Procès Tapella : les temps forts en direct (2ème jour)

Publié le Mis à jour le
Écrit par Emmanuel Pall

Suivez en direct (verbatim, photos, vidéos) le procès de Jimmy Van Mullem (et 2 complices présumés), accusé d'avoir renversé volontairement, avec sa voiture, le gendarme Jeannick Tapella, sous l'emprise de la drogue, lors d'un contrôle routier à Thélus, près d'Arras, en juillet 2010.

Pour suivre ce direct, n'hésitez pas à rafraîchir régulièrement votre page en tapant la touche F5 de votre clavier. Vous pouvez également relire le compte-rendu complet de la 1ère journée d'audience ici. 

 

Compte-rendu de la 2ème journée d'audience en vidéo :

 

durée de la vidéo: 01 min 33
Deuxième jour du procès Tapella


17h55 Audience suspendue jusque demain 9h00

Fin de ce live, merci de l'avoir suivi. 

17h45​ Un autre médecin à la barre

Les travaux de ce médecin qui a travaillé sur des fragments de poumons confirment les thèses du médecin légiste entendu ci-dessous. 

17h35 Témoignage du médecin légiste


Autopsie, en novembre 2010, date du décès de l'adjudant Tapella. L'examen externe : très large cicatrice sur la partie gauche de son crâne à mettre en rapport avec une intervention chirurgicale.

Mme Tapella sort de la salle d'audience. 

"Il y avait une fracture au niveau du crâne avec lésion très profonde du côté gauche. Grosse infection pulmonaire qui est la cause du décès, provoquée elle-même par le traumatisme crânien qui empêchait la déglutition et donc l'infection pulmonaire". 

Selon le médecin légiste, la cause du décès est sans contestation le choc contre la voiture de Jimmy Van Mullem. 

Il a repris conscience mais sans qu'une communication possible n'ait été notifiée


17h15 Fin du témoignage de Julien Pauchet

Gendarme Julien Pauchet : "Après les faits j'ai été porter secours à mon formateur, Jeannick Tapella, aujourd'hui encore cela fait mal... (silence dans la salle d'audience)"

"- Pensez-vous que tous les éléments étaient là pour sécuriser votre opération ?", demande Me Kouamé Koffi au gendarme Pauchet
"- En fait, c'est de leur faute ?", coupe Me Alice Cohen-Saban, conseil des parties civiles
"- Non, répond Me Koffi, je n'ai pas dit ça !"

- "Pour ma part si je ne bougeais pas, il m'écrasait", dit Julien Pauchet
- "Oui, mais qu'en est-il de l'intention ?... Si vous n'êtes pas sûr de ce que vous dîtes sur le caractère volontaire, comment voulez-vous que les jurés se fassent une idée ?!"



16h15 Reprise d'audience avec le témoignage du gendarme Julien Pauchet

"Pour moi c'était volontaire. Il a mis un coup de volant à droite. Puis à gauche dans ma direction. Si je n'avais pas sauté sur le côté, j'étais percuté (...)"


- "Peut-être a-t-il voulu redresser son véhicule après le renversement de M. Tapella ?" demande la présidente
- C'est possible car de toute façon, il se serait accidenté"

Pour rappel, l'accusé comparaît également pour tentative d'homicide sur la personne de Julien Pauchet.

- "Vous êtes certain que M. Van Mullem regardait M. Tapella et a foncé dessus ?", demande l'avocat général
- Oui.
- Vous êtes formel ?
- Oui."


15h45 Un autre témoin

"J'ai vu des appels de phares en face, j'ai ralenti, mais un véhicule m'a doublé... Je me suis dit celui-là, il va avoir des problèmes... Puis, j'ai vu un gendarme voler comme un pantin".


"Le lendemain j'ai su qu'il y avait un appel à témoins, je me suis manifesté. Le jour même, les gendarmes m'avaient dit que je pouvais disposer parce qu'ils avaient à disposition d'autres témoins-conducteurs arrivés avant moi sur les lieux."-

- "Je n'ai pas vu de feux stop s'allumer"
- On ne passe pas de 144 km/ à 60 km/h sans freiner ?
 remarque l'avocat général
- Je n'ai pas constaté de ralentissement"


15h15 Un témoin-clé

Celui du contrevenant arrêté suite à un excès de vitesse à Thélus, le même jour, 19 juillet 2010, et sur les lieux du drame quand l'adjudant Tapella a été renversé.

"Ca se passe rapidement : j'entends "140 km/h". J'entends des coups de sifflets, un gendarme qui dit : "Stop !", j'entends des coups de freins, le choc très violent et là je vois le véhicule qui continue sa route"







 

Le témoin l'explique lui-même, il n'a pas tout vu, mais plutôt entendu les choses, car il était de trois quart dos à la scène. L'attention de la présidente se porte sur le laps de temps passé entre les coups de frein et l'accélération. 

 

"On n'avait pas l'impression qu'il avait l'intention de s'arrêter. C'est très choquant." 




