Un documentaire inédit sur le jeune Charles de Gaulle

Pendant quelques jours, la commune de Senones (Vosges) accueille le tournage d'un documentaire-fiction qui s'attaque à une période peu connue de la vie de Charles de Gaulle. Celle d'un jeune officier prisonnier durant la Première Guerre mondiale.

Pendant deux jours, les 18 et 19 avril 2024, la petite commune de Senones accueille techniciens, acteurs et figurants. Au programme : le tournage de plusieurs scènes d'un documentaire consacré à une période de la vie de Charles de Gaulle. "On a cherché des décors dans toute la France" explique le réalisateur, Frédéric Brunnquell, au micro de France 3 Lorraine, "et il y avait le choix de l'histoire. Dans les Vosges, elle est présente. Il y a plein de lieux et on a pu s'y installer pour travailler. Le Département a également fortement collaboré pour que ça se passe bien".

Frédéric Brunnquell n'en est pas à son coup d'essai. Il est l'auteur de nombreux documentaires souvent primés (Hommes des tempêtes, 2018), diffusés sur Arte, France 2 ou France 3. Il a également récemment écrit Le Bûcher des illusions, un roman paru aux éditions Albin Michel. Avec De Gaulle, le commencement, place au docu-fiction. "Il y a peu d'archives de ces années-là car Charles de Gaulle n'a pas été filmé à cette époque" explique le réalisateur, "c'était un simple lieutenant parmi tant d'autres, un officier ordinaire durant la Première Guerre mondiale. D'où la nécessité de filmer en réel et d'y ajouter des images d'archives pour les plans larges et pour restituer l'horreur de la guerre : des scènes d'assaut, de bataille de la Marne ou de Verdun. Avec une fiction, ce serait une tout autre entreprise d'où cette forme hybride qui mêle docu et fiction".

Il y a peu d'archives de ces années-là car Charles De Gaulle n'a pas été filmé à cette époque... c'était un simple lieutenant parmi tant d'autres, un officier ordinaire

Frédéric Brunnquell, réalisateur de "De Gaulle, le commencement"

Le documentaire, d'une durée de 90 minutes aura comme point de départ le 2 mars 1916, date à laquelle le jeune de Gaulle est donné pour mort dans une tranchée de Verdun. Il est en fait incarcéré dans la forteresse d’Ingolstadt en Bavière. "Tout a commencé par beaucoup de recherches et il y a beaucoup d'exigence" raconte Frédéric Brunnquell, "il a fallu travailler avec des historiens, se plonger dans des livres déjà écrits pour connaître par cœur cette histoire et ne pas faire d'erreur historique, surtout sur la personnalité de Charles de Gaulle. Il fallait essayer de comprendre qui il était à l'époque. En l'occurrence, un jeune homme, fougueux, qui a 24 ans quand la guerre débute".

Une ambition cinématographique

Un casting a été lancé pour interpréter des soldats et différents gradés. "C'est une belle aventure" reconnaît Benjamin, figurant, "c'est une première. La mise en place, la logistique, le personnel... c'est impressionnant. J'adore l'histoire et c'est donc un vrai plaisir de se retrouver là".

"C'est de la pression" admet Eliott Margueron, qui interprète le jeune de Gaulle, "c'est un monument et un défi en tant qu'acteur. J'ai fait le chemin arrière pour ce rôle en essayant d'imaginer qui était ce jeune homme gradé qui sort de Saint-Cyr. J'avoue que je ne connaissais pas cette partie de sa vie. C'est une période éludée dans sa biographie. Je me suis plongé dans énormément de documents pour l'interpréter. Je débute dans le métier mais je sens une vraie ambition cinématographique dans ce docu-fiction. Il y a des dialogues, des décors et des acteurs".

Dans les Vosges, Senones et son Abbaye ne sont pas les seuls lieux de tournage retenus dans le département. Des scènes ont également été tournées à la manufacture de Bain-les-Bains, au fort d’Uxegney et à Fontenoy le Château. Le documentaire De Gaulle, le commencement, de Frédéric Brunnquell, sera diffusé sur France 2.