Reims : l'amour contrarié d'un couple mixte

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Écrit par IG avec AFP
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Reims : l'amour contrarié d'un couple mixte ©France 3 Champagne-Ardenne

Deux jeunes femmes étaient jugées ce matin au tribunal de Reims pour violences aggravées. Elles sont accusées d'avoir roué de coups leur cousine, lui reprochant de vouloir vivre avec un non musulman. La décision sera rendue le 17 novembre.

Elle est issue d'une famille marocaine musulmane. Lui est d'une famille catholique d'origine portugaise. Tous deux sont Français. Les deux jeunes gens, âgés de 22 ans, se voient en cachette pendant plus de deux ans. Puis décident de vivre ensemble. Elle écrit à sa famille pour lui annoncer qu'elle part de la maison. Une nouvelle qui passe mal auprès de ses proches.

Selon elle, sa famille la retrouve, la harcèle et la menace. Le 25 janvier dernier, elle tente de discuter dans un café de la place d'Erlon avec deux de ses cousines pour apaiser la situation. Mais la discussion tourne mal. Sur le parking des Promenades, elle est agressée violemment par ses cousines qui tentent de la faire revenir au domicile parental. Des violences que les deux cousines nient.

ITT de 10 jours

Un certificat médical établi après l'agression mentionne une ITT de 10 jours. L'amoureuse porte plainte pour les violences, mais aussi pour les menaces de mort que lui aurait proférées son père. Par peur des représailles, elle s'enfuit de Reims.

Ce jeudi 20 octobre au matin, cette jeune infirmière a fait face à ses deux cousines devant le tribunal correctionnel de Reims.
"Elle doit mener une vie clandestine dans une crainte totale", a affirmé Me Simon Miravete, avocat de la victime. "Je ne voulais pas revenir chez mes parents, je voulais rester avec mon conjoint", a déclaré la plaignante à la barre, affirmant que ses cousines avaient demandé à celui-ci de se convertir à l'islam.

Menaces répétées

Les prévenues, intégrées "tout ce qu'il faut" dans la société, selon leur avocat Me Daouda Diop, ont affirmé qu'elles considéraient la victime "comme une soeur" mais estimé au contraire que celle-ci était devenue hystérique et qu'il fallait la "protéger d'elle-même".

Les violences de ces "deux petits soldats" et les menaces répétées de plusieurs membres de la famille, en amont de l'altercation, posent la question de "la liberté d'une jeune femme qui veut vivre comme elle l'entend" tout en conservant sa religion, a dit Me Miravete.

La victime avait également mis en cause son père devant les enquêteurs, expliquant que durant la bagarre, joint au téléphone par ses cousines, il avait proféré des menaces de mort en arabe à son encontre. "Ma fille est une manipulatrice, quand on la voit on lui confierait le bon Dieu sans confession, mais elle est pleine de mensonges", s'est défendu le père, à l'issue de l'audience.

Trois mois de prison avec sursis requis

Le parquet a cependant décidé de ne poursuivre que les deux cousines, au casier judiciaire vierge."Nous ne sommes dans aucun dilemme culturel, encore moins dans une guerre de religion, mais dans un conflit familial qui oppose un père à sa fille", a tenté d'apaiser Me Diop.

Le parquet, qui a tenu à recentrer les débats sur des "éléments objectifs" sans verser dans "le choc des civilisations", a requis 3 mois de prison avec sursis et la réalisation d'un stage de citoyenneté pour "violence commise en réunion". Le jugement a été mis en délibéré au 17 novembre.

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