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Typhaine : dernier jour du procès, le verdict (en DIRECT)

Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot, cour d'Assises du Nord à Douai, le 21 janvier 2013. / © AFP / Montage France 3
Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot, cour d'Assises du Nord à Douai, le 21 janvier 2013. / © AFP / Montage France 3

Dernier jour du procès d'Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot, accusés d'avoir tué en 2009 leur fille et belle-fille Typhaine, 5 ans. Réquisitoire de l'avocat général, plaidoiries des avocats et verdict attendu en fin de journée. 

Par @Thomas_Millot

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Vous pouvez aussi lire le DIRECT des précédents journées ici.

18h40 : VERDICT

30 ans de réclusion criminelle pour Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot, assortis d'une peine de sûreté de 20 ans


La mère et le beau-père de Typhaine sont reconnus coupables d'homicide volontaire sur mineure de 15 ans, et de dénonciation volontaire de délit imaginaire

La cour a donc suivi les réquisitions de l'avocat général, sans aucune distinction entre les deux accusés, qui n'ont pas réagi au verdict.

Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot ont dix jours pour faire appel de la condamnation.

Procès Typhaine : le verdict
Reportage de Jean-Louis Manand et Patrick Duluc.
Les réactions à ce verdict et dernières infos se trouvent sur cette page

15h30 : "Je ne demande pas pardon"


En fin d'audience, Anne-Sophie Faucheur, fébrile, a pris la parole et dit ces quelques mots :

"Ce que j’ai fait est impardonnable, c’est pourquoi je ne demande pas pardon aux familles. Typhaine ne méritait pas ça".

Anne-Sophie Faucheur, dans le box des accusés, le mardi 22 janvier 2013. / © MAXPPP
Anne-Sophie Faucheur, dans le box des accusés, le mardi 22 janvier 2013. / © MAXPPP

15h15 : "Elle assume, elle pleure, elle travaille sur elle, et elle travaillera pendant des années"


Suite de la plaidoirie de Me Lejeune :

"Les baskets, arme par destination, c’est elle qui l’a dit ! La douche froide, personne ne pouvait le savoir ! C'est elle qui le dit ! Alors oui ils ont menti, ils ont été scellés pendant cinq mois et demi dans un mensonge macabre.

Il l’assume Nicolas Willot
. Dans un premier temps quand elle se rend compte qu’elle est allée trop loin, elle prend son manteau et veut se rendre à la police !"

"Il faut aller rechercher dans ses souffrances, dans son enfance, dans sa construction psychique, dans ses carences. Les enfants maltraités, ils clivent ! « C’est pas moi qu’on frappe, c’est mon corps » … Vous croyez qu’elle a appris à cliver comme ça ?! Alors oui, elle a cette capacité machiavélique, de dire aux caméras qu’elle a envie qu’on la retrouve !


C'est une femme qui sait qu’elle a en elle ce monstre, qui sait qu’elle a commis l’irréparable".

Me Blandine Lejeune, avocate d'Anne-Sophie Faucheur / © Thomas Millot
Me Blandine Lejeune, avocate d'Anne-Sophie Faucheur / © Thomas Millot

15h00 : "On ne naît pas mère, on le devient. Par le désir"


Me Lejeune : "15 ans, quand elle est enceinte de Caroline. Ensuite, une grossesse non désirée, Typhaine.

Un lien mère-enfant ça se tisse, quotidiennement.

C’est dans les mains de nos parents que commence l’amour. c’est dans les yeux de nos enfant qu’il continue. Des mains de ses parents, elle a eu des coups de poing, de ceinture.

Oui Anne-Sophie, on n’a pas de droits sur nos enfants, on a des devoirs ! Le seul droit qu’on a, c’est celui d’aimer !

Elle l’a raptée parce qu’elle la voulait ! Il n’y avait pas de décision de justice, c’est ça le drame.

Je ne vais pas vous dire qu'elle est une bonne mère
".


14h45 : "Je me dois d’assurer sa défense sans honte, parce qu’elle m’a demandé de le faire"


Me Blandine Lejeune plaide la cause d'Anne-Sophie Faucheur. Extraits

"oui j’ai dû expliquer à des victimes éplorées des conclusions d’experts.
 
J’ai horreur des crimes j’ai horreur du sang, j’ai horreur de la violence, et j’ai l’image de celle qui défend un monstre. Je défends la barbarie, mais derrière la barbarie, il y a toujours un visage humain.

C’est monstrueux, c’est innommable. J’ai deux fils, je n’ai pas besoin d’avoir une fille de 5 ans pour avoir envie de pleurer, pour avoir envie de vomir.