 

 

Selon le témoin, il y a eu un coup de frein, une accélération, puis un nouveau coup de frein avant le rond-point.

L'avocat général rappelle une déposition antérieure du témoin : 

- "Vous aviez dit : il n'y a pas eu d'échappatoire pour le gendarme Tapella puisqu'on ne pouvait pas ne pas voir le contrôle de gendarmerie" .





 

 


14h45 Témoignage d'un second gendarme


En poste à Arras au moment des faits. Amené à intervenir le 19 juillet 2010, rond point de Thélus, sous pont de l'A26. Il a participé aux enquêtes scientifiques qui ont suivi les faits, en lien avec le laboratoire IRCGN de Rosny-sous-Bois. 



"L'enquête montre qu'une 405 retrouvée dans la casse de Combles (Somme) dont la plaque d'immatriculation avant a été retrouvée en trois morceaux dans un autre véhicule de la casse. Plusieurs enfoncements de carrosserie sont enregistrés sur le côté avant droit de la voiture (capot) et le pare-brise est étoilé à l'avant-droit également.

- Le pare-brise n'était pas sale",
répond-t-il à l'avocat général.

Des photos prises à la casse de Combles sont ensuite projetées pour la salle d'audience, qui les regarde sous les indications du gendarme scientifique.


14h10 : Témoignage d'un gendarme

Ce jour là, j'étais de permanence à la brigade d'Arras. Vers 17H30, le 19 juillet 2010, des contrôles de vitesse étaient organisés à Thélus. Il y avait un véhicule stationné sur la gauche, arrêté, celui d'un contrevenant. Pendant que l'adjudant Tapella enregistrait un contrôle à 144 km/h. On m'a dit qu'il avait fait les gestes réglementaires pour faire arrêter le conducteur, qui le percutera tout de même. 

Quelques jours plus tard, les interpellés sont repérés et arrêtés à Vélu. Jimmy Van Mullem reconnaît être l'auteur des faits, ne plus avoir le permis de conduire. Première version : "ébloui par le soleil et pare-brise sale. Pas de sang sur le pare-brise selon Jimmy Van Mullem", rapporte le gendarme.

On intervient une demi-heure après les faits.

"Le gendarme Julien Pauchet est entendu par moi environ une heure après les faits. Il est marqué mais il a eu le réflexe de relever la plaque d'immatriculation, donc il est en mesure d'être entendu"

 





 

- "Vous étiez directeur d'enquête, qu'est-ce qui vous a fait retenir la tentative d'homicide ?" demande l'avocat général.
- "Les circonstances des faits et les blessures graves (...) le témoignage de Julien Pauchet assurait qu'il avait l'impression que le conducteur fonçait vers lui."
- "Traces de freinage ?" relance l'avocate des parties civiles
- "Non"

12h35 : Suspension de séance jusque 14h00

- Quand avez-vous eu des regrets M. Van Mullem ?", interroge l'avocat général
- Quand il est mort en novembre 2010.
Grondement dans la salle.
- J'espérait qu'il s'en sortirait, précise l'accusé

La présidente - "Vous avez vu le montant de la voiture ensanglanté pourquoi n'avez-vous pas prévenu les policiers ?
Grégory D. - Je voulais prendre conseil auprès de ma soeur, j'étais perdu, j'avais consommé des drogues
La présidente - Perdu ? Vous allez dans une casse déposer la voiture. Ce n'est pas l'attitude de quelqu'un de perdu !"

12h15 : La présidente et Me Koffi conviennent d'entendre les témoins


"Positions divergentes, aux niveaux : des faits, de la disparition du véhicule, de sa consommation de drogues, réelles difficultés d'expression orale aujourd'hui...", déplore la présidente qui convient avec Me Koffi, le défenseur de J. Van Mullem, d'entendre les témoins et de permettre, le cas échéant à J. Van Mullem d'intervenir. 

La présidente raconte ce qui s'est produit, "sous le contrôle des accusés"... "Vous partez à Combles, dans la Somme à destination d'une casse... Oui, répondent Jimmy Van Mullem et Grégory D. par des hochements de tête dans le box des accusés... "C'est Grégory D. qui en a l'idée ? Oui", répondent de concert les accusés. 

Midi, des débats par intermittence

En raison du temps pris pour écrire par l'accusé, la parole est continuellement interrompue par des moments de silence. 

La présidente :
- "A 120 mètres de distance, vous rétrogradez, vous freinez, mais vous n'avez pas assez de distance pour vous arrêter ?!"
J. Van Mullem :
- Non, pas assez de distance."

L'accusé est interrogé sur un coup de volant à gauche qu'il aurait mis après avoir percuté sur sa droite M. Tapella.
J. Van Mullem :
- "Le réflexe de tout conducteur quand on a un choc sur la droite"

Le suspect est ensuite mis en défaut par l'accusation et la présidente d'avoir écrit noir sur blanc pendant l'instruction qu'il avait vu M. Tapella, thèse sur laquelle il revient aujourd'hui. 

