Mastu, le Youtubeur aux 2.7 millions d'abonnés originaire de Saint-Dizier

Mastu, c'est un Youtubeur âgé de 22 ans originaire de Saint-Dizier (Haute-Marne). Dans sa vidéo du 29 août, on le voit sortir du carton des souvenirs de sa ville, et s'en amuser. Près de 2.7 millions de personnes suivent les vidéos de ce professionnel, qui travaille avec légèreté... et sérieux.

Dans sa dernière vidéo, le Youtubeur Mastu déballe des souvenirs récupérés à Saint-Dizier (Haute-Marne), où il  a vécu plus de quinze ans.
Dans sa dernière vidéo, le Youtubeur Mastu déballe des souvenirs récupérés à Saint-Dizier (Haute-Marne), où il a vécu plus de quinze ans. © Capture d'écran, Chaîne Youtube de Mastu
Dans ses vidéos, Mastu nous raconte avec humour sa vie de tous les jours. Théo, alias Mastu, est né en 1997 à Reims (Marne) et a vécu plus de quinze ans à Saint-Dizier (Haute-Marne). Certes, il s'en est aujourd'hui éloigné : il vit à Angers (Maine-et-Loire). Mais les vidéos de sa chaîne Youtube sont parfois l'occasion de redécouvrir des souvenirs bragards. C'est le cas de la dernière en date, publiée le samedi 29 août 2020. 

Dans cette vidéo où il déballe de vieux souvenirs (voir ci-dessous), le vidéaste redécouvre notamment son premier trophée Youtube. Il l'a obtenu lorsque sa chaîne a passé un cap : celui des 100.000 personnes abonnées. C'était en 2017. Aujourd'hui, elles sont 2.7 millions à suivre ses facéties. Nous avons cherché à savoir qui était Mastu, et pourquoi il rencontrait un tel succès. En demandant au principal intéressé, tout simplement. 
 
Autrefois, Mastu s'appelait Masturbatman. Un super-héros né de son esprit fertile et espiègle, combinaison de Batman et de... bref, vous voyez : l'humour du vidéaste est (ou était) parfois gras. Mais ce pseudonyme a été amputé pour respecter la bienséance exigée de Youtube. Une règle... quasi-professionnelle, sinon pas de rémunération. "Ces vidéos sur Internet, que je fais depuis trois-quatre ans, c'est mon activité." S'il en vit aujourd'hui, cela n'a pas toujours été le cas. On y reviendra.

Plus jeune, Théo, qu'on ne connaît pas encore comme Mastu, veut devenir vétérinaire. On le pousse à faire un baccalauréat scientifique. "Ça ouvre des portes, qu'ils disaient..." Il l'obtient malgré un 2 en mathématiques. Une note qui lui vaudra la une du Journal de la Haute-Marne (vous pouvez lire l'article issu des archives du JHM), sa vidéo où il raconte l'anecdote ayant "fait le buzz", pour citer l'article (qui n'est plus consultable en ligne). 
 

Faire rire les gens au lieu de soigner les animaux

Cette note douche quelque peu son ambition de s'occuper des labradors ou des gerbilles. Il tente alors la faculté de biologie de Nancy (Meurthe-et-Moselle)... mais arrête au bout de cinq mois. Pas son truc. À ce moment-là, il a commencé ses vidéos il y a peu. Mais il n'est alors pas très suivi. "Le résultat était assez nul. Mais arrêter mes études m'a permis ensuite de faire de meilleures vidéos. J'étais confronté au premier échec de ma vie, je n'avais jamais redoublé. C'est pour ça que je me suis réfugié là-dedans. Pour passer le temps. Et en un an, je suis passé de zéro... à 100.000 abonnés."

Après ça, il veut reprendre des études, et tente un diplôme universitaire de technologie (DUT) de métiers du multimédia et de l'Internet (MMI) à Dijon (Côte-d'Or). "Je me disais : ça me passionne, alors je vais faire des études avec ça. Et... j'ai encore arrêté après cinq mois." Mastu prend alors le risque d'arrêter une seconde fois ses études. Honnête et transparent, il rend sa bourse universitaire, conscient qu'il ne pourra plus la récupérer. "C'était un pari risqué. Je me disais : je suis débile, ou je suis courageux ?" Il s'acharne alors pendant six mois à faire ses vidéos.
 