Je me dois d’assurer sa défense sans honte, parce qu’elle m’a demandé de le faire.

Personne ne sortira d’ici comme il y est entré
".

Me Lejeune a notamment cité Robert Badinter en début de plaidoirie.

Me Lejeune a cité R. Badinter dans sa plaidoirie / © Thomas Millot
Me Lejeune a cité R. Badinter dans sa plaidoirie / © Thomas Millot

14h30 : L'audience va reprendre 


La salle de Cour d'Assises A est pleine, des dizaines de personnes attendent à l'extérieur espérant assister à la fin du procès.
Procès Typhaine : dernier jour



13h10 : L'audience est suspendue. Reprise à 14h30


En début d'après-midi, Me Blandine Lejeune plaidera la cause d'Anne-Sophie Faucheur, puis les jurés se retireront pour délibérer.

Verdict attendu en fin d'après-midi ou en début de soirée ce vendredi. 

Les deux accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité

© Thomas Millot
© Thomas Millot

12h30 : L’intention en question


Me Riglaire défend son client de toute volonté de tuer Typhaine

"Nicolas (Willot) savait-il que les coups d’Anne-Sophie allaient, ce soir là (le 10 juin 2009), donner la mort ?

Savait-il à ce moment là qu’il y’aurait une volonté de mort du côté d’Anne-Sophie ? Vous ne devez pas raisonner qu’en binôme, vous devez personnaliser".

"Il a donné des coups de pied dans les fesses, il a donné des gifles, et à un moment, Typhaine est acculée sur lui quand sa maman la frappe.

Vous déciderez, s’il y a intention d’homicide. Et vous vous demanderez si ses violences à lui, constituent des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner
".

"Nicolas quand il avoue, il avoue tout ! Il donne le bâton pour se faire battre. Je vous demande de bien vouloir le condamner, il le demande, il en a besoin. Faites en sorte que vous ne regrettiez jamais d'avoir été jurés.

Vous ne pouvez pas rendre la vie à Typhaine, mais vous pouvez faire que Nicolas Willot puisse encore avoir une vie un jour".


Me Emmanuel Riglaire, avocat de Nicolas Willot, le 25 janvier 2013 / © Thomas Millot
Me Emmanuel Riglaire, avocat de Nicolas Willot, le 25 janvier 2013 / © Thomas Millot

12H20 : "Le crime n'est pas là"


Me Riglaire (avocat de N. Willot) poursuit, à propos de la mise en scène de la disparition de Typhaine :

"Ce n'est pas cela que vous jugez mesdames messieurs les jurés, le crime n'est pas là, le crime est dans ce qui se passe dans ce huis clos, dans cette petite maison"

"C’était facile au départ avec elle (Typhaine), comme Nicolas l’a toujours dit...

Pourquoi ça coince, pourquoi on devient violent, pourquoi on est capable de tant d’amour avec deux, pourquoi on n’y arrive pas avec trois (enfants) ?

Nicolas Willot on ne lui laisse rien, on ne lui passe rien. On ne retient que le côté négatif de son engagement. On ne retient que le prisme du fait qu’il aurait pu intervenir plus tôt.

Faut-il que je fasse défiler les gens qu’il a assistés ?" 
(Nicolas Willot était pompier volontaire).

"Un dossier, c'est tout et son contraire
".

La famille Taton écoute les plaidoiries, installée au premier rang / © Thomas Millot
La famille Taton écoute les plaidoiries, installée au premier rang / © Thomas Millot

11h30 : L'avocat de Nicolas Willot débute sa plaidoirie


Me Emmanuel Riglaire s'adresse aux jurés. Extraits :

"Personne ne plaide l'acquittement dans ce dossier. Ici nous allons vous parler de quelques années de réclusion, et nous allons vous demander d'envisager ce dossier sous d'autres prismes, que ceux qui vous ont été présentés par le représentant de la société (avocat général). La société, c'est aussi vous".

"Ils ne sont pas propres tous les deux, mais est-ce qu'il y a besoin de charger ?"

"Nous ne vous demandons pas l'acquittement mesdames et messieurs les jurés. Nous voulons juste vous montrer que dans le noir, il y a aussi un peu de lumière. Nul ne peut prétendre respecter les victimes, respecter les parties civiles, s'il ne leur donne pas aussi ces éléments là".

