COVID-19 : la crainte d’une multiplication des fermetures d'établissements scolaires, "c’est l’incertitude absolue. Nous ne savons pas où nous allons"

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Écrit par Le Goff Vincent
La vague Omicron fait craindre une fermeture des établissements.
La vague Omicron fait craindre une fermeture des établissements. © France Télévisions

La contagiosité du variant Omicron fait craindre une circulation massive du Covid-19 dans les écoles. Illustration en Lorraine où les syndicats s'inquiètent des conditions de travail du personnel et des élèves.

C’est un avenir incertain pour le corps enseignant en Lorraine. L’Académie de Nancy-Metz a dressé la situation des établissements scolaires face au Covid-19, vendredi 7 janvier 2022. Au total, neuf écoles sont fermées dans la région. Le rectorat indique que les collèges et les lycées ne sont pas concernés.

"Ce que nous constatons, c’est une multiplication des absences d’élèves", assure Bruno Henry, secrétaire du syndicat SNES-FSU de l’Académie Nancy-Metz. "Nous sommes dans l’incertitude absolue. Nous ne savons pas où nous allons. Je ne sais pas combien de temps les établissements vont pouvoir tenir".

Depuis le 3 janvier 2022, 2.856 élèves ont été déclarés positifs au Covid-19. Du côté des personnels, l’Académie enregistre 193 cas confirmés. "Le protocole actuel est fait pour ne pas fermer les classes. Il faut un nombre important d’élèves pour en arriver là", détaille Bruno Henry.

S’adapter aux mesures sanitaires

Le nouveau protocole a subit son premier assouplissement, le 6 janvier. Désormais, les classes ne doivent plus fermer en cas de cas positif. Les jeunes de plus de 12 ans, bénéficiant d'une vaccination complète, peuvent continuer à étudier en présentiel, comme l'ensemble des enfants de moins de 12 ans. Ils doivent cependant réaliser un test PCR ou antigénique immédiat négatif.

Le plan sanitaire mis en place est censé ne pas permettre la fermeture des établissements.

Bruno Henry, secrétaire du syndicat SNES-FSU de l’Académie Nancy-Metz.

"Le plan sanitaire mis en place est censé ne pas permettre la fermeture des établissements", explique Bruno Henry. Pour le professeur d’histoire-géographie à Metz, "il y a quand même de l’exaspération de la part des enseignants et des parents d’élèves. Plusieurs familles se plaignent forcément. Elles doivent gérer leurs enfants de manière improvisée. Le matin, elles ne savent même pas si des enseignants seront présents".

Le protocole sanitaire à l’école reste au niveau 3. Les collèges et les lycées sont maintenus au deuxième niveau. Depuis le 9 décembre, les élèves et le personnel des écoles primaires doivent porter le masque non seulement en intérieur, mais aussi en extérieur.

Renforcer les équipements

Les services du rectorat indiquent que l’éducation nationale a commandé 55 millions de masques chirurgicaux. Les premières livraisons sont prévues dès la mi-janvier. "Nous demandons cela depuis dix-huit mois. Il faut donner la possibilité aux personnels et aux élèves de disposer de masques", ajoute Bruno Henry.

Les réunions parents-prof doivent désormais se tenir à distance. La prise de café debout en salle des profs est également proscrite. "Depuis le début de la crise, nous nous rendons compte que les autorités n’ont pas conscience de la réalité du terrain. Par exemple, les dispositifs d’aération n’existent pas en réalité".

Il existe des aggravations d’accueil. Les autorités veulent maintenir les écoles ouvertes, mais souvent il manque des enseignants.

Nicolas David, secrétaire au Syndicat mixte de la Multipole Nancy Sud Lorraine (SUD).

En Lorraine, le recrutement de contractuels ou de vacataires va être renforcé. Les médiateurs LAC dédiés aux campagnes de dépistage par tests salivaires seront également mobilisés. "Que ce soit dans les écoles, collèges ou lycées, le remplacement du personnel est très compliqué", tempère Laurence Burger, co-secrétaire au Syndicat mixte de la Multipole Nancy Sud Lorraine (SUD).

Pour le groupe qui représente treize intercommunalités, la solution est d’appliquer un plan d’urgence. "Il existe des aggravations d’accueil. Les autorités veulent maintenir les écoles ouvertes, mais souvent il manque des enseignants", précise Nicolas David, membre du même syndicat.

Le souci des enseignements pédagogiques

L’Académie de Nancy-Metz explique que les conditions d’enseignement présentiel / distanciel vont être précisées ultérieurement, sans imposer aux professeurs deux formes d’enseignements parallèles. "Il est urgent de revoir les enseignements. Les épreuves du bac en mars sont une grosse inquiétude pour les enseignants. Nous entendons plusieurs personnes qui souhaitent les décaler à juin", signale Laurence Burger.

Une grève dans toute la France est prévue jeudi 13 janvier. Les syndicats enseignants, SE-Unsa et Snuipp-FSU, sont à l’initiative de la mobilisation. Ils dénoncent les mesures prises par le gouvernement dans les établissements scolaires pour lutter contre le Covid-19.

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