Mondial de handball : Olivier Krumbholz, un nouveau titre, témoin d’une incroyable longévité

Le sélectionneur mosellan Olivier Krumbholz, a remporté son troisième titre mondial à la tête de l’équipe de France féminine de handball ce dimanche. Une performance qui le fait entrer encore un peu plus dans la légende du handball français. Et avec lui, le club de Metz Handball, fièrement représenté.

La place d’Olivier Krumbholz au Panthéon du handball français ne faisait déjà aucun doute. Mais après sa 14ᵉ médaille obtenue en 22 ans à la tête de l’équipe de France, son palmarès le place très haut dans la liste des plus grands entraîneurs français. Ce dimanche 17 décembre 2023, le technicien mosellan a remporté sa troisième médaille d’or aux championnats du monde, après 2003 et 2017, aux dépens de la Norvège (31-28).

Un coach qui s’adapte à ses joueuses

Après un match où la France a dominé d’une main de maître, auteur d’une prestation défensive parfaite, cette victoire finale pousse encore plus le coach mosellan sur le devant de la scène, par ses choix, déjà. Critiqué pour avoir laissé l’ancienne Messine, Béatrice Edwige, revenant de blessure à la maison, Olivier Krumbholz a probablement privilégié l’avenir en donnant du temps de jeu à une jeune Messine, Sarah Bouktit, qui le lui a bien rendu, auteur d’un très gros Mondial.

L’entraîneur de Longeville-lès-Metz n’a pas hésité à donner des minutes à de très jeunes joueuses comme Léna Grandveau, 20 ans, auteur d’un 5/6 en finale. Un point souligné par Mariama Signaté, consultante et ancienne internationale française, passée sous les ordres d’Olivier Krumbholz entre 2004 et 2012 : "Il y a une super gestion de l’équipe avec des jeunes qu’il a su intégrer, leur donner du temps de jeu et la capacité de s’exprimer sans complexe comme Léna Grandveau".

Et sait aussi s’adapter à son époque

L’ex-joueuse de l’équipe de France poursuit : "Il sait s’adapter avec les profils qu’il a entre les mains, tout en gardant ses préceptes défensifs". Car les Bleues ont su verrouiller les attaques norvégiennes en comptant aussi sur les arrêts décisifs d’Hatadou Sako dans la cage.

"Je pense qu’on peut dire qu’il y a un petit morceau de la médaille qui appartient à Metz Handball".

Thierry Weizman, président de Metz Handball

Nina Kanto, ancienne internationale entre 2002 et 2013, avance l’idée d’une nouvelle manière de faire : "Le management est beaucoup plus participatif, avec beaucoup d’auto-responsabilisation. Le rôle de coach a changé, il doit gérer les moments de crise, c’est plus forcément descendant comme par le passé. Il doit apporter un plus quand ça ne va pas". Et c’est ce que Krumbholz soulignait déjà, lors d’une interview accordée à France 3 Lorraine avant les Jeux de Tokyo 2021 : "Je ne cherche pas à diriger, je cherche à accompagner". Un accompagnement encore une fois bien réussi pour les Bleues.

Une équipe de France à fort accent messin

Ce qui réussit aussi aux équipes d’Olivier Krumbholz, ce sont ses Messines. Elles étaient cinq hier à remporter leur premier titre de championne du monde : Chloé Valentini, meilleure buteuse française du tournoi, Lucie Granier, Sarah Bouktit et ses deux gardiennes, Hatadou Sako et Camille Depuiset. Sans compter les six autres joueuses formées ou passées par Metz Handball. Au total, elles étaient 11 filles à jouer ou à être passées par la Moselle sur 18 convoquées.

Et un président, Thierry Weizman, forcément ravi : "C’est extraordinaire pour le club d’avoir cinq championnes du monde. Plus les trois danoises médaillées de bronze. Avec huit médailles, je pense qu’on est le club avec le plus de médailles représentées".

Avant d’avancer dans un sourire : "C’est une reconnaissance de la formation messine qui se perpétue année après année. Je pense qu’on peut dire qu’il y a un petit morceau de la médaille qui appartient à Metz Handball". Avant que Nina Kanto ne poursuive : "Depuis les premiers titres de l’équipe de France, il y a toujours eu Metz Handball derrière". La capitale de la Moselle étant toujours le plus gros pourvoyeur de joueuses en équipe de France.

Si le président mosellan a évidemment annoncé que les joueuses seraient mises à l’honneur lors du match de Ligue des Champions face à Vipers le 7 janvier après la trêve, les Messines et l’ensemble de l’équipe de France seront reçues dès ce lundi soir à l’Élysée par le Président de la République pour les féliciter "d’une compétition exceptionnelle, qui récompense les efforts et le talent de l’ensemble des joueuses mais aussi le travail du staff technique emmené par M. Olivier Krumbholz".