Me Emmanuel Riglaire, avocat de Nicolas Willot, le 25 janvier 2013 / © Thomas Millot
Me Emmanuel Riglaire, avocat de Nicolas Willot, le 25 janvier 2013 / © Thomas Millot
"Caroline est première de toute la ville (sur le plan scolaire)... Qui lui a appris a être une aussi brillante élève ? Qui veut que Typhaine ait le même parcours ? Sommes nous les seuls responsables de ce huis clos dramatique ? On nous reproche d'avoir essayé de lui inculquer tous les deux, d'avoir essayé de lui donner des choses. Que nous aurait-on dit si on avait laissé Typhaine toute la journée devant la télé ?"

"Dès que Typhaine arrive, on essaie de la scolariser. Le drame ne se joue pas au début, l'horreur ne se passe pas les premiers mois".

"Le dossier est assez noir, laissez ces gamins avec leur part d'humanité, quand bien même ils ont commis des actes monstrueux !"


11h10 : 30 ANS DE RECLUSION (DONT 20 ANS DE SURETE) REQUIS contre Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot


Le père de Typhaine, François Taton, s'est dit "satisfait" des réquisitions de l'avocat général, ajoutant : "j'aurais voulu la perpétuité, mais maintenant, ce ne sont que des réquisitions".

François Taton (à droite) et son beau-frère, le vendredi 23 janvier 2013 / © Thomas Millot
François Taton (à droite) et son beau-frère, le vendredi 23 janvier 2013 / © Thomas Millot

11h00 : Les mensonges


Luc Frémiot (avocat général) insiste maintenant sur les mensonges et le mode de vie du couple après la mort de Typhaine

"Est-ce qu’il était nécessaire Monsieur Willot, de dire à votre frère, une liste de cadeaux pour Noël… De l’inscrire à un centre de vacances au mois d’août, puis à l’école pour la prochaine rentrée scolaire…"

"Le 16 septembre 2009, elle sait qu’elle est sur écoute, conversation avec Nicolas Willot :

Elle (AS Faucheur) se préoccupe de la disparition d’une petite Marina (Luc Frémiot lit le rapport d'écoute téléphonique) : « tu vois la petite Marina, qui a disparu, ses parents ils ont été arrêtés, elle est morte sous les coups de ses parents, c’est dégueulasse heinEt c’est la seule qui était frappée, je suis sûre parce qu’elle était handicapée… Nicolas : c’est grave »"


Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot, pendant la conférence de presse organisée chez eux. / © France 3
Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot, pendant la conférence de presse organisée chez eux. / © France 3

10h30 : "Elle est là ! La volonté homicide"


L'avocat général, toujours directement à Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot :

"On va mettre ses baskets, pour que ça soit plus dur ! Tenez la bien monsieur Willot pendant qu’on va chercher les baskets !"

"Une petite fille recroquevillée sur elle-même, dans le bac à douche, et l’eau qui coule… On ne voit pas les larmes ! Et on retourne devant la télévision !

Elle est là la volonté homicide ! On la voit avant, on la voit pendant, on la voit après, elle tout le temps comme une espèce d’ombre, dans ce dossier.

On n’attend pas 10 minutes devant la télévision en entendant les râles... On appelle le SAMU, on est près d’elle, on lui caresse les cheveux, mais non ! Elle en a peut-être profité pour enlever ses baskets madame Faucheur, pour se mettre en pantoufles !

Ils sont indissolublement liés tous les deux, ils ont signé un pacte maudit pour la souffrance de cette gamine, le bouc émissaire dont il faut se débarrasser
".

"Vous monsieur Willot, vos cauchemars en prison, excusez moi, mais il faudra du temps, pour que je m’arrête sur vos angoisses"

"Apprendre à un enfant à mentir, sur la mort de sa petite sœur… Une fois qu’on s’est débarrassé du mauvais objet, il faut que la petite Caroline elle soit bien dure, qu’elle tienne le coup devant les enquêteurs !"

L'avocat général Luc Frémiot, ce vendredi 25 janvier 2013 / © Thomas Millot
L'avocat général Luc Frémiot, ce vendredi 25 janvier 2013 / © Thomas Millot

10h15 : "Pardon Maman"


L'avocat général s'adresse aux accusés :

A Nicolas Willot : "Qu’est-ce que vous avez fait pour empêcher la spirale, monsieur le chevalier !"

"« Pardon maman » ! Ca vous rappelle quelque chose madame Faucheur ?" (ce sont les derniers mots que Typhaine aurait exprimés avant sa mort)

"On la gomme du paysage, on ne la montre plus parce qu’il faut la cacher, parce qu’elle est maigre, parce qu’elle est triste".

