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Vague de froid “Moscou-Paris“ : comprendre ce qu'est un plan ”Grand froid” en 5 points

© T. Gachon / Maxppp
© T. Gachon / Maxppp

Alors que la plupart des préfectures du Grand Est ont déclenché leurs plans "Grand froid", nous avons voulu savoir ce qui se cachait derrière cette appellation. Capacités d'hébergement, actions mobiles, accueils de jour, distribution alimentaire, voici le plan Grand froid dans la Marne en 5 points.

Par Céline Lang

1. Les capacités d'hébergement

Dans le département de la Marne, le dispositif d’accueil dispose toute l’année de places réparties entre ce que l'on appelle le dispositif d'hébergement généraliste, qui comprend notamment les places d'hébergement d'urgence hivernale, et l'hébergement d'urgence pour les demandeurs d'asile, l'hébergement de stabilisation et l'hébergement d'insertion.

Dans la Marne, les places d'hébergement d'urgence hivernale sont au nombre de 102. Un chiffre qui peut paraître faible, mais si l'on compte l'ensemble des places d'hébergement disponibles tout au long de l'année, ce chiffre monte à 3 543 places.

2. Les actions sur le terrain

Des équipes mobiles agissent là où vivent les personnes, pour leur offrir secours et écoute favorable. Leur objectif est aussi d’aller vers les personnes les plus désocialisées, qui n’ont plus le désir et la capacité de demander de l’aide, quel que soit le lieu où elles sont.

Dans le département de la Marne, des équipes de rue interviennent sur Reims et Epernay, le SAMU social sur Reims et Châlons-en-Champagne, et ponctuellement, sur Vitry-le-François, Epernay et Sézanne. Les SAMU sociaux de Reims et Châlons-en-Champagne travaillent également ensemble. En cas de grand froid, un partenariat est organisé entre la Croix Rouge Française et la Protection civile.

En plus des places d'hébergement, des accueils de jour sont aussi mis en place. Ce sont des lieux où les personnes qui viennent de la rue peuvent se retrouver, ils sont donc essentiels au maintien du lien social pour les personnes les plus isolées. Lieux de sociabilité, d’échange et d’abri dans la journée, ils permettent aussi d’assurer un relais à l’hébergement d’urgence.

Les points de distribution alimentaire sont aussi d'une grande aide pour les personnes en difficulté. 17 points de distribution alimentaire sont assurés dans le cadre du dispositif hivernal sur les communes de Reims, Epernay, Mourmelon-le-Grand, Sainte-Ménehould, Châlons-en-Champagne, Vitry-le-François, Sézanne ou encore Fismes. Et c'est sans compter sur les autres maraudes des autres associations hors de ce dispositif. Ce sont, là aussi, des moments d'échanges essentiels qui permettent de garder le contact entre les personnes en difficulté et les acteurs du monde associatif. 
Le genre d'affichette et de situation que les associations du collectif AU68 voudraient voir disparaître / © Sebastien Jarry/MaxPPP
Le genre d'affichette et de situation que les associations du collectif AU68 voudraient voir disparaître / © Sebastien Jarry/MaxPPP

3. Comment fonctionne le plan "Grand froid" ?

Les dispositifs prévus en période hivernale concernent la période du 1er novembre 2017 au 31 mars 2018. Durant cette période, les personnes fragiles peuvent être mis à l'abri et les 102 places d'urgence hivernale sont ouvertes.

Les associations comme les services institutionnels sont alors mobilisés, des maraudes nocturnes sont mises en place. 

Quatre niveaux de vigilance sont possibles : verte, jaune, orange et rouge. En fonction de ce que décide la préfecture, les maraudes nocturnes ne se limitent plus à Reims et Châlons-en-Champagne, où les populations fragiles sont les plus nombreuses, mais s'étendent à d'autres villes du département comme Vitry-le-François ou Sézanne par exemple. Les maraudes peuvent aussi être plus fréquentes en fonction des niveaux.

En vigilance orange et rouge, la protection civile est mobilisée, et, selon les besoins, des lieux d'extrême urgence sont ouverts, comme des gymnases ou des lits dans les hôpitaux, pour mettre les personnes à l'abri.

4. Qui organise les actions ?

C'est le Service Intégré d'Accueil et d'Orientation de la Marne qui coordonne les actions. Le SIAO est géré par un Groupement de Coopération Social et Médico-social associant la Croix Rouge Française, la Fondation de l’Armée du Salut, l’association Jamais Seul, le CCAS de Reims, le CCAS de Châlons-en- Champagne et le Club de Prévention d’Epernay.

Créé le 15 septembre 2010 et opérationnel pour l’urgence et l’insertion depuis le 1er novembre 2010, il poursuit les missions du 115 départemental et assure la centralisation des demandes d’hébergement et l’orientation des personnes en situation de mal logement sur l’ensemble du département pour la totalité du dispositif d’accueil, d’hébergement et d’insertion.

© Daniel Samulczyk / France 3 Champagne-Ardenne
© Daniel Samulczyk / France 3 Champagne-Ardenne


5. L'importance du 115

C'est aussi le SIAO qui gère le numéro 115. Il est joignable 24h/24, 365 jours par an. Cette veille sociale concerne tous les publics à la rue, y compris les demandeurs d’asile. En ce qui concerne les mineurs isolés, les femmes enceintes ou les femmes avec enfants de moins de trois ans, seul le Conseil Départemental est habilité à les prendre en charge. 

Les écoutants téléphoniques apportent une réponse de proximité à tout appelant. Ils ont pour mission d’écouter, d’informer, d’orienter et de rechercher un hébergement pour les personnes sans domicile fixe après une évaluation adaptée.

Si vous rencontrez une personne dans la rue qui semble en difficulté, quelque soit le moment de l'année, mais surtout lors de ces périodes hivernales, n'hésitez pas à appeler le 115. Aujourd'hui, en France, des sans-abris meurent toujours de froid dans la rue.

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