Solidarité. Un couple de haut-marnais crée une colocation pour personnes âgées

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Jessy et Benjamin Fischer ont décidé de créer une colocation pour les personnes âgées isolées qui n’ont pas besoin d’équipements médicalisés, à Chaumont.

Cela fait trois ans que le couple travaille sur ce projet. Benjamin Fischer, 30 ans, travaille à la CPAM de Haute-Marne. Sa femme Jessy, 27 ans, est aide-soignante. Tous deux de par leur travail et leur expérience personnelle, ont constaté l’isolement de personnes âgées pourtant capables de vivre seules, mais tristes de l’être.

"L’idée n’est pas d’être un établissement médicalisé et de faire concurrence aux Ehpad ou aux maisons de retraite, mais de créer un espace où les personnes âgées ne soient pas seules, ce qui peut les rassurer ainsi que leur entourage. Souvent, les proches ne peuvent pas rester sur place et ont peur que leur aïeul chute ou qu’il ait un problème sans que personne ne puisse intervenir," explique Jessy Fischer.

Elle et son mari ont donc décidé de chercher un endroit où accueillir les personnes âgées isolées des villages voisins de Chaumont. Et ont décidé de créer une colocation solidaire : la maison Bonhage.

"Nous avions en tête de trouver une maison de plein pied pour faciliter malgré tout les déplacements de nos locataires. Mais c’est très difficile à trouver ici. Notre choix s’est donc porté sur une maison avec un étage que nous avons entièrement rénovée," explique Benjamin Fischer.

Un investissement de 300 000 €

La toiture, l’isolation, le système de chauffe, mais aussi la climatisation par pompe à chaleur, tout a été entièrement refait pour que les locataires soient comme des coqs en pâte : "Ils seront même mieux que nous dans notre propre maison !"

L’étage a été divisé en cinq chambres avec toute une salle d’eau privative, et le rez-de-chaussée est composé de deux chambres également équipées de salle d’eau "afin que nos locataires aient un maximum d’intimité." La maison est entièrement meublée "afin que les personnes âgées puissent venir seulement munies d’un sac à dos si elles le souhaitent !"

En tout, entre l’achat et les rénovations, cette colocation solidaire a coûté 300 000 € au jeune couple. Un gros investissement pour ce concept qu’ils espèrent voir fonctionner. Trois visites sont prévues mi-mai 2022.

"Nous avons prévu un loyer comprenant toutes les charges : pompe à chaleur climatisation, boxe internet/tv, et le ménage des parties communes qui sera assuré par une société. Nous voulons que nos locataires soient le plus sereins possible et qu'ils n’aient à s’occuper de rien. Sauf de leur chambre qui est leur espace totalement privé, s’ils le souhaitent. Il y a d’ailleurs une marge de manœuvre pour qu’ils puissent la personnaliser et ainsi se sentir chez eux," détaille le couple.

Moins de 700€ par mois tout compris

Le loyer s’élèvera donc à 698 € par mois, toute charge comprise, pour une place dans une maison à proximité de plusieurs commerces dont une grande surface : "L’idée est de leur donner accès à ce qui leur manque parfois dans les petits villages !" Le loyer restera inchangé et ne dépendra pas du départ ou de l’arrivée d’un nouveau pensionnaire. Que les colocataires soit sept ou deux, le prix restera toujours le même.

Seule une charte sera mise en place pour que la colocation soit optimale : "Il n’y a rien de bien différent à une colocation classique, il s’agit là de ne pas mettre la télévision à fond à minuit par exemple. C’est simplement une question de respect. En revanche, les locataires n'auront aucune obligation les uns envers les autres. Il n'y aura pas d'heure de repas, de coucher. Ils seront libres au maximum, c'est la grande différence avec un établissement classique."

Le rez-de-chaussée de l’établissement est encore en travaux, mais sera bientôt terminé. Le premier étage est quant à lui fini et peut déjà accueillir les locataires.