"C’était vous monsieur Willot qui l’avez frappée ? Parce que vous tapez plus fort ? C’est pour ça qu’elle boîte ?" (Typhaine avait une fracture de la jambe datant de plusieurs semaines)
"
"C'est une petite poupée déjà démantibulée que vous avez emmenée sous la douche, monsieur Willot !"

"Ils sont ensemble, leurs comportements sont calqués l’un sur l’autre".

"Le médecin légiste, il a dit ce qu’il y a de plus horrible, et pourtant il en a vu"

"La volonté homicide elle est là ! A qui veut-on faire croire... Une enfant de 4 ans et demi, quand on la prive de manger, quand on la frappe, à qui veut-on faire croire ?" (qu’il n’y a pas de volonté d’homicide)

Nicolas Willot et avocat Maître Emmanuel Riglaire, le 25 janvier 2013 / © Thomas Millot
Nicolas Willot et avocat Maître Emmanuel Riglaire, le 25 janvier 2013 / © Thomas Millot

9h15 : L'avocat général Luc Frémiot débute son réquisitoire


Extraits

"Ils l’ont cherchée partout (la famille Taton), ils voulaient voir cette petite fille avec ses cheveux blonds, ils ne voyaient que d’autres enfants aux bras de leurs parents, ils l’ont cherchée du matin au soir.

Une enfant qui disparaît, c’est la vie qui s’arrête !

Toute cette vie, que vous avez volée, le jour où vous êtes allés la chercher à l’école.

Typhaine nous appartient tous, parce que c’est une enfant. Sa seule défense c’était ses yeux, son regard, quand elle vous fixait.

J’espère que vous vous êtes vus dans son regard !

On a plus de droit sur elle que vous, Anne-Sophie Faucheur ! Elle nous appartient, on l’aime !
"

Anne-Sophie Faucheur dans le box des accusés, ce vendredi 25 janvier 2013 / © Thomas Millot
Anne-Sophie Faucheur dans le box des accusés, ce vendredi 25 janvier 2013 / © Thomas Millot

"Le 19 mai vous sortez, vous allez manger au Flunch, avec Caroline, on ne voit pas Typhaine,

Le 20 mai, vous allez à la braderie, on ne voit pas Typhaine, parce qu’elle est dans la cave, parce qu’elle est attachée à l’escalier. Vous auriez trop peur qu’elle vous vole un gâteau !

Plus personne ne la voit, à partir du 30 mai. Et quand on vous demande, quand cela s’est passé, vous n’êtes même pas capables de dire la date… Le 10, le 11 (juin) ? Heureusement il y a ce film à la télé

Il y a plusieurs façons de tuer, on peut tuer comme ce soir du 10 juin, mais on peut tuer aussi à petit feu
".

"Vous l’avez enlevée la petite ! Pour la mettre sous cloche, pour la mettre en cage, petit oiseau de Prévert. Et on en est là.

Cette façon d’utiliser les gens comme des objets, pour satisfaire un désir, une obsession !

Qu’est-ce qu’elle disait dans la voiture Typhaine ? Elle disait « madame » ? Et qui c’est ce monsieur au volant, qui me regarde dans le rétroviseur !
"
 

Typhaine Taton / © France 3 NPDC
Typhaine Taton / © France 3 NPDC


Luc Frémiot poursuit :

"Elle (AS Faucheur) ne laisse rien au hasard, elle prépare, elle combine, un peu comme vous monsieur Willot, qui dites « je réfléchis toujours avant d’agir » , vous êtes bien tous les deux !

Ça commence par ces coups, parce qu’elle va chercher un gâteau. Elle va chercher un gâteau parce qu’elle a faim, puisque vous l’avez restreinte. Elle était peut-être un peu trop forte Typhaine, vous vouliez la mettre au régime !

Il (N. Willot) lui a prêtée main forte parce qu’il tape plus fort lui !

Le pommeau de douche, dans la figure ! C’est le goulag ? C’est quoi ? Qui est-ce qui fait ça ? On est face à de véritables actes de torture ! Est-ce que vous imaginez l’effet dévastateur sur un enfant… Et déjà, de le priver de nourriture".

"Avec quoi vous l’avez attachée, avec une corde à sauter… Ça sert à ça une corde à sauter ?!"


9h00 : Toute la famille Taton a revêtu un tee-shirt à l'effigie de Typhaine


François Taton et ses proches rendent hommage à Typhaine le dernier jour du procès (25 janvier 2013) / © Thomas Millot
François Taton et ses proches rendent hommage à Typhaine le dernier jour du procès (25 janvier 2013) / © Thomas Millot

 

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