Rembobinons: tous en selle à Fraispertuis-city !

L'express
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Rappelez-vous! C'est aux cris des "pan-pan" et des "youhou" que se sont déroulées les premières heures du parc de Fraispertuis. Créé en 1966, la Plaine des jeux, comme il s'appelait alors a fait la joie de centaines de petits Lorrains dans les années 1970. Quand le western était à portée des Vosges.

Par Sophie Gueffier

Selon les bonnes vieilles formules dont internet raffole, j'ai envie de vous dire que "vous n'êtes pas Lorrain si vous ne connaissez pas Fraispertuis-city." N'étant pas Lorraine d'origine, je me suis longtemps interrogée sur la présence incongrue d'un dessin de cowboy collé sur les pare-brises arrière de moult voitures dans les années 90.
Savez-vous comment le parc d'attractions était à son origine? Notre super équipe de documentaliste est allée fouiner dans les archives de l'INA pour notre plus grand plaisir.

Nous sommes allés à la rencontre de Vosgiens, qui ont connu les débuts de ce qui n'était pas encore un parc d'attractions payant, mais une sympathique guinguette où toutes les animations étaient gratuites. Stéphane, Laurence et Karine ont tous fréquenté la plaine des jeux, comme le parc s'appelait alors au milieu et en toute fin des années 70 et au début des années 80. Ils étaient âgés de 6 à 8 ans.
Karine prend la pose au volant de l'auto-tamponnante / © Yolande Perrin / collection personnelle
Karine prend la pose au volant de l'auto-tamponnante / © Yolande Perrin / collection personnelle
 

Le trajet, un avant-goût du bonheur

Il s'en souvient, le sourire aux lèvres. C'était jour de fête, et généralement le dimanche après-midi, quand les parents de Stéphane et Christophe décidaient d'emmener la petite famille à la guinguette de l'Auberge de la Roche des fées.

Sur la route, plus tu voyais affleurer le grès rose, et plus ton coeur battait: c'était le signe qu'on était presque arrivés!

Quant à Karine, les sorties à la Plaine des Jeux, c'était plutôt avec la famille élargie : les cousins, ou même les voisins. Une aventure en soi.

Le souvenir le plus marquant

Il n'y avait rien, juste du bois et des balançoires.
- Karine, 8 ans à l'époque

Dans leurs yeux d'enfants, le toboggan leur paraissait alors énorme, immense, le tourniquet et les balançoires aussi.
Il était énorme ce toboggan dans nos yeux d'enfants / © Marie-Claude Matuchet/ collection personnelle
Il était énorme ce toboggan dans nos yeux d'enfants / © Marie-Claude Matuchet/ collection personnelle

L'un se souvient de la piste d'auto-tamponnante, l'autre du train qui faisait le tour du terrain et "qui mettait tout le monde d'accord". Tous enfin revoient le village western, avec son saloon, sa banque et la maison du shériff. Pour ceux qui voulaient se déguiser, il fallait choisir entre la panoplie du cow-boy ou celle des indiens au milieu de leur campement de tipis. Mais il faut admettre que c'étaient plutôt les garçons qui se déguisaient... Sans oublier les balades à poneys qui venaient mettre une touche réaliste au décor far west.
On s'approche mais pas trop quand même / © Marie-Claude Matuchet / collection personnelle
On s'approche mais pas trop quand même / © Marie-Claude Matuchet / collection personnelle

Une attraction, pourtant est évoquée par tous: c'est le tonneau à roulement à billes, autrement nommé la "roue à rats" par Laurence.

"J'étais petite et je n'arrivais pas à suivre le rythme imposé par ma grande soeur. Je me souviens avoir pleuré tellement que les adultes sont venus arrêter la roue pour que je puisse sortir."

j'étais littéralement essorée!
- Laurence, 6 ans à l'époque

Quant à Stéphane, c'est tout le contraire. Il se souvient: "Le plus gros manège, si on peut appeler ça un manège,  c'était un gros tonneau vide, dans lequel on rentrait pour le faire tourner grâce à un système de roulement à bille."

À un moment donné, tu ne maîtrisais plus rien et fatalement tu tombais: c'était rigolo!
- Stéphane, 6 ans à l'époque

Et pendant ce temps-là...

Les parents étaient bien tranquilles. Papa se rendait à l'étang pour pêcher le repas du soir et maman se prélassait à côté de papa. Non sans aller jeter de temps à autre un rapide coup d'oeil sur sa progéniture enchantée.
Le trajet du retour finissait de venir à bout des infatigables marmots.

Et maintenant ?

L'ambiance western y perdure, il n'y a qu'à voir le nom des attractions : le carrousel far west, timber drop, Buffalo tir, la chevauchée et autre cavalerie. Bien sûr aujourd'hui la gratuité n'a plus cours, mais pour ce qui est de la joie de l'attente, des plaisirs des attractions, des cris ou même des pleurs, l'ambiance persiste au fil des époques et des nouvelles sensations. Le mot de la fin est pour Karine:

J'ai plus de souvenirs quand j'y suis retournée avec mes propres enfants dans les années 2000
- Karine, 8 ans à l'époque

Souvenirs de Fraispertuis en 1984

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