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Procès Typhaine : suivez en direct les temps forts de l'audience à Douai (lundi - 1er jour)

Anne-Sophie Faucheur dans le box des accusés à l'ouverture de son procès devant la Cour d'Assises du Nord à Douai (21 Janvier 2013) / © Thomas Millot
Anne-Sophie Faucheur dans le box des accusés à l'ouverture de son procès devant la Cour d'Assises du Nord à Douai (21 Janvier 2013) / © Thomas Millot

Jusqu'à vendredi, France 3 Nord Pas-de-Calais vous fait vivre en direct, le procès d'Anne Sophie Faucheur et Nicolas Willot, accusés d'avoir tué en 2009 leur fille et belle-fille Typhaine, 5 ans. 

Par Thomas Millot

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19h : L'audience est suspendue. Les débats reprendront demain matin vers 9h30

Le direct de cette première journée de procès est donc terminé pour ce soir. Suivez la suite de l'audience dès la reprise demain matin. Des experts psychiatres sont attendus pour tenter d'analyser les personnalités des accusés.

 

La Cour d'Assises du Nord, ce lundi 21 janvier 2013 / © Thomas Millot
La Cour d'Assises du Nord, ce lundi 21 janvier 2013 / © Thomas Millot

18h45 : le père d'Anne-Sophie Faucheur est appelé à son tour

Les enfants Faucheur dénoncent tous les violences dont ils ont été victimes, accusant leur père. Ce dernier est appelé à s'en expliquer. Un peu plus tôt dans l'après-midi, Anne-Sophie Faucheur affirmait avoir été "battue à coups de ceinture".

Réponse de son père interrogé par la présidente : "Moi j’ai été tapé à coups de ceinture par mon père. J’ai reproduit cela avec mes enfants. J’étais très autoritaire. J’ai aussi frappé Anne-Sophie, mais pas à coups de ceinture".


18h30 : la grande soeur d'Anne-Sophie Faucheur parle de sa soeur

10 ans plus âgée que l'accusée, le témoin n'a pas grandi auprès d'AS. Faucheur. Battue par le père de famille, elle avait été placée dans son enfance. Elle n'a renoué contact avec sa petite soeur qu'après la naissance de Typhaine. 

"Il faut qu’elle soit punie, même si ça ne rendra pas Typhaine, il faut que justice soit faite"

"Elle (AS. Faucheur) est venue à mon mariage au mois d’août 2009, elle dansait. Elle avait l’air bien. Mes invités et moi ne comprenions pas pourquoi elle faisait la fête, alors que sa fille avait disparu", raconte la grande soeur de l'accusée..


2 mois après avoir déclaré la disparition de Typhaine, Anne-Sophie Faucheur se savait soupçonnée par les enquêteurs. Au mariage de sa grande soeur l'accusée lui avait confié : "je ne vais pas m’accuser d’un truc que je n'ai pas fait"
 

16h : Anne-Sophie Faucheur sort du box et se présente à la barre

La mère de Typhaine est jusque là détenue à la prison de Sequedin (Nord). Elle a été hospitalisée d'office à deux reprises depuis le début de sa détention. Elle a notamment fait une tentative de suicide.

Anne-Sophie Faucheur, ce lundi, à la Cour d'Assises du Nord à Douai. / © AFP / PHILIPPE HUGUEN
Anne-Sophie Faucheur, ce lundi, à la Cour d'Assises du Nord à Douai. / © AFP / PHILIPPE HUGUEN
L'enquêteur de personnalité qui a  interrogé l'accusée est absent des débats. La présidente questionne Anne-Sophie Faucheur directement. 

Sur son état d'esprit, AS. Faucheur déclare : "Je fais un travail sur moi, je me rends compte de la monstruosité de mes actes. Je travaille sur moi pour comprendre et essayer d’avoir des explications".

Caroline, premier enfant d'Anne-Sophie Faucheur à l'âge de 16 ans

De son union avec François Taton, Anne-Sophie Faucheur a eu 2 enfants. Caroline, puis Typhaine juste après. L'accusée déclare : 

"Caroline on ne l’avait pas voulue, mais quand elle est née on était content. Avec Caroline ça se passe très bien, je me sens grandie, je me sens responsable. Mis à part ce que j’ai commis je ne voulais pas donner la vie que j’ai eue à mes enfants".


