Attaque au couteau à la gendarmerie de Dieuze : le procureur n'exclut pas une attaque terroriste

Un cordon de sécurité a rapidement été mis en place autour du bâtiment de la gendarmerie à Dieuze (Moselle). Il l'était toujours à la tombée de la nuit. / © Julien Lanchas. France 3 Lorraine
Un cordon de sécurité a rapidement été mis en place autour du bâtiment de la gendarmerie à Dieuze (Moselle). Il l'était toujours à la tombée de la nuit. / © Julien Lanchas. France 3 Lorraine

Le procureur de la République de Metz a indiqué ce lundi 03 février que l'agresseur, blessé de 2 balles dans l'abdomen, était âgé de 19 ans et venait de s'engager dans l'armée. Peu avant l'agression, les gendarmes avaient reçu un appel annonçant "un massacre" à venir au nom de l'état islamique.

Par Jean-Christophe Dupuis-Rémond avec Julien Lanchas

Le procureur de la République, Christian Mercuri, s'est rendu à la gendarmerie de Dieuze, au sud-est de Metz (Moselle), lundi 03 février 2020, avant de tenir une conférence de presse à quelques kilomètres, à la gendarmerie de Château-Salins.

Un jeune militaire tout juste engagé

Il a indiqué que l'agresseur était un jeune homme âgé de 19 ans, originaire du Puy-de-Dôme, qui venait de s'engager début décembre dans l'armée de Terre. Il n'était pas en service au moment des faits. Il résidait au Centre de formation initiale des militaires du rang (CFIM) de Dieuze, l'un des 13 centres de ce type en France. Il est ce soir toujours hospitalisé après avoir reçu deux balles dans l'abdomen, tiré en légitime défense par un gendarme qu'il a blessé au bras à l'aide d'un couteau.
L'agresseur n'a pas encore pu être entendu mais devrait l'être dans les prochaines heures, sa vie n'étant pas en danger. Le gendarme, a également été hospitalisé. Mais ses jours ne sont pas non plus en danger.
Sur Twitter, le ministre de l'Intérieur a fait part de son soutien aux gendarmes de Dieuze: 

Je salue le sang-froid, le professionnalisme et la réactivité des forces de Gendarmerie.
- Christophe Castaner

Revendication terroriste par téléphone avant l'attaque

La motivation de cette attaque reste officiellement inconnue. Toutefois, quelques minutes avant qu'elle intervienne,  le centre opérationnel de la gendarmerie a reçu un appel téléphonique leur indiquant un "massacre à venir", au nom du soi-disant "état islamique". Le procureur laisse pour l'instant les deux faits en parallèle, sans les lier formellement, tant que l'enquête n'aura pas progressé. Mais n'exclut pas un acte terroriste.

L'individu a déclaré qu'il était militaire, qu'il allait y avoir un carnage à Dieuze et qu'il se revendiquait de l'Etat islamique.
- Christian Mercuri, procureur de la République de Metz

Christian Mercuri a informé le parquet antiterroriste de Paris qui attend également l'audition du jeune homme pour éventuellement se saisir de l'affaire.
Gendarmerie de Dieuze (Moselle). / © Google street view
Gendarmerie de Dieuze (Moselle). / © Google street view

Violente attaque au couteau

Les faits se sont produits vers 15h30.

Il y a eu ouverture du feu par un gendarme à Dieuze sur un individu dont on me dit qu'il était armé d'un couteau.
- Christian Mercuri, procureur de la République de Metz.

"L'homme est touché", a indiqué le procureur, sans donner plus de précision. Les circonstances du coup de feu et les motivations de l'individu n'étaient pas encore déterminées en fin d'après-midi.
De son côté, la gendarmerie, interrogé par l'Agence France Presse, confirme avoir "essuyé une tentative d'agression". A l'extérieur du bâtiment implanté au coeur de cette commune de 3.500 habitants, un important service d'ordre était déployé, bloquant les journalistes et les badauds à une trentaine de mètres de la gendarmerie.

Un assaillant déterminé

A l'arrivée de l'homme, la gendarme en poste à l'accueil a alerté ses collègues. L'un d'entre-eux s'est interposé et "l'agresseur l'a blessé à la main". Le gendarme a d'abord "riposté avec sa bombe lacrymogène puis a fait usage de son arme à deux reprises". L'homme a été "blessé à l'abdomen" par au moins l'un des deux coups de feu. Il a été transporté à l'hôpital de Metz.

Deux enquêtes ont été ouvertes en parallèle, l'une pour la tentative d'agression, l'autre pour l'usage de son arme par le gendarme.

Sur le même sujet

Les + Lus