Procès Dalongeville : le jugement sera rendu ce lundi

Gérard Dalongeville, au tribunal de Béthune, le 27 mai 2013. / © AFP
Gérard Dalongeville, au tribunal de Béthune, le 27 mai 2013. / © AFP

Le tribunal correctionnel de Béthune (Pas-de-Calais) doit rendre lundi son jugement dans le procès de l'ancien maire d'Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville, poursuivi pour détournements de fonds publics au préjudice de la commune socialiste.

Par AFP

Une peine de quatre ans de prison, dont deux ferme, avait été requise le 10 juin à son encontre, ainsi que 50.000 euros d'amende et une privation de ses droits civiques pendant cinq ans.

Maire d'Hénin-Beaumont de 2001 à 2009, un temps sous l'étiquette socialiste, Gérard Dalongeville, 42 ans, est soupçonné d'avoir mis en place avec son ancien premier adjoint chargé des finances et un homme d'affaires un système de fausses factures entre 2006 et avril 2009, au bénéfice de sociétés qui n'ont jamais honoré les prestations correspondantes.

Mis en examen en avril 2009, un an après sa réélection face à Marine Le Pen (FN), puis révoqué en conseil des ministres et exclu du PS, l'ancien maire est poursuivi pour 18 détournements de fonds publics, 11 délits de favoritisme, 6 usage de faux et une corruption passive. La ville d'Hénin-Beaumont avait réclamé plus de six millions d'euros de dommages et intérêts au total, au titre à la fois du préjudice matériel et du préjudice moral subis.

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Procès Dalongeville : le jugement sera rendu ce lundi
Lors de son réquisitoire, le représentant du ministère public, Jean-Pierre Roy, avait répété que M. Dalongeville "avait parfaite connaissance de la situation, tant financière que règlementaire", citant à la fois les alertes des services municipaux adressées à leur maire, et les rapports de la chambre régionale des comptes pointant des "anomalies" dans la "gestion dispendieuse, entachée d'irrégularités" de la commune.

"Preuve que M. Dalongeville avait raison"

Déclarant "garde(r) confiance" en la justice, l'avocat de Gérard Dalongeville, Me Francis Terquem, assure que les réquisitions prises sont "sans rapport avec la réalité".Il avait en ouverture du procès, le 27 mai, sollicité l'annulation de l'ordonnance de renvoi, estimant que des "aspects" du dossier avaient été "masqués" volontairement par le procureur, dont la mise en examen pour corruption passive d'un magistrat de Béthune, Pierre Pichoff, et les accusations de financement occulte de la fédération socialiste du Pas-de-Calais.

Celles-ci avaient été formulées par Gérard Dalongeville en décembre 2010, après huit mois de détention provisoire, dans des courriers à la juge de Béthune et avaient conduit à l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Lille. Mais, "rebondissement énorme" selon Me Terquem, le parquet de Lille a ouvert le 28 juin une information judiciaire contre X sur des faits de corruption présumée au sein de la fédération.

J'attends que le tribunal relaxe M. Dalongeville. Si le tribunal n'en tient pas compte, M. Dalongeville fera appel.


"Ceux qui réclamaient des preuves en ont désormais", avait alors déclaré Gérard Dalongeville, qui avait réclamé, sans succès, que le président François Hollande vienne témoigner à la barre, estimant qu'il ne pouvait pas "ne pas savoir" ayant été premier secrétaire du PS au moment des faits incriminés.

Pour Me Terquem, "il serait loyal, normal, que le tribunal annule l'ordonnance de renvoi compte tenu de la confirmation des dénonciations de M. Dalongeville", l'ouverture d'une information judiciaire étant "bien la preuve que M. Dalongeville avait raison". "J'attends que le tribunal relaxe M. Dalongeville. Si le tribunal n'en tient pas compte, M. Dalongeville fera appel", a-t-il dit à l'AFP. 

Balayant ces accusations de financement occulte, le procureur avait expliqué que l'ancien maire avait, pendant l'instruction, "tout loisir (...) de faire des demandes d'actes, d'apporter des preuves". Mais, "on est resté dans le flou artistique jusqu'à ce jour de février 2012", date de la publication par M. Dalongeville de "Rose Mafia", avec "une volonté de déplacer le champ de cette affaire sur un terrain politique".

M. Roy avait par ailleurs requis trois ans de prison, dont deux avec sursis, à l'encontre de l'ex-adjoint au maire Claude Chopin, et quatre ans de prison, dont deux avec sursis, contre l'homme d'affaires Guy Mollet.

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