Cet article date de plus de 6 ans

Aubry prend (encore plus) nettement ses distances avec le gouvernement

Lors d'une conférence de presse de rentrée, la maire de Lille a une nouvelle pris ses distances avec la politique économique et sociale du gouvernement de Manuel Valls. 
Martine Aubry, ce vendredi matin, à Lille.
Martine Aubry, ce vendredi matin, à Lille. © Simond Colaone
##fr3r_https_disabled##"La politique économique et sociale du gouvernement n'est pas celle qu'il faut faire". Difficile de faire plus clair. Martine Aubry, maire de Lille, a choisi d'afficher encore plus fortement et en détail ses nombreux désaccords avec François Hollande et Manuel Valls. Après deux heures de conférence de presse autour de sa vision de la ville et son bilan à la tête de la capitale des Flandres, l'ex première secrétaire du PS n'a pas hésité à prendre de nombreux exemples de choix gouvernementaux inadaptés selon elle.

 

Baisse des dotations des collectivités locales :"C'est catastrophique"

L'accélération de la baisse des dotations d'Etat aux collectivités locales va avoir selon Martine Aubry de multiples conséquences sur les services rendus à la population, sur les subventions aux associations et surtout sur le secteur du bâtiment, les collectivités locales étant les premiers investisseurs. "J'en ai parlé avec François Baroin, président de l'association des maires de France. Tous les maires sont d'accord su ce point. C'est catastrophique".

Le travail du dimanche

Voilà bien un exemple de désaccord profond entre Valls et Aubry. La maire de Lille a redit vivement et longuement son opposition au travail du dimanche : «Ça dépend de la société que l'on veut construire. Pour moi, la consommation ne doit pas être le seul objectif de la vie»

La politique économique et sociale du gouvernement

Comme elle l'a déjà indiqué à plusieurs reprises depuis un mois (et au-delà des exemples ci-dessus), pour Martine Aubry, le gouvernement n'a donc pas pris la bonne direction, ne fait pas les bons choix : "Le pays s'enfonce dans une vraie crise morale. La politique économie et sociale su gouvernement n'est pas celle qu'il faut faire. Et surtout, il ne faut pas de pensée unique." Une critique qu'elle veut toujours constructive : "Je n'ai pas de haine. Je ne déteste pas Manuel Valls. Je veux aider le gouvernement, pas le gêner. Je vais contribuer au débat via les Etats généraux du PS." Une position qui rejoint celle de ceux qu'on a appelés les frondeurs. Martine Aubry n'a d'ailleurs pas apprécié que certains aient été "sanctionnés" : "Répondre par des mesquineries à une demande de débat de fond, c'est n'importe quoi."

Patrick Kanner

Martine Aubry a également consacré un chapitre à Patrick Kanner, nouveau ministre des sports en expliquant pourquoi elle avait tenu à prendre ses distances avec cette nomination de son ancien adjoint et président du Conseil général du Nord. "Tous mes amis ont été appelés pour être débauchés et entrer au gouvernement. Ils ont tous dit non. Patrick Kanner m'a prévenue quand il a accepté. Je lui ai dit que c'était une manipulation. Je n'ai aucun problème avec lui. Mais ce n'est pas un Aubryste. En prenant mes distances, j'ai voulu couper court à cette manipulation." Et elle conclut avec une formule cinglante : "Je suis gentille mais je ne vais pas qu'on prenne pour une gogole."

La droite

Sur le retour de Sarkozy et la droite en général, Martine Aubry a évidemment été encore plus piquante parlant "de ringards". Sarkozy ? "Pour moi, il n'atait jamais parti. Il n'a pas retenu la leçon de ses échecs et nous ressort toujours les mêmes recettes ringardes. S'attaquer encore aux 35 heures ou aux fonctionnaires, c'est du comique de répétition. (..) "On a l'impression qu'ils n'ont pas vu passer la crise et qu'ils n'ont rien compris
(...)Où est-ce qu'on parle de l'économie verte, des nouvelles technologies? Je ne vois rien de tout cela dans le discours de Sarkozy
" Juppé ? "J'ai été d'autant plus déçue, et je le dis d'autant plus que je pense que c'est un homme d'Etat, par l'intervention d'Alain Juppé hier soir", a poursuivi Martine
Aubry, décrivant l'ancien Premier ministre comme un "républicain", "qui accepte le débat" et qui "n'est pas de mauvaise foi dès qu'on n'est pas d'accord".
"Mais j'ai été frappée de voir que sur le plan économique on est resté dans le modèle libéral de pensée économique et qu'il n'y avait pas de propositions neuves dans les autres domaines. Comme si la droite avait arrêté de penser", a encore déclaré Martine Aubry.

"Aujourd'hui on aurait le droit d'abord d'avoir un beau débat à l'intérieur de la gauche, je le demande, et deuxièmement un beau débat droite-gauche, quand on voit l'état de notre pays, quand on voit ce qui est à côté, et qui monte. C'est inquiétant y compris de voir que la droite n'a pas été capable de se régénérer", a conclu Martine Aubry.
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