Mulhouse : les projets innovants de miroir connecté et de cardiodrone soutenus par Tango&Scan

Deux Mulhousiens ont été sélectionnés dans le cadre de l'appel à projets numériques ou créatifs Tango&Scan. L'un pour son projet de miroir connecté destiné aux personnes en situation de handicap et l'autre pour son projet de drone équipé d’un défibrillateur dédié aux secours à la personne.

L'appel à projets Tango&Scan, créée en 2012, soutient des porteurs de projets innovants, créatifs ou numériques, grâce à un coup de pouce financier. Parrainé par Mulhouse Alsace Agglomération (M2A), l’Eurométropole de Strasbourg, la Communauté d’agglomération de Metz Métropole et la Métropole du Grand Nancy, Tango&Scan a sélectionné 22 lauréats pour son édition 2020. Parmi eux, deux jeunes porteurs de projet établis à Mulhouse, l’un, Tom Gueneau, travaillant pour une structure associative et le second, Mattis Hauchecorne, portant un projet à son compte.

Tom Gueneau, le miroir connecté

Ingénieur de formation, Tom Gueneau a été recruté par Familles Solidaires pour travailler sur un projet de miroir connecté. Il existe déjà des objets de ce type mais celui-ci devra répondre à des besoins spécifiques. Le groupe associatif Familles Solidaires, présent à Mulhouse, développe de l'habitat inclusif pour des personnes fragiles en perte d'autonomie.

Ce nouvel outil numérique qu'est le miroir connecté, aura pour vocation de rendre la vie plus facile aux locataires de ces habitats inclusifs, "par exemple, pour de la gestion d’agenda chez une personne atteinte d'Alzheimer, qui doit honorer ses rendez-vous chez le médecin, chez le dentiste ou avec ses proches", précise Tom Gueneau. Installé au sein du nouveau FabLab "LabHidouille" dans le bâtiment du KM0 à Mulhouse, Tom Gueneau sera rejoint par un stagiaire et un animateur dans le courant du mois de septembre.
 

Pour l'instant le projet en est à la phase de l'étude et de l'identification des besoins chez les personnes en situation de handicap, population dont les profils sont extrêmement variables d'une personne à l'autre. Les réponses à cette étude vont définir le cahier des charges du miroir connecté. "On aura un cahier des charges précis d’ici novembre avec un premier prototype. Mais c’est un long processus, l’objet fini ne pourrait voir le jour que dans les deux prochaines années", souligne Tom Gueneau.

En lui-même l'objet n'est rien de plus qu'un écran fixé derrière un miroir sans tain. La complexité se loge surtout dans le développement des modules censés répondre au mieux au profil de chaque utilisateur. "On aura une version commercialisable selon le principe de l'open source: on va vendre du hardware qui fonctionnera en plug and play, il suffira de le brancher pour que ça fonctionne, et on aura des modules sur une plateforme un peu comme une tablette où vous téléchargez des applications", explique Tom Gueneau.

Pour les personnes réfractaires à la technologie à cause de troubles cognitifs ou simplement à cause d'un blocage face à la nouveauté, le miroir connecté, grâce à sa simplicité, devrait leur apporter une assistance concrète, comme gérer l’équipement électrique de l’habitat ou répondre à une visioconférence par exemple. "Quand quelqu’un va appeler, c’est le miroir qui va sonner et la personne aura juste à passer devant le miroir pour qu’il se transforme en un petit écran. Il n’y a pas de boutons à manipuler".

20.000 euros d'aide

L'aide apportée par Tango&Scan va permettre à Tom Gueneau de peaufiner son projet de miroir connecté: "On veut être sûr de ce qu'on fait, on va continuer notre démarche d'analyse des besoins grâce à cette aide". Une aide substantielle puisque sur les 60.000 euros budgétés, Tango&Scan apporte le tiers. 

Mattis Hauchecorne, le cardiodrone

Mattis Hauchecorne travaille avec les pompiers du SDIS67sur un projet de drone équipé d'un défibrillateur. L'idée étant que la centrale d'appel, chargée de reçevoir les demandes d'intervention, déclenche à distance le drone qui se situe dans la caserne la plus proche du lieu de l'accident. Le drone va voler de manière autonome vers la victime en utilisant un GPS. "Le projet est d'apporter un défibrillateur en moins de trois minutes sur les lieux où il y a un malaise cardiaque pour éviter les séquelles éventuelles en post-intervention", explique Mattis Hauchecorne. Ce dispositif a déjà été testé à l'étranger par des étudiants, au Canada et en Belgique mais en France, selon son concepteur, cela reste une première.

Mattis Hauchecorne sort tout juste de l'école d'ingénieur ENSISA de Mulhouse. Durant son cursus universitaire, Mattis crée son entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de drones sur mesure. Ce qui l'amène, par exemple, à travailler pour un client sur le ravitaillement par drone d'un refuge en Suisse, en haute altitude. Mais ce projet de cardiodrone est né de sa propre initiative "dans le but de le commercialiser s'il s'avère pertinent", tient à souligner Mattis Hauchecorne.

Son entreprise compte aujourd'hui deux autres personnes, dont un associé en marketing et communication. Avec son équipe, Mattis travaille ainsi sur des "drones show", un dispositif permettant de faire des spectacles lumineux avec plus de 500 appareils commandés en simultané.

Des aides déterminantes

Sur le projet de cardiodrone, Mattis Hauchecorne est associé à un partenaire, la structure mulhousienne Tuba, "labo participatif de solutions urbaines". Ce partenaire lui apporte une aide concrète en amont, dans la conception du cahier des charges, "pour que le produit soit bien adapté à la problématique et aux besoins de l'utilisateur".

Tango&Scan, de son côté, apporte une aide substantielle de 12.000 euros. "Cette aide, non négligeable puisque c'est 50% du budget, me permet de faire de la recherche et du développement", précise Mattis Hauchecorne. Le cardiodrone devrait être livré en avril 2021, pour une commercialisation en mai ou juin 2021, si tout se passe bien.