TEMOIGNAGES : "on nous demande toujours de l'expérience, mais on ne nous donne jamais notre chance", s'inquiètent les jeunes à la recherche d'un emploi

La ville de Reims organisait ce mardi 16 janvier 2024, son deuxième Forum des métiers des jeunes engagés à l'Hôtel de ville. Plus de 140 jeunes qui effectuent leur service civique dans la cité des Sacres ou accompagnés par la Mission locale ont participé. L'occasion pour eux de rencontrer des professionnels et de découvrir des métiers. Et surtout de se rassurer sur leurs orientations professionnelles.

Cheyenne, Lise et Lilou restent groupées, au beau milieu de l'immense salle des fêtes de l'Hôtel de ville de Reims où se tient la deuxième édition du Forum des métiers des jeunes engagés. Les trois amies sont "impressionnées". "On n'ose pas s'approcher des stands pour l'instant !" nous confie Lise, 19 ans. "Mais on va y aller, on est venu pour ça !" assure-t-elle.

Lise, Cheyenne et Lilou : trois jeunes femmes engagées en service civique à la ville de Reims aux parcours bien différents.

Lise effectue son service civique au service environnement de la ville de Reims. En tant qu'ambassadrice du tri des déchets, elle intervient notamment dans les écoles, où elle coanime des ateliers pour sensibiliser les enfants au tri sélectif. Son bac esthétique en poche, Lise ne se voyait pas travailler en institut de beauté. Elle était perdue, elle ne savait que faire. C'est grâce à une connaissance qu'elle a postulée pour effectuer son service civique. "Cela me convient bien, parce que cela me laisse huit mois pour expérimenter divers métiers, rencontrer beaucoup de gens".

Mais la jeune fille ne sait pas encore si elle souhaite poursuivre dans cette voie. Elle se laisse le temps de la réflexion, elle craint de se tromper. "Avant, nos parents voulaient trouver un travail rapidement, même si ça ne leur plaisait pas. Notre génération est sûrement plus exigeante, on veut s'épanouir !" s'amuse la jeune fille.

Cheyenne est déterminée. Elle souhaite travailler dans l'organisation d'événements sportifs. Après sa licence en management du sport obtenue en juin dernier, elle a souhaité s'engager auprès de la Direction des sports de la ville de Reims. Elle est ambassadrice Terres de Jeux 2024", elle fait la promotion des jeux et du sport en général. "Une suite logique" pour la jeune femme de 21 ans. "Je voudrais faire un Master en alternance, parce que cela me permettrait de me confronter au monde du travail. Mais ce n'est pas évident de trouver une place car tout le monde veut faire une alternance maintenant. On veut tous étudier et gagner un peu d'argent !" explique la jeune femme.

"Je voudrais faire un Master en alternance, parce que cela me permettrait de me confronter au monde du travail. Mais ce n'est pas évident de trouver une place car tout le monde veut faire une alternance maintenant. On veut tous étudier et gagner un peu d'argent!"

Cheyenne, 21 ans

Lilou aussi sait ce qu'elle veut. Elle souhaite travailler dans l'édition. "Un milieu fermé, difficile" s'inquiète la jeune ardennaise qui sait que son parcours atypique peut effrayer les recruteurs. Si elle a toujours aimé la lecture, quand il a fallu choisir une orientation, elle s'est tournée vers les sciences, "un domaine plus sûr" pour elle. Mais ça ne lui plaisait pas. La jeune fille de 18 ans a quand même obtenu son BAC STAV (sciences et technologies de l'agronomie et du vivant), mais a voulu changer d'orientation.

"Parcoursup m'en a empêché en quelque sorte" se désole Lilou. "Toutes les formations que j'ai demandées m'ont été refusées au motif que je n'avais pas étudié les lettres au lycée. Comme si on n'avait pas le droit de se tromper !". Lilou ne se laisse pas abattre pour autant. Elle effectue son service civique en tant que "médiatrice du livre" à la médiathèque de Croix-Rouge "ça me rajoutera une bonne ligne sur mon CV", dit-elle, dans l'espoir que cette année, on lui donnera l'opportunité d'étudier les lettres. " C'est frustrant, on nous demande toujours de l'expérience, mais personne ne veut jamais nous donner une première chance, alors comment on fait ?"

C'est frustrant, on nous demande toujours de l'expérience, mais personne ne veut jamais nous donner une première chance, alors comment on fait ?"

Lilou, 18 ans

La Mission Locale accompagne les jeunes de 16 à 25 ans à la recherche d'un emploi

Lui est inscrit à la Mission Locale de Reims. Martin rêve de devenir footballeur professionnel. Le jeune gabonais de 22 ans joue comme ailier droit pour le Club de Challerange, un club en D4 dans les Ardennes. "Mais ça ne me permet pas de vivre, alors je cherche du travail. Je suis venu au forum grâce à la mission locale, pour voir ce que je peux faire, sans diplôme et sans abandonner mon rêve de percer un jour. Il me faut un travail qui soit compatible avec mes entraînements. Pourquoi pas vérificateur de titres de transports pour Transdev". Le jeune homme a "beaucoup de mal à se projeter" mais garde espoir. Il a déposé un CV.

Et de conclure : "on a de la chance en France, beaucoup de structures accompagnent les jeunes !"

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