La colère des usagers de l’hôpital du CHRU de Nancy ne retombe pas, une nouvelle mobilisation contre les tarifs des parkings a eu lieu ce mardi 6 février 2024. A Metz aussi, les syndicats de l'hôpital de Mercy sont vent debout contre des tarifs "scandaleux".

Des prix plus accessibles pour les parkings du CHRU de Nancy, c'est la revendication principale des usagers de l'hôpital de Nancy. Ils se sont réunis une nouvelle fois devant l'établissement de Brabois pour exprimer leur mécontentement, ce mardi 6 février 2024.

Des tarifs de parking toujours trop élevés

Devant les grilles de l'hôpital, une vingtaine de patients, visiteurs ou simples usagers, ont répondu à l'appel lancé par l’Association citoyenne Nancy Sud. Parmi eux, Mauricette Fève qui mène ce combat depuis des mois. Cette dame de 69 ans qui a travaillé dans l'humanitaire, a du mal à accepter les tarifs de parking pratiqués sur le site hospitalier.

On ne va pas à l’hôpital pour faire des achats. C'est déplacé. C’est inhumain !

Mauricette Fève, usager du parking du CHRU

"Nous avons adressé un courrier aux maires, aux députés et à la direction de l’hôpital. Nous savons que nous n’obtiendrons plus la gratuité, mais nous voulons des ajustements des prix. Notre pétition a récolté 1300 signatures contre le racket du parking payant. C'est inadmissible", se désole la sexagénaire.

Depuis le 13 mars 2023, les parkings du CHRU de Nancy, sont gérés pour une durée de 20 ans par Q-Park, une société privée. Dès le début de l'exploitation, les tarifs ont suscité l'indignation des usagers. Une première mobilisation a eu lieu en avril 2023. Suite à cela, la direction avait revu la grille tarifaire et une dépose minute gratuite était mise en place pour faciliter l’accès aux unités de soins.

Pour les usagers, les tarifs restent néanmoins trop élevés. L'association citoyenne Nancy Sud réclame la gratuité pour tous les patients, ainsi que "des tarifs fixés à 2 euros par jour maximum le week-end".

Les syndicats FO et CGT ont rejoint le mouvement de contestation. Pour l'heure la direction de l'hôpital ne souhaite pas s'exprimer.

Des tarifs prohibitifs également à Metz

Les hôpitaux de Metz, le site de Mercy et celui de Bel Air, sont également gérés par une société privée EFFIA. Malgré des prix prohibitifs dénoncés par le syndicat SUD Santé, les parkings sont souvent saturés. 

"C’est scandaleux de faire payer les patients et les visiteurs. On est dans un service public, c’est son rôle. Certaines personnes n’ont pas les moyens. Ce sont des gens qui viennent pour se faire soigner durant des semaines ou des mois. C’est aberrant", explique Cyrille Louis, délégué syndical SUD Santé.

"Par petits bouts, l’hôpital public disparaît, grignoté par le secteur privé. Pour nous, ça doit être gratuit, on n’a pas à réaliser des bénéfices dessus. Une gestion avec des barrières pour réguler, nous ne sommes pas contre, mais là c’est une double peine pour les personnes qui viennent à l’hôpital", continue le délégué syndical de Moselle.

Une action commune au niveau national est envisagée dans les mois à venir par des usagers scandalisés partout en France.