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Martine Aubry réagit aux propos de Manuel Valls sur les Roms

Martine Aubry ce mardi au 74e congrès de l'Union sociale pour l'habitat (USH) à Lille. / © France 3 Nord Pas-de-Calais
Martine Aubry ce mardi au 74e congrès de l'Union sociale pour l'habitat (USH) à Lille. / © France 3 Nord Pas-de-Calais

La maire de Lille a réagi aux propos du ministre de l'Intérieur qui estime qu'il n'y a "pas d'autre solution que de reconduire les Roms à la frontière". Martine Aubry en appelle, elle, à "une solidarité nationale pour accueillir les 20 000 Roms qui sont sur notre territoire"

Par Yann Fossurier

Alors que pour Manuel Valls "les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie", la maire de Lille Martine Aubry en appelle de son côté à "une solidarité nationale pour accueillir les 20 000 Roms qui sont sur notre territoire" tant que "la situation n'est pas réglée en Roumanie et en Bulgarie".

"La responsabilité de l'état, ce n'est pas de vider des terrains pour les laisser dans la rue", a-t-elle déclaré ce mardi en marge du 74e congrès de l'Union sociale pour l'habitat (USH) qui se tient dans sa ville. "Ce qui n'est pas acceptable, c'est qu'entre la Seine-Saint-Denis, Lyon et Lille, nous en ayons 90%. C'est au gouvernement de trouver des solutions de repli. Il y a des terrains partout qui permettent des aménagements et qui permettent d'insérer ceux qui respectent nos règles. Quand ce n'est pas le cas, alors oui, je suis pour le retour au pays." 

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Martine Aubry répond à Manuel Valls

Gérard Caudron, le maire divers gauche de Villeneuve-d'Ascq, se félicite quant à lui des propos de Manuel Valls. "Je suis d'accord", a-t-il écrit dans un communiqué. "Je le répète depuis 3 ans, les citoyens de culture Rom sont des citoyens européens bulgares ou roumains, 2 pays membres de l'Union Européenne... et non des réfugiés d'un pays en guerre ou en dictature. S'ils ont à ce titre, des droits de circulation, ils ont aussi, à ce titre, l'obligation de respecter les lois et règlements des pays où ils arriventJ'approuve donc sans aucune réserve les propos et la politique de notre ministre en la matière. (...) Celles et ceux qui, par une pudeur déplacée, le critiquent, y compris au sein du PS ne connaissent pas les conséquences de cohabitations imposées à nos concitoyens dans nos quartiers populaires."

Manuel Valls "vient de briser un tabou" selon l'UMP du Nord


"Le Ministre de l’Intérieur vient de briser un tabou sur la politique menée jusqu’ici par la gauche au sujet des populations Roms", ironisent de leurs côtés les députés UMP Marc-Philippe Daubresse et Bernard Gérard, respectivement maires de Lambersart et de Marcq-en-Baroeul. "Et par là même, de désavouer les décisions calamiteuses prises à ce sujet par Martine Aubry dans la métropole lilloise ces dernières années. (...) C’est le triple échec humain, politique et moral de Martine Aubry que vient de mettre en lumière Manuel Valls : un échec humain, car les capacités d’insertion du territoire sont largement dépassées (6 villages pour une centaine de personnes hébergées). Echec politique, car les évacuations de camps désordonnées ces derniers temps, de Lille Sud vers Croix ou Wasquehal, donnent aux Maires un sentiment d’abandon. Echec moral, enfin, dû au déni de la réalité et au refus d’adaptation des choix politiques à une situation devenue depuis longtemps intenable."

"Si Manuel Valls évoque aujourd'hui le nécessaire retour des Roms dans leur pays, son parti le PS n'a eu de cesse comme l'UMP de voter et ratifier les traités européens qui ont mis en place la liberté totale de circulation sur le continent", a également réagi la présidente du Front National et conseillère régionale du Nord Pas-de-Calais, Marine Le Pen.

Les communistes, eux, ont vivement dénoncé les propos du ministre de l'Intérieur. "Ces déclarations xénophobes doivent cesser au plus vite", a déclaré Fabienne Haloui, responsable de la commission « Droits et libertés » au PCF. "Ces familles, dans le plus cruel dénuement, doivent être aidées avant d'être montré du doigt et désigné à la vindicte populaire. La gauche doit cesser de se placer sur le terrain de la droite ou la bêtise le dispute souvent à l'ignorance. Elle y perdra son âme. Cette politique de bouc émissaire, la gauche l'a combattue ensemble en son temps, quand Nicolas Sarkozy se livrait à une détestable course à échalote avec le Front national. Ce qui était vrai hier, doit l'être aujourd'hui. 

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