Tata Steel Hayange : où vont les rails ?

L'usine sidérurgique - une des rares qui se portent bien en Lorraine - est à vendre depuis plusieurs mois. Le fonds d'investissement britannique Greybull Capital est en négociation exclusive avec le vendeur, l'indien Tata. Les intentions réelles du candidat à la reprise sont pour l'instant vagues.

Mercredi 6 décembre, Marc Meyohas, fondateur de Greybull Capital, est venu à Hayange. Il y a rencontré les responsables de Tata Steel Europe, qui semblaient séduits, à l'image de Gérard Glas, directeur pour la France.
Il a aussi rencontré des représentants des salariés pour les rassurer. Car Greybull Capital, fondé il y a cinq ans à peine, n'a pas le profil d'un sidérurgiste. Dans le portefeuille du groupe, une chaîne de magasins, des jeux vidéos, un cabinet d'ingénierie... De là à soupçonner un de ces investisseurs qui jonglent entre acquisitions et reventes, à la recherche de plus-values rapides... 
Les explications d'Emmanuel Bouard et Eric Molotzoff :

Incertitudes à l'usine d'Hayange ©France 3 Lorraine
Mais la vente n'est pas encore sur les rails. Car l'Etat a son mot à dire. Mardi, les représentants de Greybull Capital ont rendez-vous dans le cabinet de Macron, à Bercy. Car le rail est considéré comme secteur stratégique par la France. Selon le "décret Alstom" de mai 2014 (signé Montebourg) le groupe britannique doit obtenir l’autorisation de racheter l’usine à rails. Et donc dévoiler son projet industriel. 

Droit d'alerte?

Les syndicats ont demandé à Greybull Capital de leur fournir ces mêmes documents avant le 18 janvier, en vue d'un comité d'entreprise le 28 à Hayange, En cas de refus de GreyBull Capital, ils pourraient déposer un droit d’alerte et se faire assister d’un expert : c’est le seul moyen légal pour les salariés d’obtenir des informations fiables sur les intentions de l’acheteur.
Lors de la précédente tentative de rachat (par Gary Klesch), un droit d’alerte avait été demandé par le CE. Le candidat avait jeté l'éponge.