Rosbruck : le pont réouvert à la circulation, sous les huées des sinistrés

Réouverture du pont de Rosbruck sous les huées des sinistrés / © F. Grandon
Réouverture du pont de Rosbruck sous les huées des sinistrés / © F. Grandon

L'ouvrage placé sur la RD 603, entre Morsbach et Rosbruck, était fermé depuis le 30 mars mars dernier. Il a été rouvert à la circulation mardi 3 novembre 2015. L'opération s'est déroulée sous les huées des riverains, victimes de dégâts miniers. 

Par Florence Grandon

Il fait froid et gris ce mardi matin à Rosbruck. Mais il en faut plus pour décourager les habitants, venus avec des pancartes et des photos de leurs maisons abîmées par des affaissements miniers dûs aux dernières années de l'exploitation minière dans leur sous-sol. Ils sont venus pour être entendus. 

"Nous sommes fâchés. Nous avons ici un Conseil Départemental qui n'a jamais été solidaire, qui n'a jamais soutenu les sinistrés de dégâts miniers, et qui découvrent aujourd'hui la problématique parce qu'ils viennent aujourd'hui inaugurer ce pont-là.", Francis Prymerski, de l'association CLCV de Rosbruck, victime de dégâts miniers.

Blocage du pont de Rosbruck avant l'inauguration / © F. Grandon
Blocage du pont de Rosbruck avant l'inauguration / © F. Grandon


Des maisons qui penchent depuis 1982


Leurs maisons ont commencé à s'affaisser dans les années 80, au moment où l'exploitation minière s'est faite par foudroyage : un comblement des vides (laissés par l'extraction du charbon) par affaissement des couches au-dessus. Toutes les couches ont suivi le mouvement, et les maisons en surface aussi, "descendant" de 15 mètres, et bien sûr de façon hétérogène (parfois un bout de la maison penche d'un côté, et l'autre d'un autre).

Henri Flausse et sa femme voient les fissures de leur maison augmenter de jour en jour. / © F. Grandon
Henri Flausse et sa femme voient les fissures de leur maison augmenter de jour en jour. / © F. Grandon

"C'est difficile parce que tout penche [...] il faut tout rectifier, j'ai un décalage de 4 cm d'un meuble à un autre. Et c'est sûr que, au quotidien, les portes qui se ferment et qui s'ouvrent toutes seules, c'est pas très intéressant.", Henri Flausse, victime de dégâts miniers et habitant de la rue des jardins à Rosbruck, une des rues les plus concernées par le problème.


L'association CLCV de Rosbruck aide les victimes de dégâts miniers dans leurs procédures. Prochaine échéance : l'assignation de 16 propriétaires devant le Tribunal de Grande Instance de Sarreguemines, le 6 novembre 2015

Joëlle Pirih, la présidente de l'association CLCV de Rosbruck / © F. Grandon
Joëlle Pirih, la présidente de l'association CLCV de Rosbruck / © F. Grandon

D'autres procédures sont en cours, notamment pour l'indemnisation des dégâts survenus avant 1998 (et pour beaucoup, les plus importants).

Les premières voitures franchissent le pont de Rosbruck, mardi 3 novembre, à 11h. / © F. Grandon
Les premières voitures franchissent le pont de Rosbruck, mardi 3 novembre, à 11h. / © F. Grandon

A 11h, la circulation était ouverte aux voitures. Les habitants sont repartis avec l'espoir que le président du Conseil Général les écoute. Une délégation sera reçue le 16 novembre, au Conseil Général de la Moselle à Metz. 

"Je me suis engagé à les recevoir, comme je le fais à chaque fois que c’est nécessaire, je l’ai fait pour les dégâts des mines de fer, je le ferai pour les dégâts des mines de charbon, et si on doit engager des actions à leur côté, on le fera, mais ce n’est pas de la responsabilité du département de financer. », Patrick Weiten, président du Conseil Départemental de la Moselle, le 3 novembre 2015.


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