Histoires 14-18 : la valse des généraux

Le maréchal Joffre en revue des troupes / © Copyright Pathé Gaumont
Le maréchal Joffre en revue des troupes / © Copyright Pathé Gaumont

Laurent Parisot est au Palais des gouvernement. La pièce,  avec son bureau Ecole de Nancy signé Louis Majorelle,  était le coeur de l’état-major du XXème Corps à Nancy… C’est dans ce genre de décor cossu que s’est livrée une bataille feutrée mais qui fit beaucoup de victimes à l’été 1914…

Par @France 3

Les défaites françaises lors de la bataille des Frontières entre le 19 et le 23 août 1914 sont suivies d’une « valse des généraux».

Le Ministre de la Guerre Messimy ordonne au général Joffre, commandant en chef de l’armée française, de relever de leurs fonctions plusieurs officiers de haut rang considérés comme responsables de ces échecs.
L’ordre est suivi d’effet immédiatement… mais sans indication de lieu d’assignation pour les généraux défaillants. Le ministre craignait qu’en restant à Paris, ils puissent faire jouer leurs amitiés politiques ou journalistiques.
Finalement Limoges, siège de la 12éme région militaire, est choisie.

L’expression « limogeage » vient de naître!

Ce renouvellement du commandement avait en fait débuté bien avant la guerre.
A la tête de l’état-major depuis 1911, Joffre, avait constaté l’incapacité de certains généraux à diriger des manoeuvres, prenant mal en compte le terrain ou ne sachant pas combiner infanterie et artillerie efficacement.

Les considérations politiques étaient également présentes :

des officiers auraient bénéficié de promotions plus du fait de leurs convictions anti cléricales que de leur compétence dans une France qui avait connu, quelques années auparavent, la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Pendant les cinq premiers mois de la guerre, 162 généraux sont limogés… Même si la grande majorité n’a jamais vu Limoges!
Certains estiment ne pas avoir démérité. Ils dénoncent les méthodes de Joffre qui n’a pas pris la peine de les prévenir. Et ajoutent que lui aussi aurait du être mis à pied.

Il connaîtra la disgrâce en 1916 mais sera élevé à la dignité de Maréchal de France.

Il a su mener une « modernisation » à marche forcée de l’Armée française qui n’avait jamais connu de tels changements aux plus hauts sommets de sa hiérarchie…

Histoires 14-18 : La valse des Généraux
Source archives : Pathé Gaumont - France 3 - L. Parisot


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