La surprise de Steven Spielberg à des collégiens de Mulhouse : "J’espère vous voir un de ces jours à Hollywood"

Mardi 21 novembre, des élèves de 4ème ont visionné dans un cinéma de Mulhouse le court-métrage qu’ils ont réalisé en hommage à l’œuvre de Steven Spielberg. À l’issue de la projection, ils ont découvert, stupéfaits, un message vidéo du célèbre réalisateur.

C’est un moment qui restera gravé à tout jamais dans la mémoire de ces adolescents. Mardi 21 novembre, alors que les lumières se rallument dans la salle de projection du cinéma Bel-Air, leur professeur d’histoire-géographie leur annonce une surprise. La salle se retrouve à nouveau plongée dans le noir. Sur l’écran géant, Steven Spielberg s’adresse directement aux collégiens. Il se dit flatté et ému de leur court-métrage lui rendant hommage et les remercie pour leur travail. Il les encourage à continuer dans cette voie et conclut sa vidéo ainsi : "J’espère vous voir un de ces jours à Hollywood".

Eux, ce sont des jeunes scolarisés dans un établissement REP +, c’est-à-dire classé dans le réseau d’éducation prioritaire, le plus souvent issus de milieux populaires, avec des difficultés d'ordre scolaires ou sociales.

Ces élèves du collège Wolf de Mulhouse participent assidûment, depuis deux ans, au club cinéma de leur établissement. Volontaires pour consacrer deux heures chaque semaine à l'histoire du cinéma, l’analyse des films, l’écriture d’un scénario jusqu’à sa réalisation. Après un grand travail préparatoire, leur court-métrage de huit minutes titré « une étoile », a été tournée en une seule journée, en mai 2022. Huit minutes où ils montré de quoi ils étaient capables.

Le court-métrage

Leur film raconte la passion de quatre adolescents pour le réalisateur américain. Extérieur jour : quatre élèves lisent les articles sur le dernier film de Steven Spieberg, the Fabelmans, et découvrent une mauvaise critique d’un journaliste local.

Intérieur jour : les jeunes séquestrent ledit critique cinéma dans sa grande maison bourgeoise. Et l’obligent à répondre à un quiz consacré au réalisateur américain. Le journaliste connaît son œuvre jusqu’au bout des doigts. Il avoue aux jeunes qu’il a aimé le film, mais que personne ne lit les bonnes critiques.

« Une étoile » a été réalisé par Olivier Arnold, le professeur responsable du ciné-club, avec les codes cinématographiques propres à Spielberg pour les cadrages, et jusque dans le choix de la musique. Derrière la caméra, le Strasbourgeois Mathieu Winckel de la boîte de production Red Revolver, un fidèle du ciné-club du collège Wolf.

Des élèves "heureux"

Après avoir découvert leur film sur grand écran, les élèves affichaient leur bonheur. "Ça fait plaisir et ça nous rend heureux, explique Yasmine Gantar. Car on a travaillé toute l’année et quand même, on a quelque chose de fini, c’est bien." " Avec mon père et mes frères, on faisait des soirées entières sur les films de Spielberg, se souvient Léa Pereira de Brito. Je suis très heureuse d’avoir fait ça." Sunita Ahmeta a "failli pleurer. De voir que Spielberg me dit des choses, c’est tellement « Ouahhh ». Je n’ai jamais pensé qu’un jour Steven Spielberg me dise des choses aussi touchantes."

Comment Spielberg a découvert le travail des élèves

Il faut remonter à 2022, l’année où la ville de Mulhouse fête William Wyler, le Mulhousien le plus célèbre au monde. Ce sont les 120 ans de sa naissance (1902) et les 100 ans de son départ pour Hollywood (1922). Parti aux États-Unis à 20 ans, William Wyler a connu la célébrité dans le cinéma mondial. À l’époque, Olivier Arnold, le responsable du ciné-club du collège Wolf fait la connaissance de Catherine Wyler, la fille aînée de William. C’est à elle qu’un an après, il ose envoyer le court-métrage qu’elle remet à Steven Spielberg.

Cet été, c’est par un mail de sa productrice qu’il découvre la fabuleuse surprise du réalisateur américain pour ses élèves. "C’était très très fort, un moment d’incrédulité complet. Quand j’ai vu cette vidéo, tous les héros de Steven Spielberg se sont invités à mon esprit. C’était comme une dose d’énergie."

Jamais Olivier Arnold n’aurait imaginé que Catherine Wyler allait remettre ce court-métrage au monstre sacré du cinéma hollywoodien. William Wyler est d'ailleurs un modèle pour Steven Spielberg dans le renouvellement du cinéma. "C’était juste pour le lui montrer à elle. Et Spielberg a tenu à faire cette vidéo car le film l’a beaucoup ému."

Après la projection avec ses élèves, Olivier Arnold nous dit être ressorti de la soirée avec des étoiles plein les yeux : "Souvent les élèves doutent de leurs capacités. Ça va leur rester à vie et ça va aussi les rendre plus fort."