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Record : un Champenois traverse les Alpes en 160 heures et 44 minutes

Le Champenois Romain Sophys a remporté lundi 29 juillet 2019 le record de la traversé des Alpes en course à pied / © Quentin Idenn
Le Champenois Romain Sophys a remporté lundi 29 juillet 2019 le record de la traversé des Alpes en course à pied / © Quentin Idenn

Romain Sophys a traversé les Alpes en trail en 160 heures et 44 minutes. Un record ! Une aventure qu’il n’a pas menée contre des adversaires mais entouré d’une dizaine d’amis.
 

Par Flore Caron

Cent soixante heures et quarante-quatre minutes, c'est le temps qu'il a fallu au Champenois Romain Sophys pour traverser les Alpes en trail. Soit près de douze heures de mieux que le précédent record détenu par Pascal Blanc depuis 2015 (172 heures et 35 minutes). Arrivé dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 juillet 2019, cet enseignant de Sainte-Menehould (Marne) a donc mis une semaine pour rallier Thonon-les-Bains, en partant de Nice. 

« J’ai toujours évolué dans le milieu de la nature », raconte celui qui s'est donné ce défi autant par amour pour le sport que pour la montagne. Un exploit qu’il n’a pas réalisé tout seul. Pas de concurrents ni de dossards, pas de podologue ni de médecin autour de lui mais Romain est sans cesse accompagné. Il partage cette aventure avec une dizaine de proches dont sa femme Carole.

S’il n’avait pas eu le record, ça n’aurait pas été la fin du monde, Christophe, un proche de Romain Sophys, vainqueur de la traversée des Alpes en trail

Des proches qui l’aident à préparer à manger, monter les tentes et se relaient aussi pour courir à ses côtés. Pour Romain, cette traversée est avant tout une aventure humaine. « On est tellement plus fort comme ça », déclare l’athlète qui concède, en outre, que partir sans médecin peut présenter un petit risque. « S’il n’avait pas eu le record, ça n’aurait pas été la fin du monde », explique Christophe, l’un de ses amis. « La fierté c’est d’être allé jusqu’au bout », résume Romain. 
 

Au-delà de ses limites

Le parcours avait été travaillé au millimètre – et noté dans un road book – mais Romain a gagné quatre heures par rapport à son prévisionnel. Il avait prévu d'allonger son temps de sommeil pendant les derniers jours mais s'est contenté de ses deux heures quotidiennes. Quelques micro-siestes de temps à autre: dix minutes – même sous la pluie – et c’est reparti. 
 
Voilà l'un des somptueux paysages alpins que Romain Sophys a pu traverser. / © Quentin Idenn
Voilà l'un des somptueux paysages alpins que Romain Sophys a pu traverser. / © Quentin Idenn

« C’est toujours les autres avant lui », raconte Christophe, l’un de ses accompagnants et amis, qui le décrit comme discret et très prévenant. Des qualités qui l’aident à tenir dans les moments difficiles, à ne pas trop se concentrer sur lui-même. « On ne l’entend jamais râler », explique-t-il. Pourtant, même si Romain déclare n’en retenir que le positif, il avoue avoir vécu des moments difficiles. « Pendant 12 heures, j’avais les pieds meurtris», se souvient-il. Mais le tout est de faire la différence entre l’effort et le danger.

Des étoiles encore plein les yeux, Christophe déclare : « On savait qu’on allait sortir changés de l’aventure ». Il était déjà au côté de son ami lors des précédentes traversées de l’Argonne et des Vosges mais accorde à celle-ci un caractère exceptionnel. « Certains ont appris beaucoup de choses sur eux-mêmes. Ils ont été capables de réaliser des choses dont ils ne se seraient jamais sentis capables avant, raconte Christophe. A la fin, on avait qu’une envie, c’est de lui dire merci ».
 

Un investissement quotidien

Pour battre ce record, Romain s'entraîne depuis plusieurs années. Tous les matins, il se lève à 5 heures. Il effectue 100 km et 5.000 mètres de dénivelé par semaine. Sa passion lui prend beaucoup de temps – 15 à 20 heures par semaine - mais il tient avant tout à ce que qu'elle ne vienne pas entraver sa vie de famille. Un équilibre qu'il arrive à trouver grâce, notamment, à son métier d’enseignant qui lui accorde du temps libre. Ses enfants, Noé, 13 ans et Lola, 11 ans, sont d’ailleurs ses premiers supporters pendant la traversée. Ils tiennent à faire leur part pour aider leur père. Une présence dont Romain ne se serait pas passé « Il n’y aurait pas eu l’aventure sans les enfants », concède Christophe. Sa femme, Carole, est elle aussi très impliquée dans l'aventure. 

La traversée demande  beaucoup de préparation logistique en amont dont la recherche des sponsors. En effet, il faut pouvoir assurer divers frais comme la reconnaissance de l'huissier ou la nourriture. Il faut aussi s'occuper de la partie communication, réserver les gîtes, etc. Une trentaine d’amis sont là pour épauler Romain dans ces tâches.

La compétition est à présent finie, l’athlète marnais va avoir besoin de repos. Il lui faudra environ une semaine pour s'en remettre. Mais pas question de tout arrêter pour autant. Quelques jours de vacances s’annoncent aux côté de Christophe et de leurs conjointes respectives. Vont-ils courir ? Il concède : « ça ne va pas être possible de ne pas y aller ».

 

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