Lorraine : un tiers des oiseaux disparus dans la région depuis 30 ans, "ces espèces sont menacées"

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Écrit par Le Goff Vincent
La population des oiseaux, comme les moineaux "des villes", est en baisse générale.
La population des oiseaux, comme les moineaux "des villes", est en baisse générale. © Isabelle Guyader / FTV

La population d’oiseaux s’est effondrée depuis le début des années 1990. En Lorraine, les associations tentent de trouver des solutions pour les sauver.

L’alerte est lancée. Au printemps 2021, le CNRS et le Muséum national d’Histoire naturelle ont annoncé une chute de la population d’oiseaux en France. Selon eux, elle a fortement diminué depuis le début des années 1990.

La Lorraine enregistre une perte de 30%. "C’est un constat général que nous partageons. Ces espèces sont menacées", détaille Daniel Pernet, membre de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) de Moselle. Depuis 1990, il travaille avec son épouse, Silvia Pernet, au sein de l’association.

La LPO Moselle compte environ 800 adhérents, répartis sur l’ensemble du département. Le but est de protéger les oiseaux et la biodiversité. "Il y a plusieurs facteurs de disparition comme l’urbanisation", explique Silvia Pernet, "les oiseaux perdent leur habitat".

Un travail de prévention

Les bénévoles affirment que plusieurs espèces sont touchées. Parmi elles : les martinets, les hirondelles ou les moineaux. "Le Busard cendré suscite des inquiétudes également. C’est un rapace qui niche dans les céréales agricoles. Il faut les trouver avant la moisson, sinon ils sont broyés", alerte Silvia Pernet.

Il faut nous avertir. Nous pouvons agir

Daniel Pernet, bénévole à la LPO Moselle

"Nous avons déjà vu trente à quarante nids sur un immeuble. D’un coup, il y a des rénovations qui sont faites et ils sont détruits", raconte Daniel Pernet. "Il faut nous avertir. Nous pouvons agir. Par exemple, nous posons des nichoirs dans les clochers et nous pouvons travailler avec des promoteurs pour en installer dans les habitations".

La LPO sensibilise les jeunes sur la protection des espèces. Plusieurs animations scolaires sont organisées, notamment dans des établissements agricoles à Pont-à-Chaussy (Moselle). "Les particuliers ont aussi un rôle à jouer. Beaucoup de personnes n’ont pas conscience de ce problème", ajoute Silvia Pernet.

Les solutions alternatives sur le long terme 

"C’est triste à dire, mais nous avons beau avoir des plans nationaux pour agir sur les espèces, cela nous dépasse complètement", regrette Guillaume Leblanc, bénévole à Lorraine Association Nature. Le collectif a été créé en 2009. Il est basé à Champougny (Meuse).

Pour le bénévole de 41 ans, "il faut aussi diminuer les pesticides dans le domaine agricole ou encore réhabiliter les friches pour les animaux".

L’association est installée dans une habitation écologique au cœur de la nature. Elle réalise plusieurs aménagements pour protéger les espèces. "Il y a plein de choses qui se mettent en œuvre dans notre association. Nous implantons des haies, restaurons des mares. Nous participons également aux enquêtes sur les oiseaux".

Entre 1989 et 2019, plusieurs bénévoles ont suivi l’évolution des 123 espèces d’oiseaux avec le programme de Suivi temporel des oiseaux Communs (STOC). Ce programme est supervisé par le Museum national d'Histoire Naturelle.

Le CNRS avait déjà tiré la sonnette d’alarme en 2018. L’organisme parlait d’un déclin à "un niveau proche de la catastrophe écologique". Plusieurs organismes viennent rejoindre ce constat, comme l’Office français de la Biodiversité. Selon l’institut, 43 espèces sont en déclin.

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