"Abattage massif" d'arbres au bord des routes : "Il n'y a pas de reculade", affirme le président du conseil départemental de Haute-Marne

Le projet d'"abattage massif" d'arbres au bord des routes de Haute-Marne a fait réagir jusqu'au ministre de la Transition Écologique, Christophe Béchu. Pas de quoi cependant faire reculer le président du conseil départemental, Nicolas Lacroix, qui a tenu une conférence de presse ce vendredi pour préciser son projet.

Alors que la polémique enfle, le président du conseil départemental de Haute-Marne Nicolas Lacroix a tenu une conférence de presse ce vendredi 16 février 2024 concernant son projet d'"abattage massif" des arbres au bord des routes.

"Il n'y a pas de reculade. Il y avait certainement besoin d'explications", indique l'élu Les Républicains au micro de notre journaliste, Maud Petit-Jové. Il y a une semaine, Nicolas Lacroix a dévoilé un "plan d'abattage massif".

"Les arbres qui tuent n’ont plus rien à faire au bord de nos routes départementales", affirmait-il en mettant en avant le risque qu'ils présentaient pour la sécurité routière. L'élu indiquait qu'un diagnostic précis des arbres serait réalisé pour mettre en évidence les "arbres malades ou dangereux" sur le réseau départemental.

La perspective de voir disparaître des centaines d'arbres au bord des routes a aussitôt fait réagir en Haute-Marne, mais aussi en dehors du département. Des associations ont fait entendre leur opposition au projet. Une pétition en ligne a été lancée, elle affiche ce vendredi près de 4 000 signatures. 

Ce vendredi, juste avant la conférence de presse, un rassemblement était organisé devant l'Hôtel du département à Chaumont. "Touche pas à mon arbre" ou "Gardons nos paysages vivants et attractifs", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants.

750 km de routes concernés

"J'ai bien senti qu'il y avait eu beaucoup d'émotions suite à l'annonce que j'avais pu faire en fin de semaine dernière sur notre plan d'abattage, qui est en fait une nécessité pour une partie de notre réseau routier", explique le président du conseil départemental.

Seul le réseau où la vitesse est limitée à 90 km/h va être concerné, précise l'élu. "C'est-à-dire 750 kilomètres de route, et pas les 4 000 du réseau départemental". 735 arbres seront diagnostiqués en priorité.

La priorité est la sécurité routière, dans le cadre de la loi et du respect du code de l'environnement.

Nicolas Lacroix, président du conseil départemental de la Haute-Marne

"On respecte la loi, on travaille avec l'État. On fait les diagnostics nécessaires. Ensuite, on fait des propositions à l'État qui valide ce qu'on peut proposer pour compenser la coupe d'arbres souvent malades, qui créent des dysfonctionnements, voire des déformations de chaussée", assure l'élu.

Le ministre de la Transition écologique s'en mêle

Le projet du conseil départemental de la Haute-Marne a aussi fait réagir le ministre de la Transition Écologique, Christophe Béchu. "L'impératif de sécurité routière, auquel je souscris, ne peut être le prétexte à une telle atteinte à la biodiversité, alors même que des alternatives peuvent être envisagées", indique ainsi le ministre dans une lettre consultée par l'AFP.

"Ce ne sont pas les arbres qui provoquent des accidents de la route", souligne Christophe Béchu auprès de l'AFP disant "[comprendre] la stupéfaction des associations et des ONG".

Une missive qui n'est pas forcément du goût de l'élu haut-marnais. "J'ai reçu ce courrier de Monsieur Béchu hier soir tard. Il m'a rappelé le code de l'environnement, que je connais parfaitement [...] Il m'a fait du contrôle de légalité, chose qui en principe est réalisée par le préfet de la Haute-Marne, détaille Nicolas Lacroix. J'ai eu directement le courrier du ministre, j'aurai pu avoir un courrier de Madame la préfète. Je trouve que la démarche est un petit peu dommage. On peut communiquer autrement."

Il va toutefois répondre au ministre. "Je mettrai en copie Madame la préfète. Je crois que le ministre doit s'ennuyer un peu dans son ministère pour prendre le temps de m'écrire ce genre de courrier."

La Haute-Marne a été la première à remettre en place une limitation à 90 km/h sur une partie du routier dont elle a la gestion. C'était en janvier 2020, date à laquelle Nicolas Lacroix était déjà à la tête du conseil départemental.

Dans une étude publiée en octobre 2022, l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière affirmait qu'on comptait davantage d'accidents mortels dans les départements ayant remonté la vitesse maximale autorisée à 90 km/h que dans ceux qui étaient restés à 80 km/h.