Typhaine : en direct, le 3ème jour du procès

La cour d'Assises du Nord à Douai, ce mardi 22 janvier / © Thomas Millot
La cour d'Assises du Nord à Douai, ce mardi 22 janvier / © Thomas Millot

Suivez en direct les temps forts du procès d'Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot, accusés d'avoir tué en 2009 leur fille et belle-fille Typhaine, 5 ans. Verbatim, photos, interviews, faits marquants...

Par Thomas Millot

Pour suivre ce direct, n'hésitez pas à rafraîchir régulièrement votre page en tapant la touche F5 de votre clavier. Vous pouvez aussi lire le DIRECT des précédents journées ici

17h15 : Après vionnage de reportages datant de 2009 et de photos du domicile des accusés, l'audience est suspendue

Reprise des débats demain matin 9h pour la 4eme journée du procès à suivre en direct sur notre site.


16h45 : Rapport d’une enquêtrice judiciaire qui a interrogé Caroline, la grande sœur de Typhaine


Caroline, 6 ans au moment des faits, a vu arriver Typhaine dans le foyer familial le 22 janvier 2009

Interrogée avant le procès elle parle de sa petite soeur en ces termes : "elle était calme, jouait dans son coin. Maman la tapait alors qu’elle ne faisait pas de bêtise, et elle ne sortait pas avec nous".

La grande soeur de Typhaine a  raconté que pendant ces 6 mois, "elle ne la voyait jamais ... Toute la journée elle était enfermée dans la remise ou dans la cave, elle pleurait. Maman disait qu’elle pleurait pour rien. Typhaine ne mangeait pas parce que maman ne voulait pas qu’elle mange" a déclaré Caroline à l'enquêtrice judiciaire, ajoutant qu'elle avait déjà vu Typhaine "dormir toute nue".

© France 3
© France 3

16h00 : La médiatisation de la disparition en question


Géraldine Beys, journaliste de la Voix du Nord au bureau d'Avesnes-sur-Helpe au moment des faits, vient témoigner de ses différentes rencontres avec les deux accusés.

Le 23 juin 2009, ils avaient organisé une conférence de presse, à laquelle une de nos équipes était conviée, pour lancer un appel à témoins (voir vidéo ci-dessous).

Voici le témoignage de la journaliste devant la Cour :

Géraldine Beys : "Ce qui m’a vraiment marquée, c’est l’émotion de Nicolas Willot, qui s’est effondré en larmes. Je me suis posée la question de savoir ce qu’ils pleuraient réellement, sans tirer plus de conclusions, car c’était le début de cette histoire" .

"J’avais l’impression qu’elle (Anne-Sophie Faucheur) tenait le choc. Ce qui m’a fortement choquée, c’est le fait que sur son maillot bleu, il y avait un morceau de feutre noir, comme quand quelqu’un montre un deuil".


Et la journaliste d'ajouter : "(à ce moment là) On a l’impression que c’est une communication toute faite. Je revois Anne-Sophie deux mois après, et elle me redit la même chose".

Conférence de presse d'Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot

15h40 : Un diacre du diocèse de Cambrai à la barre


Une réunion de préparation de baptême de lendemain de la mort de Typhaine

Le 11 juin 2009, Anne-Sophie Faucheur s'est rendue, en début de soirée, à une réunion préparatoire pour le baptême de sa fille Apolline, qui allait avoir lieu deux jours plus tard.

La mère de Typhaine, alors que son enfant est morte la veille au soir, avait un comportement "normal".

"La rencontre (de préparation) s’est déroulée normalement, elle avait le livret de préparation, m’a montré les textes qu’elle avait préparés", a précisé le diacre chargé de la célébration du baptême d'Apolline.


La présidente de la Cour demande à Anne-Sophie Faucheur
"Madame Faucheur comment avez-vous eu la force d’aller à cette réunion ?"

Réponse de l'accusée :
"j’avais rendez-vous et je ne voulais rien laisser paraître, le baptême approchait c’était pour le 13".

Anne-Sophie Faucheur, dans le box des accusés, dans la Cour d'Assises de Douai, le 21 janvier 2013. / © MAXPPP
Anne-Sophie Faucheur, dans le box des accusés, dans la Cour d'Assises de Douai, le 21 janvier 2013. / © MAXPPP

15h20 : Analyse de l'ordinateur du couple Faucheur-Willot


Un expert a analysé l'ordinateur des accusés, et notamment son historique de navigation, entre janvier et juin 2009 (période durant laquelle Typhaine vivait à Aulnoye-Aymeries)

Il a noté que le 18 juin 2009, jour de la fausse disparition déclarée (une semaine après le décès de Typhaine), un cliché représentant Caroline et Typhaine avait été consulté le matin.

