Blocage de la prison de Metz-Queuleu : "ça devient intenable" dénoncent les surveillants pénitentiaires

Une action des surveillants pénitentiaires est en cours à la prison de Metz-Queuleu en Moselle ce lundi 6 mai. Plus d'une cinquantaine d'agents dénoncent un manque d'effectifs criant dans l'établissement où l'insécurité est bien réelle.

Les surveillants pénitentiaires sont en souffrance, une situation qui n'est pas nouvelle mais qui semble s'aggraver. C'est pour dénoncer leurs conditions de travail liées à un manque de personnel, que 55 agents ont bloqué la prison de Metz-Queuleu ce lundi 6 mai 2024, dès 6h30.

Dix-huit postes de surveillants sont actuellement vacants dans l'établissement pénitentiaire qui en compte 240 au total.

On arrive avec une boule au ventre mais on a pas le droit à l'erreur, on se sent lésés, sans soutien

Nordine Aitameur, surveillant pénintentaire à Metz-Queuleu

Pour les agents rassemblés ce lundi matin en intersyndicale, l'établissement aurait en réalité besoin de 30 surveillants. À l'échelle du Grand Est, ce sont 230 agents pénitentiaires qui manquent à l'appel.

Insécurité et mal-être

Le manque de personnel fait reposer la charge de travail sur les agents présents, comme l'explique Nordine Aitameur, délégué syndical UFAP à Metz au micro de Myriam Mannhart :

"Certains matins, il y a jusqu'à 13 agents en moins, c'est une situation catastrophique, on joue avec notre sécurité et nos missions ne sont pas faites correctement, on veut se faire entendre pour avoir un renfort, bloquer la prison ce matin, c'est notre seul moyen", dit-il.

Car pour les agents, le stress est bien réel :

"On arrive avec une boule au ventre, c'est un facteur de fatigue supplémentaire quand on est seul pour faire une ronde plutôt que trois, on fournit plus de travail pour le même salaire et on n’a pas le droit à l'erreur, la charge mentale s'accumule, on se sent lésés sans soutien", poursuit Nordine Aitameur.

Les tensions avec les détenus sont également accrues :

"Il manque de surveillants pour répondre aux besoins des détenus pour les douches, les comptes de cantine ou pour les emmener au parloir par exemple. Ils en ont marre et cela crée des tensions supplémentaires. En cas de problème, il manque aussi des surveillants pour intervenir", explique Karim Aberkane, délégué CGT sur place.

L'élément déclencheur de la gronde : le cap mobilité du mois d'avril qui ne prévoit aucun nouveau poste pour la prison messine.

"À la fin de l'année, avec les départs en retraite, on sera à moins 47 agents, c'est intenable, dénonce Franck Rassel secrétaire général FO pour le Grand Est, les surveillants sont au-dessus des 108 heures trimestriels, ça devient impossible de conjuguer vie professionnelle et vie personnelle".

Une surpopulation en hausse

La surpopulation encore gérable à Metz-Queuleu pourrait également s'aggraver dans les mois à venir :

"Avec les JO qui approchent, la population carcérale parisienne va être dispersée aux alentours et le Grand Est sera concerné puisque pour l'instant la surpopulation est minime par rapport à d'autres régions", précise le secrétaire général de la région. De 130 % l'an dernier, la population de la prison de Metz est passée à 140 % cette année.

La surpopulation, un mal chronique en France. En 2023, la Cour des comptes estimait à 75.000 le nombre de détenus en France pour 60.000 places et dénonçait par là même l'échec de toutes les mesures de régulation depuis vingt ans.

De son côté, la direction de la prison de Metz-Queuleu comprend le mouvement mais c'est bien l'administration pénitentiaire qui recrute les agents, une administration qui doit faire face à un manque de volontaires pour un métier engageant et difficile.

Les surveillants pénitentiaires espèrent l'arrivée de nouveaux agents au prochain mouvement.

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