L'école inclusive à la recherche de la bonne formule, "l'inclusion OK mais pas n'importe comment"

Le recteur de l'académie Nancy-Metz Richard Laganier s'est rendu lundi 19 février 2024 au collège les Gaudinettes de Marange-Silvange en Moselle pour faire le point sur une expérimentation menée dans cet établissement concernant l'école inclusive.

Visite de terrain lundi 19 février 2024 sur le thème de l'école inclusive pour le recteur d'académie Richard Laganier qui s'est rendu au collège les Gaudinettes à Marange-Silvange en Moselle. Au programme, la découverte d'une classe de 6ᵉ où des élèves de l'Institut médico-éducatif (I.M.E) sont accueillis puis un temps d'échange sur le thème de l'inclusion dans l'établissement. Selon le recteur, cette expérimentation est le reflet de tout le travail engagé dans ce domaine et cela commence à porter ses fruits : "Il se trouve que dans ce collège, il y a une inclusion des dispositifs I.M.E avec ceux de l'Éducation nationale ce qui permet un meilleur apprentissage des élèves et une meilleure scolarité." 

Il ne faut pas oublier d'où l'on vient. Il y a encore quelques années, il y avait quelques 235 000 élèves qui n'étaient pas en accompagnement éducatif au sein de notre système scolaire

Richard Laganier, recteur de l'académie Nancy Metz

D'après les chiffres communiqués par le rectorat, en Lorraine, 2 400 élèves en situation de handicap sont scolarisés en établissement médico-social et 15 488 élèves en milieu ordinaire dont un peu plus de la moitié bénéficient d'un accompagnement humain. "Il ne faut pas oublier d'où l'on vient" rappelle Richard Laganier, le recteur de l'académie Nancy-Metz. "Il y a encore quelques années, il y avait quelque 235 000 élèves qui n'étaient pas en accompagnement éducatif au sein de notre système scolaire. Aujourd'hui, avec une démarche d'école inclusive, on rapproche les élèves de notre système éducatif et le souhait du président de la République, c'est de trouver une meilleure articulation entre les instituts spécialisés et l'Éducation nationale."

Sur le papier, tel que décrit sur le site du ministère de l'Éducation nationale, "l'école inclusive vise à assurer une scolarisation de qualité pour tous les élèves. Le droit à l'Éducation pour tous les enfants, quel que soit leur handicap, est un droit fondamental". 

Dans la réalité, cette belle promesse doit faire face à de réelles difficultés d'applications que les syndicats ne cessent de rappeler. 

Pour beaucoup de collègues, l'inclusion, c'est source de difficultés. On se retrouve avec des élèves qu'on n'arrive pas à inclure, à accompagner de façon satisfaisante. C'est le premier motif de difficultés des personnels enseignants

Bruno Henry, secrétaire du SNES-FSU

"C'est une bonne chose l'inclusion, car c'est vecteur d'égalité. Donc l'inclusion OK mais pas n'importe comment" explique Bruno Henry, secrétaire du SNES-FSU. "D'un côté, il faut garder les institutions spécialisées et ouvrir davantage de places. De l'autre côté, les A.E.S.H (accompagnants d'élèves en situation de handicap) sont en nombre insuffisant, d'autant plus qu'il y a davantage d'élèves à prendre en charge. Du coup, pour beaucoup de collègues, l'inclusion, c'est source de difficultés. On se retrouve avec des élèves qu'on n'arrive pas à inclure, à accompagner de façon satisfaisante."

Encore faut-il selon ce responsable du SNES-FSU leur donner un statut à part entière. "Un statut oui, une formation et un véritable salaire car ce sont des femmes à 95% à temps partiel qui ont des rémunérations très faibles. Malheureusement, le projet du gouvernement, c'est de remplacer ces A.E.S.H par des accompagnants à la réussite éducative qui est un mélange entre les A.E.S.H et les surveillants. Mais ce sont deux métiers complètement différents."

Une chose est certaine, tous les acteurs s'accordent pour dire que les enseignants ont un besoin de formation continue pour aider à la scolarisation d'élèves aux handicaps et aux profils différents.