Par ailleurs, ce même jour, un site internet de prêt-à-porter a été visité, dans les rubriques "bonnes affaires" et "lingerie féminine"

L'expert a noté également les demandes répétitives en février 2009, via une messagerie instantanée, de la part de la petite soeur d'Anne-Sophie Faucheur, "de voir Typhaine à la webcam". L'accusée a toujours répondu par la négative.


14H45 : La voisine du couple Faucheur-Willot témoigne


"J’ai entendu des coups dans le mur"

Le témoin habite la maison mitoyenne de celle dans laquelle Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot ont emménagé en Avril 2009, rue de l'hôtel de ville à Aulnoye-Aymeries (Nord).

"Anne-Sophie Faucheur m'a présenté ses trois enfants le 1er Mai (2009). J’ai remarqué qu’elle (Typhaine) était maigre, pâle, et un regard d’une tristesse… Je n’ai pas compris, on ne savait pas à cette époque, on ne savait pas l’ampleur du drame".

La maison où habitaient Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot en 2009. / © France 3
La maison où habitaient Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot en 2009. / © France 3
La voisine poursuit son témoignage et raconte avoir entendu "un appel au secours" :

"J’ai entendu des coups dans le mur, et des gémissements. Je n’ai entendu que ces bruits là, j’ai ouvert la fenêtre et j’ai regardé si je voyais leur voiture. Leur voiture n’était plus là. J’en ai déduit qu’ils étaient partis à 4, la mère le père et les deux enfants (Caroline et Apolline).

C’était un appel au secours, c’est sur. Je n’ai pas compris et cela me poursuit. Si j’avais pu déceler, j’aurais pu prévenir, je n’ai pas compris. Cela ne faisait que 2 mois qu’ils vivaient à côté de chez moi, je ne pouvais pas m’imaginer".

La voisine d'Anne-Sophie Faucheur et de Nicolas Willot précise enfin :"nous ne voyions jamais Typhaine, je ne l’ai vue que deux fois. On ne la voyait jamais dans le jardin. C’était une exception peut-être d’être sortie le 1er mai, parce plus jamais nous ne l’avons vue
".


14h15 : Les débats vont reprendre


Des témoins (voisinage), un expert en informatique et un médecin légiste belge sont attendus à la barre

 / © Thomas Millot
/ © Thomas Millot
Le docteur François Beauthier, médecin légiste, livre à son tour son rapport de l'autopsie du corps de Typhaine

Le Dr Beauthier est spécialiste en médecine légale à l'Hôpital de Charleroi (Belgique). Il a assisté à la levée du corps de Typhaine le 9 décembre 2009 à Marcinelle, puis dirigé l'autopsie le 10 décembre 2009.

"Après une étude anthropologique, on estime l’âge osseux à 5 ans, sauf certaines pièces du corps estimées aux alentours de 4 ans.
Quand on constate une discordance de ce type entre certains membres, on suspecte un retard de croissance, qui peut être dû (notamment) à des carences alimentaires ou vitaminiques, ce qui est la cause la plus fréquente
".

Les conclusions du Dr Beauthier sont sensiblement les mêmes que celles du premier médecin légiste Eric Laurier, entendu dans la matinée. 


On ne sait pas précisément de quoi Typhaine est morte 

Le corps de Typhaine ayant été exhumé six mois après son décès, il est difficile pour les médecins légistes de déterminer les causes exactes de sa mort. 

Ainsi l'expert précise : "l’autopsie du corps n’a pas pu montrer une cause de décès précise, du fait de l’état de putréfaction. On a néanmoins des stigmates de traumas corporels qui reflètent des phénomènes de coups".


12h20 : L'audience est suspendue. Reprise des débats à 14h


12h00 : Marie-José Taton s'adresse directement à Anne-Sophie Faucheur


Marie Josée Taton, grand mère de Typhaine. / © AFP / PHILIPPE HUGUEN
Marie Josée Taton, grand mère de Typhaine. / © AFP / PHILIPPE HUGUEN
A la barre, la grand-mère de Typhaine se tourne vers l'accusée

"C’est honteux ce que tu as fait à ma petite fille, de la battre comme tu l’as battue. Tu aurais pu nous la rapporter. Pourquoi tu es venue chercher Typhaine ? Elle était heureuse, elle avait un toit, un papa, ses tantes, ses cousines, un cocon, elle vivait et elle était heureuse chez nous. Le 22 janvier (2009) tu nous as détruits, tu as détruit notre petite fille".