Je les fais rire, leur offre un bon moment... Rentrer dans le quotidien de quelqu'un de bonne humeur, c'est cool et relaxant.

Mastu, vidéaste


Tout s'envole avec celle filmée au volant de son véhicule (il ne tient pas le téléphone en conduisant : il est posé). Elle explose. "J'écoutais une chanson paillarde, fenêtres ouvertes. Je m'arrête à côté d'une voiture d'auto-école. L'élève passe son permis, il est en sueur. Et l'examinateur se met à danser en rythme..." Très reprise sur les réseaux sociaux, la séquence fait connaître Mastu. Le chemin du succès est tracé devant lui, et ne s'arrêtera plus.

Le nombre de fans monte. Chaque vidéo est vue entre un et deux millions de fois, à peine une semaine après sa sortie. Pourquoi ? Il l'ignore. "Je crois que j'étais là au bon moment. Je les fais rire, leur offre un bon moment... enfin j'imagine. J'espère que je leur fait oublier leur quotidien. Avant tout ça, quand je revenais de mes huit heures de cours, rentrer dans le quotidien de quelqu'un de bonne humeur, c'était cool et relaxant. C'était un moyen de s'évader. Et j'ai voulu faire pareil."
 

Derrière les rires, beaucoup de sérieux

On pourrait penser que Mastu se contente de faire le pitre devant sa caméra avant d'attendre que les vues se multiplient. C'est bien plus sérieux. Il lui faut réfléchir aux idées, assurer le tournage (une à deux heures), exporter les rushes et les monter (entre dix et douze heures), réaliser une miniature (image d'illustration), éditorialiser la vidéo... "La miniature, par exemple, c'est sur Photoshop. Si on ne s'y connaît pas, c'est difficile au début." Le rythme de publication : une vidéo par semaine. C'est plus compliqué qu'il n'y paraît. 

Mais le résultat ravit ses fans... et lui permet de payer ses factures. "Les marques viennent voir Youtube pour diffuser des publicités dans les vidéos qui respectent les règles. Cela s'appelle la monétisation [quand ça fonctionne bien; ndlr]. Ou alors les marques viennent me voir directement pour proposer un partenariat, pour que j'en parle. Et je ne l'ai jamais caché : tout est déclaré, tout est bien." On n'est donc pas bien loin d'une publicité pour des céréales passant entre deux parties d'un Joséphine Ange-Gardien, par exemple.
 

Une maman en or

Les fans qui suivent la chaîne sont "très respectueux, gentils, bienveillants", souligne Mastu. Même quand leurs routes se croisent en vrai. Et il ne s'agit plus forcément d'un jeune public. "J'étais chez l'opticien, il y avait une conversation professionnelle depuis 20 minutes. Il me propose des lunettes anti-lumière bleue, je réponds que ça m'intéresse sans préciser pourquoi. Et là, il demande si c'est pour le montage de mes vidéos..." Son public, il en est donc très content. "Ça fait vraiment plaisir de se sentir soutenu. Mais c'est aussi déroutant, d'imaginer la situation si tous ces fans étaient là, devant moi."
 

La mère de Théo l'a soutenu dans son activité de vidéaste.


Celle qui est aux premières loges, c'est en tout cas la mère de Théo. "J'ai la meilleure maman du monde pour ça. Elle me dit tout le temps qu'elle est très fière. Elle ne m'a jamais empêché de faire ce que je voulais, elle a respecté mon choix d'arrêter mes études. Et elle était là pour moi lorsque j'avais des coups de mou." Le vidéaste aime faire des vidéos, et compte poursuivre son activité. Mais il pourrait aussi diffuser un jour des morceaux de musique de sa composition : sa nouvelle passion depuis peu. Ou s'essayer au manga, autre passion qui le suit depuis toujours, même s'il n'a aucun projet arrêté (c'est plutôt une idée). Gageons que sa mère sera la première à écouter ou lire le résultat. 
 
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