Reims : 300 travailleurs du médico-social dans la rue pour bénéficier du Ségur de la santé

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Écrit par Matti Faye
Flore Marsaux, psychomotricienne, était dans le cortège ce mardi 7 décembre à Reims.
Flore Marsaux, psychomotricienne, était dans le cortège ce mardi 7 décembre à Reims. © Matti Faye / France Télévisions

Autour de 300 travailleurs du secteur social et médico-social ont manifesté ce mardi 7 décembre dans la matinée à Reims (Marne). Un rassemblement devant la sous-préfecture place Royale pour réclamer notamment de bénéficier des revalorisations de salaire du Ségur de la santé, dont ils sont exclus.

"Pourquoi pour un même travail doit-on avoir une rémunération différente selon l'établissement qui nous emploie ?" Environ 300 personnes ont manifesté ce mardi 7 décembre en réponse à un appel national centré notamment sur la question de la rémunération.

Ces travailleurs du secteur social et médico-social veulent pouvoir bénéficier des revalorisations salariales acquises lors du Ségur de la santé. Pourtant, ils en sont pour l'instant exclus.

Ces éducateurs spécialisés, moniteurs éducateurs ou encore éducateurs de jeunes enfants exercent dans des établissements ou services d'aide par le travail (ESAT), des instituts médicoéducatifs (IME) ou encore dans des maisons d'enfants à caractère social (MECS).

"Après bientôt sept ans à l'IME, je suis payée 1 500 euros. Il y a des éducateurs dans le même type de structures que nous, dans le public, qui vont toucher la prime Ségur. C'est complètement injuste. On fait le même travail, on a les mêmes conditions à peu près", regrette Lisa Schnekenburger, éducatrice spécialisée à l'IME L'Éveil à Cormontreuil, près de Reims.

"On a eu la première prime de 1 500 euros, et depuis plus rien.", déplore Isabelle Martin, déléguée syndicale CGT et éducatrice spécialisée au sein des Papillons Blancs en Champagne.

"Nous aussi on a été concerné par le Covid, nous aussi on a travaillé pour nos usagers, dans nos accompagnements. Pourtant, on n'est pas valorisés comme on devrait l'être, poursuit-elle. Aujourd'hui, à diplôme égal, on a un salaire complètement différent du public quand on travaille dans le privé."

Le Ségur de la santé concerne nos collègues infirmiers, aides-soignants. Mais il ne concerne pas les éducateurs spécialisés, les moniteurs éducateurs, les métiers aussi des agents techniques, les agents administratifs. On voudrait tout simplement avoir la même revalorisation de salaire.

Isabelle Martin, déléguée CGT

Une attractivité remise en cause

La revalorisation permise par le Ségur atteint 183 euros par mois. Le fait que cette hausse ne s'applique pas à tous les métiers pèse sur l'attractivité du secteur. "On a de grosses difficultés de recrutement. On a des établissements où il manque quatre voire cinq personnes dans le personnel d'accompagnement sur des équipes de 15. Ce n'est plus possible", ajoute Isabelle Martin.

Flore Marsaux, psychomotricienne aux Papillons Blancs, fait partie de ceux qui devraient toucher la revalorisation décidée lors du Ségur en tant que personnel paramédical. Pourtant, elle a choisi de manifester ce mardi, car le salaire n'est pas l'unique revendication.

"On réclame plus de moyens humains. On se retrouve en sous-effectif, à faire des accompagnements avec des bouts de ficelle, confie celle qui accompagne des enfants autistes. Si on est dans ce métier, c'est notamment pour l'humain, pour le lien qu'on peut créer avec les personnes que l'on accompagne. C'est vrai que ce lien se trouve complètement dégradé. On en devient maltraitant de par ce manque de moyens."

D'autres rassemblements ont eu lieu en Champagne-Ardenne ce mardi, à Troyes (Aube) et à Saint-Dizier (Haute-Marne) notamment.

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