Nancy : repérer les tiques dans vos jardins et signalez-les

Afin d'identifier le risque de piqûre de tique dans les jardins, l’Institut national de recherche pour l’agriculture (INRAE) lance un appel à volontaires pour le projet TIQUoJARDIN. Les tiques sont présentes partout en France. La région Grand Est est la plus touchée par le phénomène.

Les tiques sont susceptibles de transmettre des maladies. En France c'est dans le Grand Est qu'elles sont le plus présentes.
Les tiques sont susceptibles de transmettre des maladies. En France c'est dans le Grand Est qu'elles sont le plus présentes. © Julien Marchand pour France télévisions

En collaboration avec l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), l' Institut national de recherche pour l’agriculture (Inrae) met en place, à partir du mercredi 5 mai et jusqu'au 11 juillet 2021, TIQUoJARDIN, une grande étude locale sur les tiques. Vous pouvez vous y inscrire dès à présent (sur ce lien).

Ces acariens, qui, dans certains cas, transmettent la maladie de Lyme, sont présents partout en France, y compris dans les jardins privés. Dans un communiqué, l’Institut national de recherche pour l’agriculture et l’environnement précise "qu'une forte hausse des piqûres de tiques a été signalée dans les jardins au printemps 2020 dans le Grand Est"

Mieux cerner les risques infectieux

Dans une description assez simple, les tiques ont quatre paires de pattes, mais pas d’ailes ni d'antennes. Elles ne sont pas des insectes. "L’échantillon est encore petit, mais il donne une idée de la représentation du nombre de tiques porteuses de pathogènes à l’échelle des régions, ce qui était impossible auparavant", explique Pascale Frey-Klett, directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture et l’environnement à Nancy.

Le risque varie selon les saisons et les régions.

Pascale Frey-Klett, directrice à l'Inrae

Les résultats du programme ont révélé, dès 2017, que "28% des piqûres déclarées avaient eu lieu dans un jardin privé", explique Jonas Durand, ingénieur et co-responsable du projet Citique. "Un pourcentage qui grimpe pendant le confinement de mars et avril de l'année dernière jusqu'à 47%. Les gens restaient confinés chez eux, dans leur jardin et ils ne pouvaient pas aller à plus d’un kilomètre. C'est ce que l’on appelle le risque de proximité", ajoute Jonas Durand.

Il faut arracher la tique sans attendre, y compris avec les ongles si on ne dispose pas d’un tire-tique. Le risque de transmission de la bactérie augmente avec la durée d’exposition.

Pascale Frey-Klett

Ainsi, l'étude montre que 15 % des tiques sont porteuses de Borrelia burgdorferi sensu lato, la bactérie responsable de la maladie de Lyme, "qui se manifeste le plus souvent par une plaque rouge en forme de cercle. C'est le premier symptôme le plus fréquent", explique Jonas Durand.

La maladie de Lyme est une zoonose

Une zoonose est une maladie infectieuse transmissible de l’animal à l’être humain. Marylène Pilloy est pharmacienne à Saulxures-les-Nancy. Elle a fait sa thèse les zoonoses. Elle insiste sur l’importance du risque de proximité : "on ne le sait peut-être pas, mais les piqûres ne surviennent pas uniquement en forêt ou dans les parcs publics".

La prévention de la maladie Lyme dans la région est nécessaire et importante.

Marylène Pilloy, pharmacienne

Marylène Pilloy explique que "la tique va mordre un être humain et va transmettre la bactérie. Le problème, c'est qu' ensuite en vous grattant vous allez vous infecter encore plus". Elle ajoute : "la bactérie est présente dans les glandes salivaires et ensuite c'est la tique qui se fixe sur nous tel un marteau piqueur pour passer la barrière de la peau".

© Jonas Durand pour Citique

Ce nouveau volet du programme CiTIQUE essaye de cibler de manière expérimentale les jardins privés des communes du Grand Nancy.
"Le projet est ciblé autour de Nancy et le principe est simple : à l’aide d’un kit de prélèvement et de sensibilisation, les habitants qui possèdent un jardin d’au moins 100 m2 ou qui fréquentent régulièrement des jardins collectifs, pourront participer au projet local". Il s’agit de caractériser les risques liés aux tiques sur le territoire de la Métropole du Grand Nancy.

Les signalements sont recueillis grâce à l’application gratuite "Signalement Tique" sur laquelle sont transmises les informations sur le contexte de la piqûre avec des photographies.

Un webinaire de présentation est organisé à destination de tous les citoyens volontaires au niveau local le mercredi 5 mai à 18h30. Inscription obligatoire sur ce lien pour la présentation de TIQUoJARDIN.
 

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