au plus fort de la crise, cet hôpital de campagne a accueilli 29 patients, grâce à la mobilisation de mobilisé 90 membres du Service de Santé des Armées et 30 autres militaires chargés de la logistique. 46 malades y ont été soignés à ce jour. "Les patients ont pu être soignés avec un haut niveau de soins malgré un environnement plutôt rustique", a estimé le médecin en chef Pierre, directeur médicale de l'EMR.
 

Habituellement utilisé lors d'opérations extérieures pour des soins de chirurgie de combat, cet équipement militaire a donc fait ses preuves dans la lutte contre le Covid-19 et pourra, après désinfection et biodécontamination, être réaffecté là où les besoins sont désormais plus pressants, en métropole ou en Outre-mer. Un premier camion a quitté le Haut-Rhin samedi 18 avril, un second ce lundi 20 avril, pour un transfert du matériel à Vitry, à l’établissement de ravitaillement sanitaire des armées.
 
Démontage, nettoyage, désinfection : le matériel est réexpédié en deux camions à l’établissement de ravitaillement sanitaire des armées, à Vitry. / © Ministère des Armées / État-major des armée
Démontage, nettoyage, désinfection : le matériel est réexpédié en deux camions à l’établissement de ravitaillement sanitaire des armées, à Vitry. / © Ministère des Armées / État-major des armée
 

Retour à la normale des appels au Samu

Aujourd’hui à Mulhouse, il reste donc 20 lits et respirateurs dans l’hopital militaire. Pour l’heure, 13 patients sont encore hospitalisés sous les tentes militaires. La décision de déséquiper un tiers de cet hôpital de campagne a été prise grâce à l'amélioration de la situation au groupement hospitalier de la région mulhousienne et Sud Alsace (GHRMSA). Le Samu a enregistré le 15 avril pour la première fois depuis sept semaines moins de 500 appels, ce qui équivaut à un retour à la normale. L'hôpital dit préparer aujourd'hui "son plan de sortie de crise".
 

465 morts à l'hôpital de Mulhouse

Une crise qui a frappé très lourdement le GHRMSA : l'hôpital a pris en charge depuis le début de l'épidémie plus de 1.800 patients et 465 d'entre eux sont décédés. Et malgré l'installation de l'équipement militaire de réanimation, 163 patients ont dû être transférés vers d'autres hôpitaux, en France et dans les pays frontaliers.
 

L'établissement mulhousien tient à souligner par ailleurs que ses besoins en médecins et infirmiers sont toujours très importants, son propre personnel étant épuisé, avec de nombreux arrêts maladie.
 



 

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