Le ministre de la Défense a annoncé mardi un plan d'action contre les violences sexuelles et le harcèlement envers les femmes militaires. Jean-Yves Le Drian avait lancé une enquête interne après la parution de La guerre invisible. Mi-mars, l'une des auteurs avait répondu à nos questions.
Dans La guerre invisible (éditions Les Arènes - Causette) paru fin février, Leila Minano et Julia Pascual recensent les témoignages d'une cinquantaine de femmes militaires victimes de harcèlement et de violences sexuelles au sein de leur corps d'armée.
Les cas décrits vont de la blague graveleuse quotidienne et récurrente au viol.
C'est lors d'un procès intenté par une gendarme de la Somme contre l'un de ses supérieurs que notre équipe avait rencontré Julia Pascual en mars dernier au palais de justice d'Amiens. Selon elle, bien qu'étant la plus féminisée d'Europe - 15% des effectifs sont des femmes - , l'armée française reste un monde d'hommes où les femmes sont considérées comme des « intruses » :
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Après la parution de cet ouvrage, Jean-Yves Le Drian avait lancé une enquête interne dont le rapport a été livré ce mardi.
Un plan d'action pour lutter contre les violences sexuelles et le harcèlement dont sont victimes les femmes militaires a été présenté. Cette série de mesures vise en 1er lieu à accompagner les victimes. Avec un double objectif : « Il faut aider les victimes dans leurs démarches, aider aussi le commandement dans son action ».
Une cellule spéciale baptisée Thémis va être mise en place « afin d'être à l'écoute, d'encourager, mais aussi d'initier les actions à entreprendre à la fois par les victimes et par le commandement », a indiqué le ministre.
La prévention sera également renforcée, avec en particulier la transposition dans le Code de la défense des articles relatifs aux harcèlement moral et sexuel du statut des fonctionnaires. Un droit à la « protection juridique » sera également ouvert pour les victimes de tels agissements.
Jean-Yves Le Drain entend par ailleurs poursuivre la féminisation de tous les corps de l'Armée Française. Mesure symbolique de cette féminisation, le ministre de la Défense a annoncé l'ouverture aux femmes des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) - dernier bastion masculin de la défense - à bord desquels 3 femmes officiers pourront embarquer pour la première fois en 2017.