L'actrice Scarlett Johansson assigne en justice l'écrivain nordiste Grégoire Delacourt

Grégoire Delacourt, stupéfait de la réaction de Scarlett Johansson. / © Sgt. Bryson K. Jones. Montage France 3 Nord Pas de Calais
Grégoire Delacourt, stupéfait de la réaction de Scarlett Johansson. / © Sgt. Bryson K. Jones. Montage France 3 Nord Pas de Calais

Très mauvaise surprise pour Grégoire Delacourt, l'auteur de "la première chose qu'on regarde", poursuivi en justice par l'actrice américaine pour violation et exploitation frauduleuse des droits de la personnalité. 

Par Laurent Navez

Grégoire Delacourt n'en revient toujours pas. C'est en revenant d'une tournée en Allemagne pour la promotion de son roman best-seller "la liste de mes envies" qu'il apprend la nouvelle, "stupéfiante". Son éditeur, JC Lattès l'informe que les avocats américains de l'actrice Scarlett Johansson entament une procédure judiciaire contre la maison d'édition à propos du dernier roman de l'auteur "la première chose qu'on regarde".

"Pas sûr qu'elle ait lu le livre" 

"je ne m'y attendais pas du tout. Tout cela m'a paru énorme" avoue Grégoire Delacourt dans une interview au Figaro. "D'autant que je ne suis même pas sûr qu'elle ait lu le livre. Il n'est pas encore traduit en anglais". L'auteur précise encore qu'en écrivant son roman, il ne s'est pas posé la question en termes juridiques. "Une chose est certaine, il n'y a aucun dénigrement ma part à son égard. Au contraire, je lui rends plutôt hommage. Ce roman parle de la dictature des apparences et de la véritable beauté des femmes". 

Violation et allégations

Scarlett Johansson, visiblement, n'a pas la même perception du roman. L'héroïne de "la première chose qu'on regarde" est son parfait sosie, Grégoire Delacourt la décrit comme un mannequin paumé, en proie à un profond mal-être.
Ulcérée, l'actrice réagit immédiatement. Par la voie de ses avocats parisiens, elle assigne la maison Lattés devant le tribunal de grande instance de Paris pour "violation et exploitation frauduleuse des droits de la personnalité" et "allégations attentatoires à la vie privée".
La star américaine demande que son nom disparaisse des futures éditions étrangères et qu'il n'y ait pas d'adaptation au cinéma, le tout assorti d'un versement de dommages et intérêts réclamé à l'auteur.

"J'ai écrit une fiction"

Le coup est dur pour Grégoire Delacourt qui se défend: "Scarlett Johansson correspond à l'archétype d'une beauté d'aujourd'hui. Je la trouve humaine et elle dégage une fragilité qui me touche. C'est une formidable actrice, assez iconique. Il était plus facile pour moi de donner à mon personnage les traits de Scarlett Johansson qui est connue (....) mais j'ai écrit une fiction, mon personnage n'est pas elle, c'est Jeanine Foucamprez qu'on confond avec une actrice hollywoodienne. Je parle aussi de l'acteur Ryan Gosling auquel ressemble mon personnage masculin....".
La déception est d'autant plus grande pour l'écrivain qu'il venait de contacter l'agent de Scarlett Johansson pour envisager de lui confier le rôle et la réalisation du film

Question de liberté

Cette affaire a fait couler beaucoup d'encre et pose de nombreuses questions. Grégoire Delacourt s'interroge notamment sur la liberté du romancier: "si ça continue, on ne pourra plus rien dire! Si on ne peut plus citer les choses qui nous entourent, une marque de bière, un monument ou un acteur, ça va devenir compliqué pour nous qui faisons acte de fiction. C'est un peu flippant, non? " 

Petite touche de romantisme attristé enfin: "Je rêvais plutôt qu'elle m'envoie des fleurs car je lui fait une déclaration d'amour. Mais elle n'a rien compris. Elle se plaint de ce que je dénonce, c'est un peu paradoxal mais le procédé est très américain"   

Grégoire Delacourt aura sans doute l'occasion d'évoquer cette affaire le dimanche 16 juin à Saint-Jans-Cappel. Il sera l'invité d'honneur de la Villa Yourcenar de 10h à 18h, aux côtés de Yann Quéffelec et de Marie Desplechin. .

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