Reims : une trentaine de salariés de Castorama en grève, venus de Nancy, Metz et Thionville

Ce samedi 1er août, une trentaine de salariés de Castorama, issus des magasins de Thillois (Reims), Metz, Vandœuvre-lès-Nancy et Thionville se sont rassemblés devant l'établissement marnais. Ils accusent la direction d'avoir recalculé leur prime d'intéressement à leur insu.

Une trentaine de salariés venus du Grand Est ont manifesté devant le Castorama de Thillois, ce samedi 1er août
Une trentaine de salariés venus du Grand Est ont manifesté devant le Castorama de Thillois, ce samedi 1er août © Florence Morel / FTV
Et de quatre. Ce samedi 1er août, cela fera la quatrième journée que les employés de Castorama se mobilisent. En cause : leur prime d'intéressement trimestrielle, "dont la direction a changé un terme, explique Christophe Démon, délégué syndical CGT. Le plafonnement annuel a été changé par trimestriel." Un mot qui modifie considérablement le salaire. De 2,4 mois de salaire, la prime passe à 0,6 mois de salaire.
 

Cela fait perdre aux salariés 35 millions d’euros en tout en France alors que pour les salariés de Brico Dépôt, qui appartient au même groupe, les primes sont restées annuelles.

Christophe Démon, délégué syndical CGT

Le slogan des employés de Castorama ce samedi 1er août : "on ne peut pas se serrer la ceinture et baisser son froc en même temps"
Le slogan des employés de Castorama ce samedi 1er août : "on ne peut pas se serrer la ceinture et baisser son froc en même temps" © Grégoire Schott / FTV


Il faut dire que les employés gagnent en moyenne 1.500 euros brut par mois, soit à peine le SMIC. Les primes sont donc très attendues par les salariés. Pour l'heure, ils devraient en toucher une première équivalente à un mois de salaire pour le second trimestre. Mais selon Christophe Démon, les prochaines seront largement inférieures à celles de 0,6 mois (jusqu'au vendredi 31 juillet, les syndicats craignaient de ne toucher que 0,6 mois de prime). "Soit au minimum 100 euros de moins en moyenne par salarié", a calculé Gregory Cipriano. Autrement dit, au lieu des 3.600 euros espérés, ils ne toucheront que 900 euros, selon les estimations des syndicats, relève l'Alsace.

"La direction française a rompu le dialogue social", tranche Bruno Malécot, délégué syndical et secrétaire général des services de la Marne pour la CFDT. Et le représentant syndical d'ajouter : "On se relaie car on n’a clairement pas les moyens de faire grève. C'est difficile de faire grève, surtout cette année qui est difficile. Les collègues ont peur de sacrifier leurs salaires et leurs vacances."
 

Des grévistes venus de Metz, Nancy et Thionville

En plus des employés marnais, des salariés des magasins de Metz, Vandœuvre-lès-Nancy et Thionville sont venus prêter main forte. "On a ciblé ce magasin car il y a une bonne dynamique depuis le début et une directrice récalcitrante sur le droit de grève", argue Bruno Malécot. Après quatre journées de débrayage, les grévistes accusent la directrice du magasin de Thillois d'avoir fait "des remarques sur la distribution de tracts, leur disant qu'ils n'avaient pas le droit de le faire devant le magasin."

Les syndicats réclament que la prime d'intéressement soit prévue telle qu'elle avait été négociée initialement. "Ça va se finir au juridique, une action juridique au tribunal", déplore Gregory Cipriano délégué syndical CGT à Metz.
 
L'appel à la grève a été lancé par cinq syndicats : la CGT, la CFE-CGC, la CFDT, la CFDC et FO.
L'appel à la grève a été lancé par cinq syndicats : la CGT, la CFE-CGC, la CFDT, la CFDC et FO. © FM /FTV

Une modification de la prime que les syndicats n'expliquent pas. Selon eux, le chiffre d'affaires de l'entreprise est à la hausse : "+25% en mai et +33% en juin", pointent-ils sur les tracts. "Cela va être compliqué pour la direction, commente Grégory Cipriano. Avec ce refus du dialogue, on assiste à un durcissement du dialogue social dans les magasins."

Pour l'heure, les syndicats n'excluent pas un nouvel appel à la grève à la mi-août, durant la "Grande braderie", une opération commerciale d'envergure. Contacté par mail, le service presse pointe "une faible minorité de collaborateurs dans quelques magasins". Il rappelle la position du directeur de l'enseigne : "Pour récompenser l’engagement sans faille de nos équipes, nous avons pris une mesure forte : en 2020, nous verserons près d’un mois et demi de salaire au minimum – soit le niveau d’intéressement le plus élevé depuis 2012 – et jusqu’à deux mois si les résultats continuent d’être au rendez-vous au deuxième semestre."
 
Concernant les chiffres cités par les syndicats, il rappelle également : "Cet effort financier conséquent est la dernière proposition de l’entreprise, qui a fait face à un début d’année très difficile avec la crise Covid-19 : -52% de CA en mars et -69% en avril pour la France. Si l’entreprise a effectivement retrouvé une bonne dynamique, le retard n’est pas encore rattrapé. Castorama déplore le fait qu’une minorité fasse circuler de fausses informations, qui portent atteinte à l’entreprise et à l’ensemble des collaborateurs – ainsi, Castorama n’est absolument pas revenu sur l’accord d’intéressement et va au contraire au-delà de ses engagements en la matière."
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