Pont-à-Mousson: les élus lorrains signent le livre blanc du Grenelle des mobilités et ses neuf engagements

A31 saturée, TER congestionné, le quotidien des lorrains et des travailleurs frontaliers au Luxembourg n’est pas une sinécure. La signature du livre blanc du Grenelle des mobilités, mercredi 24 novembre, a pour ambition d’apporter des solutions d'ici dix ans.

L’écrin monumental de l’abbaye des Prémontrés à Pont-à-Mousson est à l’image de l’ambition des élus lorrains en matière de transport. Autoroute A31 saturée, transport express régional congestionné, le quotidien des lorrains et des travailleurs frontaliers au Luxembourg vire de plus en plus au cauchemar.

La signature du livre blanc du Grenelle des mobilités en Lorraine, mercredi 24 novembre 2021, a pour ambition d’apporter des solutions à moyen terme. Le sillon mosellan, d’Epinal à Luxembourg est à la fois l’épine dorsale du transport régional et son chemin de croix. Suivant l’adage "on est mieux servi par soi-même", les élus lorrains, usagers et grands opérateurs travaillent depuis deux ans à l’élaboration d’un plan de réorganisation des mobilités.
Vaste programme qui repose sur neuf engagements.

Parmi les projets phares : la mise en service d’un Réseau express Métropolitain (REM). Calqué sur le modèle du RER francilien, il permettra d’augmenter la cadence : Un train toutes les sept minutes trente entre Thionville et Luxembourg et toutes les dix minutes entre Metz et Luxembourg.  

Deux milliards d'euros

Jean Rottner le président de la Région Grand Est, souligne l’importance de l’effort : "C’est un engagement considérable de deux milliards d’euros pour une seule ligne, c’est inédit en France".
 

Mathieu Klein le président de la Métropole du Grand Nancy salue l’ambition et rappelle qu’il est temps de prendre le problème à bras-le-corps car cela fait 40 ans que les Lorrains subissent la congestion quotidienne des TER: " Il faut accélérer les liaisons face à l’augmentation du trafic pendulaire. Le REM répond à ce besoin." 
Les élus considèrent cette ligne comme la colonne vertébrale pour les années à venir. 

Les investissements sont lourds explique le représentant de SNCF-Réseau : renforcement de l’alimentation électrique, rationalisation des plans de voies, suppression des passages à niveau, construction de trois centres de maintenance. Quant au matériel roulant, pour atteindre la cadence souhaitée, il est indispensable d’investir comme pour le RER B francilien dans des rames à conduite automatisée.

Augmenter la capacité de transport de 50 %

En attendant le REM, il est indispensable d’augmenter les capacités de l’infrastructure existante.

En coopération avec le Luxembourg, la cadence va passer à court terme de six à dix trains par heure. La suppression du goulot d’étranglement avec le doublement de la voie à Bettembourg rend ce cadencement possible. Les TER seront composés de trois rames au lieu de deux ce qui augmentera la capacité de transport de 50 %.

SNCF-Réseau va allonger la longueur des quais des gares entre Nancy et Luxembourg à 250 mètres. Les travaux débuteront en mars 2022, pour une mise en service progressive jusqu’en 2024.

Augmenter le trafic tout en "décarbonant" 

Autre défi d'envergure des engagements du livre blanc: résoudre l’équation : augmenter le trafic tout en "décarbonant". Pour les élus, gagner le pari du transport d’ici dix ans impose aussi un changement de mentalité.

David Valence, vice-président de la région Grand Est chargé des transports insiste sur ce point : "avant la priorité c’était l’aménagement du territoire, aujourd’hui c’est la décarbonation."  Position relayée par François Grosdidier, le président de l’Eurométropole de Metz : "Il faut déplacer les usagers mono-automobilistes vers les transports en commun." Le Réseau express Métropolitain peut être un outil de décarbonation, à condition de rendre toutes les gares du sillon mosellan accessibles aux mobilités douces et sécurisées.

Jacques Weill, directeur régional SNCF Mobilités, détaille les solutions qui peuvent rapidement être mises en œuvre à moindre coût : "rendre les gares attrayantes, les raccorder à des pistes cyclables, améliorer la signalétique et la sécurité." Dans la résolution du gigantesque défi du transport, les élus lorrains ont donc décidé de jouer collectif.

Ils entendent aussi profiter du bon timing afin d’obtenir l’engagement de l’Etat dans le cadre du prochain contrat de plan Etat-Région qui débutera en 2023. Un comité de suivi se réunira tous les ans afin de contrôler le bon avancement des travaux pour une mise en service effective du Réseau express Métropolitain en 2035.
 

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