"Avec Typhaine c’était difficile dès la maternité"


Anne-Sophie Faucheur poursuit, face à la présidente de la Cour d'Assises : "quand j’étais enceinte de Typhaine j’avais 17 ans, je venais d’avoir Caroline, c’était trop. Je n’ai pas avorté parce que j’avais peur d’avoir mal, j’appréhendais".

"Avec Typhaine c’était difficile, dès la maternité je la rejette un peu. Chez mes parents, quand elle pleurait la nuit, je ne me levais pas pour lui donner le biberon, mes parents m’engueulaient. Cela a duré quelques mois, après je m’occupais des deux petites de la même façon"
.

 / © Thomas Millot
/ © Thomas Millot

"L'enlèvement", puis les maltraitances

Après sa séparation d'avec  François Taton en décembre 2005, Anne-Sophie Faucheur a récupéré quelques mois plus tard la garde de Caroline, leur fille aînée. François Taton, lui, a gardé Typhaine.

Mais le 22 Janvier 2009, AS. Faucheur est allée chercher Typhaine à la sortie de son école. Aucun jugement n'a jamais été prononcé concernant la garde de leurs deux enfants.

"J’ai fait des recherches sur Internet pour retrouver Typhaine. A ce moment là elle me manque, j’ai envie de la voir. J’ai téléphoné à toutes les écoles de Faches-Thumesnil pour trouver l’école de Typhaine. J’ai appelé pour dire que Mr Taton ne pouvait pas venir la chercher. Nicolas Willot a joué le rôle de Mr Taton au téléphone. Je me suis présentée avec mes papiers avant la sortie de l’école. Presque un enlèvement".

"Elle ne me reconnaissait pas en tant que maman. Son arrivée n’était pas du tout préparée. J’ai voulu l’inscrire dans la même école que Caroline, mais je n’ai jamais pu avoir les papiers de radiation de l’ancienne école (de Typhaine)".

"Je suis donc restée avec elle à la maison. Les violences ce n’était pas tout de suite, mais j’étais dure. Je l’avais idéalisée, j’avais idéalisé ces retrouvailles. Je ne me suis pas dit qu’elle pouvait être perturbée, choquée, perdue. À ce moment là, elle réclame sa mamie. Elle est plutôt calme, fermée
".


"Quand Caroline faisait des bêtises, je ne le voyais pas. Mais avec Typhaine, c’était systématique"

Anne-Sophie Faucheur poursuit à la barre, en tentant d'expliquer pourquoi elle est devenue violente avec sa fille de 5 ans :

"Je me suis trop mise la pression, j’attendais beaucoup de chose, alors que je ne pouvais pas exiger beaucoup d’elle qui venait à peine d’arriver. Plus on avançait, plus je m’énervais vite, au moindre détail. Je perdais pied".

"Les coups ça a commencé en Mars-Avril (2009). C’est moi qui ai commencé. Caroline a été témoin de punitions, mais pas de maltraitances".

"Nicolas (Willot) m’a déjà dit -tu vas trop loin, il faut la rendre à son père et à sa mamie-. J’ai été très dure avec lui, j'étais violente".

"J’essayais de ne pas trop la sortir parce que j’avais peur que la famille paternelle vienne la récupérer
".
 

Typhaine Taton / © France 3 NPDC
Typhaine Taton / © France 3 NPDC

Personne, ou presque, n'a vu Typhaine entre janvier et juin 2009

Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot ont caché l'existence de Typhaine. La mère de l'enfant explique : 

"Je ne voulais pas montrer Typhaine, parce que j’avais honte de la situation par rapport à sa famille paternelle, c’était compliqué.

Non pas que j’avais honte de ma fille, mais j’avais honte de la situation dans laquelle j’étais, ce n’était pas clair, je ne voulais pas être pointée du doigt. C’était un enlèvement, je ne l’avais pas vue pendant longtemps, et personne n’était au courant dans la famille de Nicolas Willot. J’avais honte de moi, de la mère que j’étais
".
 

15h30 : Le meilleur ami de Nicolas Willot se rend à son tour à la barre


Mickaël est questionné sur les jours qui ont précédé la disparition masquée de Typhaine (18 juin 2009). Le meilleur ami de l'accusé avait été désigné comme parrain d'Apolline, la fille d'Anne-Sophie Faucheur et de Nicolas Willot, âgée d'un an au moment des faits.

