Ils incendient un local humanitaire à Templeuve : les 3 mineurs condamnés à une mesure de réparation

Trois mineurs ont été condamnés à une mesure de réparation pour avoir incendié un local humanitaire à Templeuve où étaient entreposés livres et vêtements à destination de la Guinée, avant de diffuser les images sur internet, a indiqué mardi le parquet de Lille.

"Les trois mineurs ont été mis en examen pour dégradation volontaire par incendie et l'un d'entre eux a également été mis en examen pour apologie d'un délit", a déclaré une porte-parole du parquet de Lille. "Ils ont été tous les trois condamnés à une mesure de réparation", a-t-elle précisé, ce qui correspond aux travaux d'intérêt général (TIG) pour les mineurs. Les trois auteurs du délit n'avaient pas d'antécédents judiciaires.

Samedi, des membres de l'association humanitaire Café crème se sont rendus à l'ancienne école primaire de Templeuve, leur servant de lieu de stockage, pour finaliser l'acheminement vers un village pauvre de Guinée de quelque 20.000 vêtements et 7.000 livres, dont 5.000 manuels scolaires. Ils ont alors découvert avec consternation que tout le matériel entreposé avait été brûlé. "Dans la nuit du 1er au 2 janvier, l'ensemble du matériel stocké a été détruit par les flammes", a expliqué à l'AFP la gendarmerie. Le sinistre n'a été découvert que le lendemain, car l'extérieur du bâtiment n'a pas pris feu.

Ils se sont filmés

Dans cette petite commune du Nord, qui s'apprête à changer de nom pour éviter l'homonymie avec une commune belge voisine, les auteurs présumés des faits ont été vite reconnus car ils ont diffusé des vidéos sur les réseaux sociaux où on les voit saccager l'ancienne école. "Sur les vidéos, ils se filment à visage découvert en train de mettre de la bombe aérosol dans les lavabos et de mettre le feu après, ou de s'amuser à casser les frigos et les portes avec une violence inouïe", a expliqué à l'AFP le maire Luc Monnet (div. droite).

"Notre objectif, c'est de fournir du matériel, tout ce qui est livres scolaires du CP à la 6e et des vêtements de 0 à 16 ans", a expliqué Julien Dubar, président
de l'association Café Crème qui évoque l'ouverture en Guinée Conakry d'accueils de loisirs et déplore que "tout (soit) parti en fumée". Il espère néanmoins obtenir rapidement un nouveau local et "redémarrer bien plus fort". "On est abasourdi car ce sont des mois de travail mené par l'association pour venir en aide aux Guinéens qui est parti en fumée, surtout quand l'on sait ce qui se passe aujourd'hui en Guinée (ce pays de l'Afrique occidentale est l'un des plus touchés par Ebola, ndlr). Tous les bénévoles sont choqués", a ajouté M. Monnet. Le préjudice a été estimé à 60.000 euros, a-t-on appris de même source.