Trois raisons de regarder “Philippe Seguin, la politique au corps”

Le 11 janvier 2010, les funérailles de Philippe Seguin aux Ivalides. / © BERTOLINOCHLIK/IP3/MaxPPP
Le 11 janvier 2010, les funérailles de Philippe Seguin aux Ivalides. / © BERTOLINOCHLIK/IP3/MaxPPP

Dix ans après sa mort, le parcours politique atypique de Philippe Seguin continue de soulever interrogations et émotions. Dans un documentaire diffusé lundi 13 janvier à 23h30, le réalisateur Michaël Gaumnitz dresse le portrait de l'ancien maire d'Epinal. Voici trois bonnes raisons de le regarder.

Par Sophie Gueffier

Qui, en Lorraine notamment, ne s'est jamais demandé pourquoi le destin de Philippe Seguin s'était arrêté en si bon chemin? L'homme a la stature d'un homme d'état et pourtant il n'ira jamais plus haut que le perchoir de l'Assemblée nationale. "Philippe Seguin, la politique au corps", documentaire de Michael Gaumnitz, dresse une biographie de Seguin et apporte des réponses possibles à cette question. 

Voici trois bonnes raisons de regarder ce documentaire, diffusé lundi 13 janvier à 23h30.


1 - Vous appréciiez le personnage ?

Alors, vous allez pouvoir retrouver l'homme, sa verve et sa présence. De sa plus tendre enfance, marquée par la mort de son père âgé de 23 ans, à ses combats politiques successifs, vous retrouverez Seguin tel que dans vos souvenirs : tour à tour magistral dans ses prises de paroles, colérique avec certains, mais toujours honnête, comme son père le lui a demandé dans son dernier écrit juste avant de mourir.

Lors des élections législatives de 1978, il est littéralement parachuté à Epinal, en pleine crise du textile. Il gagnera la circonscription, puis la municipalité et saura se faire apprécier des Spinaliens et des Lorrains.

Ça a été un incroyable maire d'Epinal (...) avec une détermination incroyable. Il a réussi à se faire aimer des habitants, mais il a réussi à transformer la ville.
- François Fillon, député, proche de Philippe Seguin dans les années 1980-1990

Seguin s'affirmait "heureux en tant que maire".


2 - Vous n'appréciiez pas le personnage ? 

Alors, vous allez pouvoir vous conforter dans votre idée. Le politique, affublé de son "orgueil de pauvre" ne s'est pas fait que des amis dans la classe politique qu'il a rejointe sur les bancs de l'ENA.

Il prenait toujours un certain plaisir à bousculer l'ordre établi, les codes du milieu"
- Henri Guaino, proche conseiller de Philippe Seguin

Et même si son parcours montre plutôt qu'il a été le jouet des stratégies de plus rusés que lui, cela ne l'a pas empêché de chercher à manipuler les leviers. En vain. 


3 - Vous ne savez pas qui c'était ?

Alors, c'est l'occasion de rattraper cette lacune. Sa stature d'homme d'Etat n'était pas contestée. Et c'est ce qui explique en partie les jeux de dupes dont il a fait l'objet. Il aurait pu briguer des postes que d'autres lorgnaient. Député, maire, ministre, président de l'Assemblée nationale et président de la Cour de Compte, sa carrière parle pour lui.

Il a su gagner l'estime d'élus, aussi bien à droite, comme son fidèle ami François Fillon ou encore Henri Guaino, qu'à gauche avec sa directrice de cabinet Martine Aubry. Il a su s'opposer dans le respect, à la politique de François Mitterrand, sur le Traité de Maastricht. Ses funérailles dans la cour des Invalides ont rassemblé en plus du chef d'Etat Nicolas Sarkozy, nombre de personnalités politiques d'envergure, à la hauteur du personnage.

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