Mickaël raconte le baptême d'Apolline le samedi 13 juin 2009, soit deux ou trois jours après la mort de Typhaine : "Tout le monde était heureux, on faisait la fête. On a poursuivi le lendemain, avec un repas. Ils (Faucheur-Willot) avaient un comportement tout à fait normal".

Mickaël, ami et confident de Nicolas Willot, n'avait jamais entendu parler de Typhaine.

Bousculé par l'avocat général, N. Willot ne parvient pas à s'expliquer :

"C’était une bêtise de ne pas lui parler de Typhaine. Je ne trouve plus la réponse en moi. Quand les amis venaient à la maison, Typhaine était cachée dans sa chambre et on lui demandait d’être silencieuse".
 

14h45 : Reprise des débats avec le témoignage du grand frère de Nicolas Willot


L'avocat de Nicolas Willot, Me Emmanuel Riglaire, demande au témoin :

"- Est-ce que Nicolas est du genre à se défausser sur les autres ?
 - Non pas vraiment", répond le frère de l'accusé.

Me Emmanuel Riglaire, avocat de Nicolas Willot le lundi 21 janvier 2013 / © Thomas Millot
Me Emmanuel Riglaire, avocat de Nicolas Willot le lundi 21 janvier 2013 / © Thomas Millot
"Ils parlaient de vacances, de projet de mariage"


"Après la disparition de Typhaine ils sont venus (AS. Faucheur et N. Willot) une semaine à la maison, ils fuyaient les journalistes. Mon épouse avait remarqué que Nicolas avait un comportement bizarre", remarque le frère de l'accusé.

"Pourquoi en sont-ils arrivés à ce point là s’ils n’arrivaient pas à s’occuper de la petite ? On n’arrive pas à comprendre le but" s'interroge le témoin.

"La dernière fois que j'ai vu Typhaine (Avril 2009), je n'ai rien vu d'anormal. Elle allait sur les genoux de Nicolas. Ils avaient un comportement de parents normaux".


"Après sa garde à vue, Anne-Sophie Faucheur était plus énervée par son audition que par la disparition de sa fille. Ils n'avaient pas le comportement de parents qui avaient perdu quelqu'un. On ne comprenait pas pourquoi ils avaient repris aussi vite une vie normale. Ils parlaient de vacances, de projet de mariage. Cela nous a choqués".


Les mensonges à la famille

"Anne-Sophie expliquait qu'elle avait récupéré Typhaine parce qu'elle était maltraitée par son père. Ils nous ont menti sur beaucoup de choses", poursuit le frère de Nicolas Willot.

"Après la disparition, Nicolas voulait faire une liste de cadeaux de Noël pour Typhaine, en pensant qu'on allait la retrouver".

Interrogé sur ce point par l'avocat général Luc Frémiot, Nicolas Willot se lève et répond : "c'était pour accréditer la thèse du mensonge".

"Je n'arrive pas à reconnaître mon frère", conclut le frère aîné de l'accusé.
 

13h30 L'audience est suspendue

Elle reprendra vers 14h30. 

La Présidente de la Cour d'Assises du Nord à Douai, Catherine Schnieder. / © AFP
La Présidente de la Cour d'Assises du Nord à Douai, Catherine Schnieder. / © AFP


12h30 : les parents de Nicolas Willot témoignent

Le père de l'accusé est mis en difficulté par la présidente et l'avocat général, qui soulignent ses contradictions dans ses déclarations peu après la disparition présumée de Typhaine.

Monsieur Willot avait d'abord déclaré ne plus avoir vu sa petite fille depuis plusieurs semaines, avant de se rétracter. Des écoutes téléphoniques de conversations entre Nicolas Willot et son père après la disparition laissent entendre que l'accusé demande à son père de mentir sur la disparition de Typhaine. A la barre ce midi, l'intéressé dit ne plus s'en souvenir. La cour n'insiste pas.

Parlant de son fils, la mère de Nicolas Willot parle d'un "enfant sage et studieux... Je n'arrive pas à comprendre. Il s'est fait dominer, ou je ne sais pas. S'il n'a pas dit la vérité, c'était pour ne pas perdre les deux autres filles".

A propos d'Anne-Sophie Faucheur : "quand je l'ai rencontrée, je trouvais qu'elle manquait de maturité. Pour moi elle était un peu jeune pour avoir des enfants. Mais quand je suis allée chez eux, elle s’en occupait très bien. Elles avaient ce qu’elles voulaient", assure l'ex belle-mère d'AS. Faucheur.