Anne-Sophie Faucheur, prostrée, baisse les yeux et se met à pleurer. Marie-José Taton ajoute :

"Pourquoi elle a tué ma petite fille, je veux savoir. Dis nous la vérité ! Ce n’est même pas des larmes pour Typhaine que tu as, tu t’apitoies sur ton sort".

11h30 : Les parties civiles vont maintenant être entendues


François Taton, le père de Typhaine, témoigne

François Taton se présente en pleurs à la barre et déclare difficilement : 

"Je voudrais dire que depuis le début du procès on ne parle pas assez de ma fille, de tout ce qu’elle a enduré.

Typhaine était adorable, très sage, très câline, très attentionnée. Elle aimait bien aller vers les gens. Quand on était chez ma mère (d'avril 2004 à décembre 2008), on s’occupait tous d’elle. Et quand on habitait avec ma femme, on s’en occupait bien
".

François Taton, le père de Typhaine, à la Cour d'Assises de Douai le 21 janvier / © Thomas Millot
François Taton, le père de Typhaine, à la Cour d'Assises de Douai le 21 janvier / © Thomas Millot
La garde de Typhaine

François Taton revient sur la garde de Typhaine, qu'il assumait. Après sa séparation d'avec Anne-Sophie Faucheur en décembre 2005,  il gardait l'enfant, il vivait à ce moment là chez sa mère.

"Après la séparation (décembre 2005), je n’ai plus eu aucune nouvelle d’Anne-Sophie, jusqu’au 22 janvier 2009" (quand l'accusée est allée "enlever" Typhaine à l'école) indique François Taton.
.
"Au moment de la séparation, c’est vrai, elle a pris Caroline et moi j’ai gardé Typhaine, parce que je savais qu’elle ne l’aimait pas. Je ne me suis jamais opposé à ce qu’elle vienne voir Typhaine".


François Taton dit avoir voulu récupérer Typhaine après le 22 janvier 2009 :

"Je suis allé au commissariat central de Lille et ils n’ont pas pris ma plainte, étant donné qu’il n’y avait pas de jugement (pour la garde des enfants)"

"J’ai fait appel à deux avocats, pour récupérer Typhaine. Mais ça allait être long parce qu’il fallait faire appel à un huissier pour trouver son adresse. A partir du moment où j’ai eu son adresse, j’y suis allé tous les week-ends, mais ils avaient déménagé, et je n’ai jamais revu Typhaine. Le jour où elle l’a pris, ni moi ni personne de ma famille n’avons pu lui dire au revoir".

La famille Taton est installée au premier rang. Au premier plan, Marie-José, la grand-mère de Typhaine (23 janvier 2023) / © Thomas Millot
La famille Taton est installée au premier rang. Au premier plan, Marie-José, la grand-mère de Typhaine (23 janvier 2023) / © Thomas Millot

10h30 : François Taton, le père de Typhaine, quitte à nouveau l'audience, alors qu'un médecin légiste débute le rapport d'autopsie


Le docteur Eric Laurier, responsable du service de médecine légale de Valenciennes, a assisté le 10 décembre 2009 à l'autopsie du corps de Typhaine, exhumé la veille dans la forêt de Marcinelle en Belgique. L'enfant avait été enterrée nue, sur le ventre à 50 centimètres de profondeur, le 17 ou 18 juin 2009 par Nicolas Willot.

Ont été constatés : 2 impacts au niveau crânien (côté droit du front et sous l'oeil gauche), 1 impact au niveau du Thorax (sans fracture), 1 impact au niveau du ventre (hématome), une fracture du bassin et une entorse profonde au niveau de la fesse gauche, une entorse du poignet gauche et une fracture par torsion du bras gauche. 

Par ailleurs, une fracture ancienne de la jambe gauche (peronnet), en début de cicatrisation, a été constatée. "Une fracture plus ancienne aux faits, qui n'a pas été soignée, et qui devait être extrêmement douloureuse pour l'enfant", précise le Dr Laurier.

"Ce sont des coups violents, qui sont forcément douloureux, surtout la fracture du bras gauche, par torsion jusqu'au niveau du coude", remarque l'expert.


L'estomac de Typhaine était vide 

Le Docteur Eric Laurier constate : "On a toutes les raisons de penser que l'enfant était affaiblie. Quand vous donnez une douche froide à une enfant qui n'a pas mangé, qui est nue, avec des fractures et des contusions, cela provoque un affaiblissement extrême". Il ajoute : "il y a un œdème cérébral qui a pu provoquer un coma".