Sur les raisons de sa fuite, les versions divergent à nouveau. Entre celles de l'instruction, et celles d'aujourd'hui dans la salle de la cour d'assises. Aujourd'hui, Jimmy Van Mullem dit avoir fuit par peur de "représailles policières". Clameur dans la salle d'audience. 

11h15 reprise de séance, étude des faits

Un écran blanc pour que la salle se représente le rond point où se sont déroulés les faits est déroulé du plafond. Les jurés regardent également un plan qui leur a été distribué. 

Le plan représente une double voie qui se rétrécit avec flèches de rabattement sur la voie de gauche. Un peu plus loin un pont et un panneau annonçant un rond point.

La présidente interroge J. Van Mullem qui répond par écrit. 

"Vous avez donné quatre ou cinq versions... Ca devient difficile..."






La présidente demande à l'accusé de répondre à ses contradictions...

Ce dernier s'explique : selon lui, deux silhouettes sont à gauche de la route (il s'agit des gendarmes Pauchet et Tapella). Puis, toujours selon J. Van Mullem, l'un des deux gendarmes a traversé la route. "Je pensais qu'il avait fini de traverser la route, j'ai donc concentré mon attention sur la gauche de la route, là où était restée une silhouette"

Daniel L. reste hospitalisé pour le moment. L'expert psychologue peut partir, il ne livrera pas le compte-rendu de son examen à propos de Daniel L. aujourd'hui semble-t-il. "Peut-être vous rappellerai-je dans l'après-midi mais je ne pense pas", déclare la présidente. 

10h45 suspension de séance


Me Kouamé Koffi, conseil de Jimmy Van Mullem, à propos de l'ampathie de l'accusé :

"N'avez-vous pas vu l'humanité de M. Van Mullem dans la lettre de remords qu'il a écrite à la famille de M. Tapella ?"






L'expert donne des éléments d'explication de la différence d'appréciation du psychiatre de la veille : 

"Ce qui m'a intéressé c'est son analyse, sa représentation au moment des faits. Ce qui est paradoxal c'est qu'il dit qu'il a freiné et pas pilé, et paraît être sûr de lui alors qu'il reconnaît avoir pris des amphétamines". 


10h00 Compte-rendu d'entretien avec Jimmy Van Mullem

Le psychologue clinicien rapporte les grandes lignes de l'entretien qu'il a eu avec l'accusé le 2 février 2011. "Il roulait bien quand il a été flashé, il affirme avoir freiné mais pas pilé, percutant à 60 km/h le gendarme Tapella".

Se présente comme fortement accro aux amphétamines explique le psychologue : "J'ai peu dormi les jours précédents, comme ça j'étais dynamique. C'était tous les jours, avant seulement quand j'allais en boîte de nuit".

Conclusion : "pas d'anomalie mentale, pleinement responsable de ses actes".


Bégaiement d'intensité moyenne : personne au discours apparemment cohérent, "son fonctionnement paraît égo-centré, ses liens affectifs semble ténus et de peu de poids qu'il s'agisse de sa famille ou des partenaires sexuels d'un soir". 

"Il écarte l'intentionnalité, il se décrit fautif, reconnaît sa responsabilité, mais cela s'arrête là. Il ne se remet pas en question sur ses choix de vie. Non limité intellectuellement, mais ne défendant de manière particulière, il compense un manque d'assurance et de confiance en soi par le recours aux amphétamines".

Conclusion : "pas d'anomalie mentale, pleinement responsable de ses actes. Mais des problématiques névrotiques qui réclameraient un travail psychothérapeutique"

9h40 Un psychologue clinicien à la barre sur le cas de Grégory D.


"Problématique identitaire, recherche de reconnaissance narcissique, peu loquace sur son enfance, mais aucune anomalie mentale, aucun trouble grave, et Grégory D. n'a pas une personnalité psychopathique".

Un juré : "Y a-t-il plusieurs degrés de psychopathies ?"
Le psychologue : "Oui, on peut parler de traits ou de personnalités psychopathiques. Sur le fond, le pronostic n'est pas le même. Une personnalité psychopathique n'est susceptible d'aucune évolution. Une thérapie est envisageable en revanche pour une personne qui a des traits psychopathiques"

"Peu d'ampathie pour les victimes ?" avez-vous dit demande l'avocat général, "Pouvez-vous préciser ?"
- "L'idée est de savoir quelle idée on se fait d'un dommage qu'on fait à l'autre. Ici, il a conscience d'avoir prêté la voiture qui a percuté le gendarme Tapella, mais cela s'arrête là"


9h30 Reprise d'audience avec retard et "incident" de séance

Retard d'une demi-heure en raison de l'absence de Daniel L. Ce dernier aurait fait un malaise cette nuit et serait actuellement hospitalisé à Arras, non loin de son domicile.

La présidente Schneider rapporte : "la mère de Daniel D. a retrouvé ce mardi matin son fils les lèvres bleues, presque inconscient et a appelé les pompiers".


S'il peut recomparaître, il reviendra cet après-midi. Sinon, l'affaire sera disjointe et il comparaîtra ailleurs à un autre moment.