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Aide alimentaire européenne : les associations au régime sec

Pour certaines associations comme le Secours populaire ou la Banque alimentaire, l'aide européenne représente la moitié voire plus des denrées distribuées. Dans le Nord Pas-de-Calais, 400 000 personnes dépendent de l'aide alimentaire. / © france3
Pour certaines associations comme le Secours populaire ou la Banque alimentaire, l'aide européenne représente la moitié voire plus des denrées distribuées. Dans le Nord Pas-de-Calais, 400 000 personnes dépendent de l'aide alimentaire. / © france3

C'était leur crainte : la baisse drastique du montant de l'aide alimentaire a bien été actée lors du vote du budget européen les 7 et 8 février. Les associations caritatives vont devoir faire avec une coupe budgétaire de 40% du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD).

Par Myriam Schelcher

Il y a dix jours, le Secours populaire, les Restos du Coeur, la Banque alimentaire et la Croix rouge alertaient l'opinion sur la menace d'une baisse du PEAD, le programme européen d'aide aux plus démunis. Symboliquement, à la mairie de Lille comme dans d'autres villes en France, leurs membres s'étaient réunis autour d'une table garnie d'assiettes vides pour symboliser le risque de voir disparaître cette aide qui bénéficie à 18 millions de personnes en Europe. Dans la région, elles sont 400 000, un chiffre en constante augmentation.

Une aide européenne vitale pour les associations caritatives


Créé en 1987, au départ avec les surplus de la PAC, Le PEAD représente parfois jusqu'à la moitié des denrées redistribuées par les associations d'aide aux plus démunis, comme la Banque alimentaire ou le Secours populaire.
Leur craintes étaient fondées : le vote la semaine dernière du budget européen pour l'exercice 2014-2020 fait apparaître une coupe budgétaire de 40% du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD) par rapport à l'enveloppe 2007-2013.


Un fonds d'aide aux plus démunis amputé de 200 millions d'euros


Autre inquiétude : au 1er janvier 2014, le PEAD aura laissé la place à un Fonds d'aide aux plus démunis (FEAD), plus seulement cantonné aux seules aides alimentaires. Les associations redoutent en effet que ce fonds comprenne dorénavant aussi l'aide vestimentaire et l'aide au logement, ce qui réduirait encore la part de l'aide alimentaire dont elles bénéficiaient.
Pour la période 2014-2020, 300 millions d'euros par an seront attribués au FEAD, un montant très en-deçà des 500 millions d'euros annuels distribués aux Etats membres entre 2007-2013. Sans compter que l'aide est élargie de 20 à 28 pays.


Moitié moins de dons pour la Banque alimentaire ou le secours populaire 


C'est donc la douche froide pour les associations d'aide aux plus démunis dont la pérennité des stocks alimentaires dépend de ce fonds. Alain Myatovic, président de la Banque alimentaire du Nord ne cache pas son amertume : "Nous distribuons 3800t de denrées à 55 000 bénéficiaires. Pour nous la baisse va représenter de 50 à 60 % du volume de nos dons. Imaginez ce que ça va donner alors que le nombre de demandeurs ne cesse d'augmenter."
Au Secours populaire, l'inquiétude est partagée. L'association distribue une aide alimentaire mensuelle à 20 000 foyers dans la région, soit environ 80 000 personnes. Jean-Louis Callens, le responsable de la fédération nordiste de l'association a répondu à Hélène Bossy, et Jean-Pascal Crinon.
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Aide alimentaire européenne : les associations au régime sec
Samedi 9 février, Guillaume Garot, ministre délégué à l'Agroalimentaire, a annoncé sur RTL la compensation de la diminution du PEAD à "l'euro près" au niveau national. Engagement politique ou simple effet d'annonce ? Les associations attendent de voir, et ne cachent pas leur scepticisme : "Quand on connaît la situation budgétaire française, on peut émettre des doutes", s'inquiète Alain Myatovic de la Banque alimentaire. 

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