Yvette Bert, 76 ans : six mois de prison avec sursis pour avoir organisé des lotos associatifs

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La retraitée jugée pour avoir organisé 169 lotos en un peu plus de quatre ans a été condamnée à six mois de prison avec sursis et plus de 100.000 euros d'amende par le tribunal d'Arras (Pas-de-Calais).

Par AFP

"Je veux mourir", a dit Yvette Bert, âgée de 76 ans et marchant péniblement, jeudi à la sortie de la salle d'audience. "Je ne payerai rien, ils m'ont démolie", a-t-elle assuré en sanglotant. La vieille dame, fragile psychologiquement, vit dans une maison de retraite à Saint-Omer.

Le tribunal correctionnel, qui a globalement suivi les réquisitions, l'a condamnée à six mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende, dont 5.000 avec sursis dans le volet pénal pour abus de confiance. En outre, elle a été condamnée à verser au fisc 400 euros de délits douaniers, 29.435 euros de pénalités de douane et 88.007 euros, correspondant au montant des droits fraudés, soit un total de 117.842 euros.

"C'est une sanction sévère au vu des revenus très faibles de Mme Bert, qui sont de 650 euros par mois. On peut se poser la question de savoir comment elle peut payer une telle amende", a déclaré son avocate, Me Claire Lamoril-Houtart.

Des bénéfices reversés à des associations caritatives


"L'infraction pour moi d'abus de confiance n'était pas constituée, donc il va falloir envisager de faire ou non appel. On va voir si madame Bert le souhaite
sachant qu'elle est particulièrement épuisée dans le cadre de cette affaire",
a-t-elle ajouté, entourée par une nuée de journalistes.

Yvette Bert comparaissait pour organisation de loteries prohibées entre janvier 2009 et mai 2013, publicité pour une loterie prohibée et abus de confiance. Elle était également poursuivie pour infraction fiscale pour ne pas avoir acquitté d'impôts sur les 460.743 euros de recettes des lotos.

Les bénéfices des lotos, organisés chaque dimanche par l'association "Ensemble pour l'espoir", présidée par Mme Bert, étaient reversés à des associations caritatives et à des personnes dans le besoin, selon la défense.

"Ensemble pour l'espoir" organisait un loto par semaine auquel assistaient 50 à 200 personnes dans une salle de Saint-Omer louée 2.000 euros par mois.

"Elle ne pourra pas payer"

Un peu à l'écart des caméras, son amie Marie-Thérèse Cordier, 77 ans, confiait elle aussi son amertume. "Elle n'a pas volé. Les autorités, et notamment la mairie de Saint-Omer, auraient dû la prévenir qu'elle ne devait pas faire tous ces lotos n'importe comment."

Yvette Bert, fragile psychologiquement, vit dans une maison de retraite de Saint-Omer et touche une maigre pension. "Elle ne pourra rien payer", assure son avocate, Me Claire Lamoril-Houtart. "Elle sera prélevée du minimum eu égard à ses revenus, qui sont de 650 euros par mois, qui sont symboliques mais qui lui sont malheureusement indispensables pour vivre."

"ll y a peu de chances que l'administration touche la moindre somme dans ce dossier", a assuré l'avocate, jugeant la peine "sévère" dans le volet d'abus de confiance. "Au niveau des délits douaniers, le tribunal a appliqué le barème fiscal, il n'y a pas une grande marge de manoeuvre", a-t-elle estimé. Au moment où Yvette Bert s'entretenait avec son conseil sur la possibilité de faire appel, elle a soudainement reconnu son fils (elle a eu dix enfants), montant les escaliers du tribunal, arrivé un quart d'heure après le jugement et qui a dit avoir appris la convocation de sa mère en regardant la télévision.

"C'est aberrant. Je lui donnais des coups de main, et on ne m'a même pas convoqué. J'ai eu des problèmes avec ma mère, je ne lui parlais plus, mais elle n'a rien volé", a assuré Reynald, qui n'a pas voulu donner son patronyme aux médias. "Elle ne s'occupait pas de nous car elle passait tous ses soirs aux lotos", a-t-il dit.

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