L'accusé, lui, déclare à son endroit : "Je me considérais comme quelqu'un de bien, aujourd’hui moins".
 

12h

Voici les premières images tournées par Patrick Duluc et diffusées dans le JT de France 3 Nord Pas-de-Calais de l'arrivée des deux accusés.

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Début du procès Typhaine


11:45 : Examen de la personnalité de Nicolas Willot 

Le beau-père de Typhaine explique la nature de sa relation avec Anne-Sophie Faucheur :

"elle me dominait insidieusement, sans me donner d’ordre, c’était de la manipulation. Elle n’a pas un bon caractère mais veut toujours faire plaisir aux gens. Je ne savais pas lui dire "non", lui dire "stop", pour ne pas la blesser. Je ne me suis jamais opposé à elle. Quand on avait des disputes, c’est moi qui m’excusais".

Quant à l'arrivée dans la famille de Typhaine, qu'il est allé enlever le 21 janvier 2009 à la sortie de son école en compagnie d'Anne-Sophie Faucheur, Nicolas Willot explique :

"J’ai pensé au bien-être d’Anne-Sophie, mais je n’ai pas pensé à l’enfant. Je n’ai pensé aucunement aux conséquences que cela pouvait avoir. Anne-Sophie était en pleurs, me disant qu’elle avait besoin d’aller la chercher, j’ai voulu lui faire plaisir. Je n’ai pas réfléchi, dès qu’Anne-Sophie avait besoin de quelque chose je faisais tout pour l’aider à l’obtenir".

"Cela a été un changement de passer de 4 à 5, on n’avait matériellement pas préparé l’arrivé de Typhaine. Mais je me suis donné entièrement pour le bien être d’Anne-Sophie et l’intégration de Typhaine.
Jusqu'au jour où on est allé la chercher, on évitait de parler de Typhaine".


"Typhaine n’était pas une enfant câline, elle était timide et renfermée malgré tout notre amour. Son comportement agaçait sa mère".

"Au départ, Typhaine était mise au coin 5 minutes, puis dans le noir attachée au pied de l’escalier… Puis sa mère a commencé à la frapper, lui donner des fessées, puis des coups de pied, coups de poing. Tout était prétexte à la frapper".

11h20 : Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot ne reconnaissent pas l'homicide volontaire

A la question "Reconnaissez-vous avoir volontairement donné la mort à Typhaine?", les deux accusés ont répondu tour à tour la même chose : "Non, je n'ai jamais voulu donner la mort à Typhaine".

AS. Faucheur et N. Willot reconnaissent en revanche les violences commises sur l'enfant.


10h20

L'audience débute avec la lecture par la présidente de la cour, de l'ordonnance de mise en accusation, un document de 33 pages qui rappelle l'intégralité des faits mis en lumière lors de l'instruction. 

S'en suivra l'examen des personnalités d'Anne-Sophie Faucheur et de son ex compagnon Nicolas Willot

Les deux accusés sont jugés pour "homicide volontaire sur mineure de 15 ans", "violences volontaires sur mineure de 15 ans" et "dénonciation d'un crime ou d'un délit imaginaire" (Mensonges aux enquêteurs, par la mise en scène de la disparition de Typhaine).

Premier jour du procès

L'audience s'est ouverte ce matin vers 10h devant la cour d'assises de Douai. Les deux accusés sont entrés avec une heure de retard dans le box.

De nombreux journalistes sont présents. Anne-Sophie Faucheur accepte d'être filmée et photographiée. "Elle assume" fait savoir son avocate Me Blandine Lejeune.

Nicolas Willot, lui, refuse d'apparaître dans les médias sans être masqué.

 / © Thomas Millot
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La famille du père présente au premier rang

Le père de Typhaine François Taton assiste au procès. Il est accompagné de sa mère Marie-José Taton. Ils avaient tous les deux la garde de Typhaine, avant qu'Anne-Sophie Faucheur ne vienne "enlever" la petite fille à la sortie de son école en janvier 2009, soit 6 mois avant la mort de l'enfant.

Toute la famille Taton occupe le premier rang de l'audience.

François Taton, le père de Typhaine, à la Cour d'Assises de Douai le 21 janvier / © Thomas Millot
François Taton, le père de Typhaine, à la Cour d'Assises de Douai le 21 janvier / © Thomas Millot
Retour sur les faits de cette affaire en VIDEO ici


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