Histoires 14-18 : la chirurgie militaire

© Musée de la Coutellerie de Nogent/BDIC Fonds Valois/Pathé Gaumont
© Musée de la Coutellerie de Nogent/BDIC Fonds Valois/Pathé Gaumont

Par France 3

Le musée de la coutellerie à Nogent en Haute-Marne présente le patrimoine coutelier d'un département marqué depuis le 14 ème siècle par l’industrie coutelière. Pendant la guerre 14-18, cette industrie a été grandement impactée avec l’essor de la chirurgie militaire et le développement de ses instruments.  

Présence de corps étrangers, risque élevé d’infection et abondance des blessés. Dès le début du conflit, contrairement à la chirurgie pratiquée en temps de paix, la chirurgie de guerre dénote par son caractère d’urgence. Les chirurgiens se rendent au plus près du front afin de traiter au plus vite un maximum de patients. L’usage d’armes nouvelles comme les mitrailleuses, les obus et les grenades entraine des blessures d’un nouveau genre où les plaies, sont souillées par des morceaux de vêtement et de terre.

De plus, les multiples bactéries qui prolifèrent dans les tranchées favorisent les cas de gangrènes gazeuses et d’amputation. Face à ce désastre sanitaire, pour s’adapter, le service de santé des armées met en place des ambulances chirurgicales automobiles, des « auto-chir » qui opèrent les blessés les plus graves en première ligne.

Histoires 14-18 : La chirurgie militaire
Source archives : - Musée de la Coutellerie de Nogent - BDIC Fonds Valois - Pathé Gaumont  - France 3 - M. Guillerot

Afin de combattre l’infection des plaies, une méthode révolutionnaire, la méthode de Carrel du nom du chirurgien français Alexis Carrel va être employée. La plaie est d’abord nettoyée à l’aide d'un scalpel et d'un rasoir avant d’être désinfectée avec du liquide de Dakin. La plaie est finalement refermée quand la prolifération des microbes est stoppée. Autre bouleversement dû à la guerre, le développement de la chirurgie réparatrice et de la reconstruction faciale.

On estime aujourd’hui que 15% des soldats ont été blessés au visage. Ces blessés appelés "les gueules cassées" sont entre 10 et 15 000 en France. Pour eux, les chirurgiens développent des techniques inédites pour remplacer les os grâce à des greffes. Fin 1918, après 4 ans de guerre, la France compte ses blessés : 2 millions 800 000 dont 300 000 mutilés. Sauvés en grande partie grâce à ces chirurgiens du front, eux aussi souvent victimes du conflit.


 

Générations 14 : un parent a-t-il participé à la Grande Guerre ?

Entrez votre nom pour savoir si un membre de votre famille est mort dans la Grande Guerre

 

Sur le même sujet

Entretien avec... Cédric Heitz, coach du CCRB

Près de chez vous

Les + Lus