Typhaine Taton / © DR
Typhaine Taton / © DR

9h30 : Témoignage d'un enquêteur de la brigade criminelle de la police judiciaire de Lille


"Très vite, je me suis rendu compte que c’était un tissu de mensonges, que c’était incohérent. Très vite, mon groupe s’est concentré sur les parents. AS. Faucheur ne se comportait pas comme une mère qui avait perdu son enfant de 5 ans. Elle était très convaincante... Mais pas assez". "

Caroline (6 ans au moment des faits) semblait avoir été bien conditionnée par les parents. Elle était formelle, affirmant qu’elle avait déjeuné avec Typhaine le jour même de la disparition".

"Même si on était convaincu que la piste familiale était la bonne, on ne pouvait pas occulter la piste d’un enlèvement. Mais selon moi la petite Typhaine n’avait pas disparu. Dès le départ, on craignait le pire.

On n’avait pas assez d’éléments d’enquête pour confondre le couple Faucheur-Willot. On a levé les gardes à vue et une information judiciaire a été ouverte, ce qui nous a permis de mettre en place les écoutes téléphoniques sur les familles Faucheur, Willot, et Taton".

"Le 22 et le 23 juin, on intercepte deux conversations entre Nicolas Willot et son père : « Tu vas dire à la police que tu as vu Typhaine, on nous pose beaucoup de questions ». Le père va effectivement déclarer avoir vu Typhaine la veille de la disparition".


 / © Thomas Millot
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"On était très loin d’une disparition d’enfant"

L'enquêteur poursuit, et raconte certains détails des investigations menées, alors qu'Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot, en liberté, simulaient toujours la disparition de Typhaine. 

"On avait également mis en place une interception de flux internet. Faucheur disait que la petite avait été enlevée le 18 juin, mais très rapidement nous nous sommes aperçus que le couple consultait ensuite très régulièrement des sites de rencontres et pornographiques, Nicolas Willot s’exhibant même nu à la webcam. Ça ne correspondait pas vraiment à la situation, dans le contexte de la disparition de Typhaine".

Le 22 septembre (2009), Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot, consititués en partie civile, se rendent chez la juge d'instruction. En sortant de cet entretien et laissant place à son compagnon, la mère de Typhaine a appelle une de ses amies, conversation interceptée par les policiers :

"Nicolas il est resté longtemps avec la juge, j’aurais bien voulu m’inviter, il y avait trois femmes avec lui".

Le commandant de la brigade criminelle répète qu' "on était très loin d’une disparition d’enfant".
 

Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot, pendant la conférence de presse organisée chez eux. / © France 3
Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot, pendant la conférence de presse organisée chez eux. / © France 3

9h10 : Les débats reprennent dans la salle A de la Cour d'Assises du Nord

Ce matin, les enquêteurs vont être entendus. Le rapport d'un premier médecin légiste est également attendu.
DMCloud:31581
Typhaine : 3ème jour de procès
Franck Noblecourt, officier de police judiciaire à Maubeuge au moment des faits, est appelé à témoigner

Ce policier a été chargé de l'enquête, dès le moment où Anne-Sophie Faucheur est venue déclarer la disparition de Typhaine, le 18 juin 2009 vers 16h30 au commissariat de Maubeuge

"C’était un jour de festivités à Maubeuge, c’était au moment de la sortie des écoles, vers 16h30.
On s’est rendu compte qu’il y avait un contexte familial assez délicat, on apprenait que la petite fille n’était pas scolarisée.

On a poursuivi les recherches jusqu’à minuit, avant de les reprendre vers 6h le lendemain.

On a mis en place les écoutes, et ordonné une perquisition au domicile. On a mené une enquête à l’école où Caroline (la grande soeur) était scolarisée.

On apprenait que très rares étaient les personnes qui avaient déjà vu Typhaine. Nous avons appris que même les voisins ne voyaient que très rarement Typhaine. Certains ne l’avaient pas vue depuis 3 semaines, d’autres depuis 1 mois.

Le lendemain matin (19 juin), nous avons interpellé AS. Faucheur et Nicolas Willot vers 8h30 pour les mettre en garde à vue. Nous avons procédé à une perquisition au domicile. Nous avons entendu une vingtaine de personnes, mené 3 perquisitions, et procédé à 3 mises sur écoute.

Ça nous a étonnés de ne pas avoir d’éléments concrets à la suite de ces premières investigations

Sur la première déposition, elle se concentrait surtout sur la disparition de la petite. Elle déclarait avoir fait quelques courses à Maubeuge, puis avoir perdue Typhaine en centre-ville. Elle nous a détaillé son après-midi.
Pour nous, Typhaine avait échappé à la vigilance de sa mère
".




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