Metz : A quelques jours de la rentrée scolaire, la pénurie de chauffeurs de bus va poser un problème, "la rentrée sera difficile".

En ce début d'année scolaire, la pénurie des conducteurs de bus s'est aggravée avec l'épidémie de Covid-19. Et avant la rentrée, le manque de chauffeurs de bus scolaires inquiète aussi les parents. Le mois de septembre s’annonce très compliqué en Lorraine.

Il manque 8.000 conducteurs en France et environ 300 dans la région Grand Est. La crise sanitaire a noirci le tableau avec l'épidémie de Covid-19 et les confinements. La rentrée du mois de septembre 2022 s'annonce compliquée. "On manque de conducteurs. On s’en est rendu compte lorsque la demande revenait comme avant le Covid. Une partie des conducteurs avait démissionné. Ils sont allés voir ailleurs principalement chez les conducteurs routiers qui continuaient, eux,  à rouler pendant le Covid. Et surtout ils ne sont pas revenus", Thierry Schidler est le président d'une entreprise familiale fondé il y a près de 90 ans. Il représente la troisième génération. 

Conséquences de la crise sanitaire

Les chauffeurs se sont tournés vers d'autres métiers au moment de la mise à l'arrêt de l'activité en mars 2020. "Quand il a fallu repartir, tous les conducteurs ne sont pas revenus à leur emploi", précise Thierry Schidler. "Donc, on ne fera pas toutes les lignes et la région choisira les circuits. Il faut du temps pour former un conducteur. La rentrée sera difficile. Chez nous les conducteurs sont des êtres humains et pas des numéros".

A la rentrée, des élèves resteront-ils au bord de la route ? A cause d'une pénurie de chauffeurs de bus scolaires, certains parents ne savent pas si la desserte des écoles sera bien assurée.

Il n’y a pas assez de conducteur sur les pointes de la journée. Ainsi pour faire la rentrée il me manque des conducteurs.

Thierry Schidler, transport Schidler à Metz

La situation est particulièrement compliquée dans le département de la Moselle en raison de la concurrence avec les pays frontaliers, Luxembourg et Allemagne. "Actuellement la situation ne nous permet pas d’assurer tous les transports. Cependant nous avons des contrats et nous les honorerons. Mais nous risquons de travailler en mode dégradé. Car encore une fois il n’y a pas assez de conducteur sur les pointes de la journée. Ainsi pour faire la rentrée il me manque des conducteurs et d’autres entreprises de la région manquent cruellement de conducteurs. Je rappelle qu’en France il en manque 8.000 et on ne les trouvera pas pour la rentrée", raconte Thierry Schidler.

Et il y a une autre difficulté :  "La formation en poche, les gens ne viennent pas. Quand bien même ils ont obtenu leur titre professionnel, ils décident de ne pas venir et de ne pas s’engager dans nos structures".

L'organisation du métier et une moyenne d’âge vieillissante expliquent également les difficultés du secteur à recruter. La pénurie, "on ne la découvre pas maintenant", dit à l'AFP Patrick Salaün, président de l'Unaape (Union nationale des associations autonomes de parents d'élèves).

Avec un manque de chauffeurs de bus estimé à 10% avant la rentrée, la situation dans la région Grand Est est parmi les plus critiques de France.